Élections en Autriche: l’extrême droite pose ses conditions pour une coalition

Le chef du FPÖ, Heinz-Christian Strache, en direction d’un débat télévisé, à Vienne, dimanche
Photo: Georg Hochmuth / APA / Agence France-Presse Le chef du FPÖ, Heinz-Christian Strache, en direction d’un débat télévisé, à Vienne, dimanche

Le chef de l’extrême droite autrichienne (FPÖ), Heinz-Christian Strache, dont le parti pourrait entrer au gouvernement à l’issue des législatives du 15 octobre, a revendiqué dimanche le portefeuille de l’Intérieur, disant que c’était une « condition » posée à toute participation à une coalition, et a également évoqué celui des Affaires étrangères.

« Le ministère de l’Intérieur est une condition, celui des Affaires étrangères est une demande catégorique », a déclaré M. Strache au cours d’une entrevue sur la chaîne de télévision publique ORF.

Le parti conservateur ÖVP, ragaillardi dans les sondages par son nouveau leader, Sebastian Kurz, 31 ans, est donné vainqueur des élections avec une large et constante avance dans les sondages. M. Kurz est actuellement ministre des Affaires étrangères.

Partenaire de gouvernement des sociaux-démocrates (SPÖ) depuis 10 ans, au sein d’une coalition centriste, l’ÖVP pourrait faire alliance avec la droite radicale du FPÖ pour former une majorité gouvernementale après les législatives.

Mais le FPÖ n’a pas exclu non plus de former une coalition avec les sociaux-démocrates. Ces deux formations sont données au coude-à-coude pour la deuxième place.

L’extrême droite prévient depuis plusieurs semaines qu’elle monnaiera cher sa participation à un gouvernement bipartite, une façon, selon elle, de ne pas reproduire les erreurs de sa précédente entrée dans un gouvernement autrichien, en 2000, sous l’égide du chancelier conservateur Wolfgang Schlüssel.

M. Strache a en outre répété dimanche que l’organisation de référendums « sur le modèle suisse », notamment sur les accords commerciaux TTIP (négocié par l’UE avec les États-Unis) et AECG (UE-Canada), faisait aussi partie des exigences de son parti.

Il a rappelé que le FPÖ, qui ne plaide pas dans cette campagne pour une sortie de l’Autriche de la zone euro, était favorable au renforcement de la souveraineté des États au sein de l’UE et à un recul de la règle de subsidiarité.

Coup dur à gauche

Le numéro 2 des sociaux-démocrates autrichiens a été contraint de démissionner samedi, à quinze jours de législatives, après des révélations sur une opération de dénigrement d’un adversaire qui embarrassent le SPÖ en difficulté dans les sondages.

M. Niedermühlbichler a annoncé son départ après les révélations samedi du quotidien autrichien Die Presse et de l’hebdomadaire Profil sur les ressorts d’une opération de dénigrement visant Sebastian Kurz par le biais de deux sites Internet montés de toutes pièces.

Selon ces médias, l’opération a été montée par un ancien consultant du parti social-démocrate, dont le SPÖ s’est séparé cet été. Et un membre de l’équipe de campagne dirigée par Georg Niedermühlbichler a été impliqué dans son élaboration.

La direction du SPÖ a toujours affirmé être étrangère à cette manipulation. Le numéro 2 de la formation a répété samedi que le parti n’a « ni commandé, ni financé ou administré ces sites » dont il a qualifié le contenu « d’horrible » en raison de commentaires xénophobes ou antisémites mis en ligne.

M. Niedermühlbichler a dit néanmoins démissionner pour assumer « toutes ses responsabilités » dans ce scandale.