Présidentielle française: Hollande appelle à voter Macron au second tour

Le président français, François Hollande
Photo: Emmanuel Dunand Agence France-Presse Le président français, François Hollande
Le président François Hollande a adoubé samedi à Bruxelles son ex-ministre-ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, en appelant les Français à « prendre un bulletin Macron » au second tour de la présidentielle le 7 mai pour barrer la route à la candidate du Front national, Marine Le Pen.

« Ça ne devrait pas être un sujet de discussion pour les forces républicaines : On prend le bulletin Macron et on considère que c’est le bulletin qui empêche l’extrême droite » d’arriver au pouvoir,  a lancé M. Hollande, tirant la sonnette d’alarme à huit jours du duel final entre le leader centriste et Mme Le Pen.

Le message présidentiel n’a jamais été aussi clair. Jusqu’à peu, François Hollande émettait régulièrement des réserves sur son ancien protégé, qui s’était brutalement émancipé de sa tutelle pour briguer l’Élysée.

Lors d’une conférence de presse à l’issue du dernier sommet européen de son quinquennat, il a longuement mis en garde contre « le risque majeur » de voir la candidate d’extrême droite accéder à la présidence de la République.

Lutte serrée 
Selon les sondages, l’écart se resserre entre Marine Le Pen, qui serait désormais en mesure de rallier 41 % des suffrages, contre 59 % au candidat centriste. L’alliance scellée samedi entre la présidente du FN et le chef du parti souverainiste Debout La France (DLF), Nicolas Dupont-Aignan, pourrait lui apporter un renfort substantiel.

Au 1er tour, M. Dupont-Aignan — qu’elle compte nommer premier ministre en cas de victoire — avait obtenu 4,7 % des voix.

Alors que les deux alliés ont conclu samedi un accord semblant ajourner leur volonté de sortir de la zone euro, M. Hollande a dénoncé un subterfuge destiné à tromper les Français. « Leur volonté » c’est bien « la sortie de la France de la zone euro et de l’UE », a réagi le chef de l’État, mais « en même temps qu’ils continuent de préparer ce projet dangereux, ils le camouflent, ils le cachent, ils le gomment » parce qu’« il fait peur ».

Le président sortant a exhorté les électeurs à ne pas se laisser abuser, car, a-t-il expliqué, « si la candidate de l’extrême droite devait être élue le 7 mai, tout ce qu’elle propose » mettrait automatiquement « la France en dehors de la zone euro et de l’UE ».

Ça ne devrait pas être un sujet de discussion pour les forces républicaines : On prend le bulletin Macron et on considère que c’est le bulletin qui empêche l’extrême droite.


 Macron « bon partenaire pour l’Allemagne »
Il a parallèlement apporté un soutien très appuyé au leader d’En Marche! sur la scène européenne, se disant convaincu que son ex-ministre de l’Économie, proeuropéen convaincu, serait « un bon partenaire pour l’Allemagne, parce qu’il défendra les intérêts » à la fois de la France et de l’Europe « au service de nos intérêts communs ».

François Hollande a rappelé qu’Emmanuel Macron avait été à bonne école en participant avec lui à « la plupart des Conseils européens comme conseiller », avant de continuer à y être « associé comme ministre ».

Salué par le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, le chef de l’État français, qui quittera l’Élysée mi-mai, a demandé une dernière fois à l’Europe d’évoluer face à la montée des extrêmes et des populismes.

« L’Europe doit donner confiance, elle doit être une solution et non pas une suite de problèmes », a plaidé le président, si impopulaire qu’il a dû renoncer à briguer un nouveau mandat, une première sous la Ve République.

Aucun commentaire
Ses partenaires européens se sont pour leur part bien gardés, samedi, de tout commentaire sur l’élection française, en dépit des risques d’une grave fracture de l’UE en cas d’arrivée au pouvoir de Marine Le Pen.

« Ce n’est pas aux institutions européennes de faire le choix d’un candidat », « c’est aux citoyens français de décider quel sera le prochain président », a ainsi affirmé le président du Parlement européen, Antonio Tajani, en refusant de s’engager sur la question de savoir si le vote du 7 mai était « un référendum pour ou contre l’Europe ».

Toutefois, dès la fin du premier tour de la présidentielle française le 23 avril, plusieurs responsables européens, dont M. Juncker — rompant avec la tradition de neutralité en cas de scrutins nationaux — avaient félicité Emmanuel Macron, qui reste favori du deuxième tour le 7 mai.
 
6 commentaires
  • Daniel Vézina - Inscrit 29 avril 2017 14 h 45

    On peut virer ça François...

    "On prend le bulletin le Pen et on considère que c’est le bulletin qui donne enfin une chance à la France de sortir de 30 ans de descente aux enfers..."

  • Daniel Gagnon - Abonné 29 avril 2017 16 h 14

    Il est de la plus haute importance de faire barrage au Front national négationniste et xénophobe

    Il est important que, tous partis confondus, les électeurs et électrices fassent barrage et votent contre Marine Le Pen qui n'a pour politique que la volonté de répression et d'exclusion.

    Il est évident que Marine Le Pen reste représente un danger pour la France.

    Un jour antisémite, le lendemain islamophobe, ou les deux à la fois, Marine Le Pen se fait la championne d’un racisme sournois et de l'anti-immigration, championne inflexible de l’expulsion des étrangers, de la restauration des frontières ou la déchéance de la nationalité française.

    Entourée de lieutenants négationnistes, fille du père Le Pen qui a nié l'existence des camps de concentration, Marine Le Pen utilise la peur et manipule tous les clivages pour cacher la vraie teneur anti-démocratique, xénophobe et infecte de son programme.

    Son élection aurait pour conséquence, comme avec celle malheureuse de Donald Trump aux États-Unis, la suppression de toutes les libertés chèrement acquises depuis des décennies, le renforcement continu des prérogatives de la police et des services de renseignements, la militarisation du maintien de l’ordre dans la vie civile et la possibilité d’affrontements effroyables et l’instauration d’un état de guerre permanent.

    Le programme arbitraire et discriminatoire du Front national est un programme de tous les dangers, un programme permettant toutes les dérives, et qui rappelle les vieilles et effroyables horreurs humaines de l’Europe de la dernière Grande Guerre.

    • Daniel Vézina - Inscrit 29 avril 2017 17 h 19

      Ayoye... Vous avez oublié la 3e guerre mondiale aussi...

    • Serge Morin - Inscrit 29 avril 2017 18 h 25

      Qui voulez vous convaincre? On dirait Ronald Reagan et son axe du mal.
      N'empêche que la moitié des Français va voter en se pinçant le nez.
      Et ça, c'est aussi inquiétant.

    • Roxane Bertrand - Abonnée 30 avril 2017 21 h 39

      Oui, c'est très clair...vous dites que c'est une sorcière.

      Cependant, Hollande était tellement détesté à la fin de son mandat. Il aurait été préférable qu'il demande aux gens de voter Le Pen s'il voulait vraiment aider son ancien ministre.

  • Gilles Théberge - Abonné 29 avril 2017 17 h 09

    François Hollande n'avait qu'à ne pas être aussi nul hein?

    Il ne sait faire que ça, barrage...

    Tiens, c'est une idée ça, voter Marine pour faire changement.

    Si je pouvais voter, c'est ce que je ferais!