Un «anneau de mémoire» pour honorer 580 000 morts

Le promontoire de Notre-Dame-de-Lorette accueille un nouveau monument commémoratif.
Photo: Philippe Prost Le promontoire de Notre-Dame-de-Lorette accueille un nouveau monument commémoratif.

« Dire seulement leur nom, c’est les défendre, c’est les sauver », écrivait le romancier Roland Dorgelès dans Les croix de bois. Ce matin, ce sera chose faite pour 580 000 d’entre eux. Les noms de 580 000 poilus de toutes les nationalités seront gravés sur le mémorial international de Notre-Dame-de-Lorette. C’est sur l’un des lieux les plus meurtriers de la Grande Guerre que le président François Hollande inaugurera ce mardi 11 novembre ce nouveau mémorial international qui veut rendre hommage aux soldats de plus de 60 nationalités.

Dans cette paisible campagne du Nord-Pas-de-Calais, près d’Arras, entre 1914 et 1918, périrent en effet plus de 40 000 soldats français et encore plus de Britanniques, dont des Canadiens. Loin des lieux héroïques les plus connus comme ceux des grandes batailles de la Marne ou de Verdun, c’est ici que se trouve le plus grand cimetière militaire de France.

Point stratégique

Sur ces terres de Flandres et d’Artois tombèrent dans des conditions atroces les dizaines de milliers de combattants qui tentèrent en vain de percer les lignes allemandes sur le front Ouest en 1915. Le promontoire de Notre-Dame-de-Lorette fut investi par les troupes allemandes dès le 5 octobre 1914. À partir de février 1916, les troupes françaises furent relayées par les Britanniques. Pendant toute la guerre, ce plateau artésien a constitué un enjeu stratégique de première importance.

Le nouveau mémorial honorera donc non seulement les soldats français, mais tous ceux qui sont morts dans le Nord-Pas-de-Calais, amis ou ennemis, sans distinction de nationalité ou de religion. Les 580 000 noms de soldats français, allemands, britanniques, néo-Zélandais, australiens, sud-africains, nord-africains, indiens ou canadiens sont gravés par ordre alphabétique sur autant de feuilles dorées reflétant la lumière. Ces feuilles tapissent un immense anneau dit « de mémoire ». La nuit, le monument illuminé de l’intérieur se transforme en grande veilleuse.

Par cet anneau en béton qui fait 3 mètres de haut et 350 de périmètre, l’architecte Philippe Prost a voulu symboliser la mémoire. Suivant les dénivellations du sol, l’ellipse se retrouve en porte à faux au-dessus du vide à certains endroits. Il s’agissait d’illustrer la fragilité de la paix, dit l’architecte.

Pour cette inauguration, dernière grande commémoration de 2014, la France avait prévu inviter la chancelière allemande Angela Merkel et le premier ministre britannique David Cameron. Mais la première était occupée par le 25e anniversaire de la chute du mur de Berlin et le second par des commémorations locales.

2 commentaires
  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit 11 novembre 2014 09 h 19

    La grande boucherie

    La guerre de 14-18 fut un conflit ancien mené avec des moyens modernes, d'où une immense et horrible boucherie.

    Cette guerre ne connut qu'un seul vainqueur: la propagande, par laquelle chaque camp se convainquit d'avoir raison.

    Desrosiers
    Val David

    • Robert Breton - Inscrit 11 novembre 2014 14 h 01

      Tout à fait d'accord. Par contre, le jour du souvenir n'est pas un jour où l'on se rappelle ces «grandes guerres», mais bien où l'on se rappelle nos jeunes hommes qui y sont morts, pour rien en général sauf pour la deuxième, contre le nazisme et le fascisme. Toutes les autres guerres reflétaient le colonialisme européen.