Derek Chauvin fait appel de sa condamnation pour le meurtre de George Floyd

« La couverture médiatique écrasante a exposé les jurés — littéralement tous les jours — à des nouvelles diabolisant M. Chauvin [sur la photo] et glorifiant M. Floyd, ce qui était plus que suffisant pour présumer l’existence de préjugés », indique la requête en appel.
Court TV Pool / Archives via Associated Press « La couverture médiatique écrasante a exposé les jurés — littéralement tous les jours — à des nouvelles diabolisant M. Chauvin [sur la photo] et glorifiant M. Floyd, ce qui était plus que suffisant pour présumer l’existence de préjugés », indique la requête en appel.

Derek Chauvin, l’ex-policier de Minneapolis reconnu coupable du meurtre de George Floyd, fait appel de sa condamnation, affirmant entre autres que le jury avait été intimidé par des manifestations parfois violentes et influencé par la forte médiatisation avant le procès.

Chauvin demande à la Cour d’appel du Minnesota d’annuler le verdict, d’exiger la tenue d’un nouveau procès dans une autre ville, ou d’ordonner la détermination d’une nouvelle peine.

En juin dernier, le juge Peter Cahill, du comté de Hennepin, a condamné Chauvin à 22 ans et demi de prison, après qu’un jury l’a reconnu coupable de meurtre au deuxième degré, de meurtre au troisième degré et d’homicide involontaire au deuxième degré.

George Floyd, un Afro-Américain, est mort le 25 mai 2020 alors que l’agent Chauvin l’a maintenu au sol, un genou sur son cou, pendant 9 minutes et 29 secondes.

M. Floyd était soupçonné d’avoir voulu payer avec un faux billet de 20 $ dans un dépanneur. Trois autres policiers ont également été accusés dans cette affaire.

Les jurés intimidés ?

L’avocat de Derek Chauvin, William Mohrman, a présenté un certain nombre d’arguments, notamment celui, qu’il tient depuis longtemps, selon lequel le procès n’aurait pas dû avoir lieu dans le comté de Hennepin, où M. Floyd a été tué.

« La couverture médiatique écrasante a exposé les jurés — littéralement tous les jours — à des nouvelles diabolisant M. Chauvin et glorifiant M. Floyd, ce qui était plus que suffisant pour présumer l’existence de préjugés », indique la requête en appel.

Dans les mois qui ont suivi le meurtre de M. Floyd, des manifestants sont descendus dans les rues de Minneapolis et dans tout le pays pour protester contre la brutalité policière et le racisme. Certaines de ces manifestations ont été violentes.

Me Mohrman a soutenu que lors de la sélection des jurés, plusieurs candidats ont exprimé des inquiétudes pour leur sécurité si jamais Chauvin devait être acquitté. Selon l’avocat, plusieurs candidats auraient indiqué qu’ils étaient intimidés par les mesures de sécurité mises en place au palais de justice pour protéger des manifestants les intervenants au procès.

Il soutient aussi que les jurés auraient dû être isolés après la sélection pour éviter d’être influencés par les informations faisant état du meurtre d’un policier tout près du lieu où se tenait le procès Chauvin.

L’avocat a également cité le règlement à l’amiable de 27 millions de dollars intervenu entre la Ville et la famille de M. Floyd, qui a été annoncé lors de la sélection des jurés, ce qui a pu selon lui les influencer. Me Mohrman a aussi cité plusieurs cas d’inconduite présumée de la poursuite et d’erreurs de droit du juge au procès.

Le procureur général du Minnesota, Keith Ellison, a 45 jours pour répondre à la requête des avocats de Chauvin.

L’appel est intervenu alors que le ministère des Droits de la personne du Minnesota a publié les résultats d’une enquête, de près de deux ans, amorcée après le meurtre de George Floyd.

Le rapport conclut que le Service de police de Minneapolis était miné depuis au moins 10 ans dans une culture de discrimination raciale, notamment en interpellant et en arrêtant les Noirs à un taux plus élevé que les Blancs, en utilisant plus souvent la force sur les personnes racisées et en tolérant le langage raciste.

À voir en vidéo