L’enquête sur l’assaut du Capitole se rapproche de Trump

Au nom de «l’intérêt du public» à comprendre «les événements qui ont mené au 6 janvier», une juge fédérale a autorisé mardi soir le transfert au Congrès de 770 pages de documents liés à ses faits et gestes le jour de l’attaque.  
Photo: John Minchillo Associated Press Au nom de «l’intérêt du public» à comprendre «les événements qui ont mené au 6 janvier», une juge fédérale a autorisé mardi soir le transfert au Congrès de 770 pages de documents liés à ses faits et gestes le jour de l’attaque.  

Son statut d’ancien président américain n’y change rien : Donald Trump ne parvient pas à écarter la menace d’une commission parlementaire chargée d’enquêter sur son rôle dans l’assaut mené par ses partisans contre le Capitole.

Au nom de « l’intérêt du public » à comprendre « les événements qui ont mené au 6 janvier », une juge fédérale a autorisé mardi soir le transfert au Congrès de 770 pages de documents liés à ses faits et gestes le jour de l’attaque.

Donald Trump, qui nie toute responsabilité dans le coup de force, avait pourtant invoqué le droit de l’exécutif à garder certaines informations secrètes pour bloquer la divulgation des comptes rendus de ses réunions ou la liste de ses appels téléphoniques.

« Les présidents ne sont pas des rois et le plaignant n’est pas président »,a rétorqué sèchement la magistrate Tanya Chutkan dans sa décision.

Les avocats du milliardaire républicain ont l’intention de faire appel avant la date butoir de vendredi, fixée pour la transmission des documents au Congrès. « Le président Trump reste déterminé à défendre la Constitution et la fonction présidentielle », a écrit sur Twitter un de ses porte-parole, Taylor Budowich.

Mais le jugement représente une victoire importante dans la course contre la montre engagée par la commission spéciale de la Chambre des représentants.

Son président, l’élu démocrate Bennie Thompson, a d’ailleurs salué une décision qui écarte « une plainte destinée uniquement à retarder et à gêner [l’]enquête ».

« Orbite de Trump »

Composée en grande majorité d’élus démocrates, la commission cherche à publier ses conclusions avant les élections de mi-mandat, dans un an. Les républicains sont en effet bien placés pour reprendre le contrôle de la Chambre basse lors de ce scrutin, ce qui leur permettrait d’enterrer ses travaux.

Avec cette échéance en tête, la commission avance à marche forcée. Lundi et mardi, elle a lancé de nouvelles salves d’assignations à comparaître contre des proches de l’ancien président, dont son ex-porte-parole à la Maison-Blanche Kayleigh McEnany et son conseiller Stephen Miller.

Jusqu’ici, les anciens conseillers de Donald Trump n’ont pas répondu aux convocations. Steve Bannon, considéré comme l’un des architectes de sa victoire en 2016, a même « refusé de coopérer », si bien que la commission a lancé des poursuites contre lui pour « entrave au travail du Congrès ».

Il revient désormais au secrétaire de la Justice, Merrick Garland, de décider s’il doit être inculpé formellement. Une telle mesure ne manquera pas d’être critiquée à droite, mais pourrait convaincre les témoins réticents de se présenter au Congrès.

Sans attendre, la commission a déjà interrogé plus de 150 personnes, selon Liz Cheney, une des rares élus républicains très critiques envers Donald Trump qui ont accepté de siéger en son sein.

Les investigations « ont déjà fait émerger une image plus large et plus nette de ceux qui, dans le gouvernement et l’orbite de Trump, ont participé à la planification des émeutes du 6 janvier », estime David Greenberg, professeur d’histoire à l’Université Rutgers, dans le New Jersey.

Pour lui, l’impact politique de l’enquête est, à ce stade, impossible à deviner, mais les enjeux sont ailleurs. « C’est impossible de dire ce qui va arriver à Donald Trump, dit-il à l’AFP. Apprendre ce qui s’est véritablement passé est l’essentiel. »

Quatre ans de prison requis contre «chaman QAnon»

La justice américaine a réclamé 51 mois de prison contre un militant pro-Trump complotiste, devenu l’un des assaillants emblématiques du Capitole avec sa coiffe aux cornes de bison le 6 janvier dernier, selon des documents judiciaires.

Jacob Chansley, « chaman » autoproclamé et adhérent aux théories du complot de QAnon, avait été arrêté quelques jours après les faits. Encourant jusqu’à 20 ans de prison, il avait plaidé coupable d’intrusion illégale et de conduite violente début septembre devant un tribunal fédéral de Washington. Son avocat, invoquant « ses remords sincères », ses problèmes psychologiques et les 317 jours passés en détention, a demandé la « compassion du tribunal » pour imposer une peine « beaucoup plus légère ».

 

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