L’Ouest américain, à feu et à sec, s’attend au pire ce week-end

Très proche de la Californie, l’incendie dans le sud de l’Oregon menace aussi le réseau électrique de cet État et les autorités veulent à tout prix éviter que des millions de personnes soient plongées dans le noir, comme ce fut le cas les années précédentes.
John Hendricks/Oregon Office of State Fire Marshal via AP Très proche de la Californie, l’incendie dans le sud de l’Oregon menace aussi le réseau électrique de cet État et les autorités veulent à tout prix éviter que des millions de personnes soient plongées dans le noir, comme ce fut le cas les années précédentes.

De la foudre, du vent, un mercure élevé et une alarmante sécheresse : l’Ouest américain se préparait au pire vendredi face à un cocktail de prévisions météorologiques propices à de nouveaux violents incendies ce week-end.

C’est dans l’État de l’Oregon — où se situe la ville de Portland — que l’on s’inquiète le plus. L’incendie Bootleg, un brasier déjà plus grand que la ville de New York, ne cesse de grossir, sans signe de répit à venir. De nombreuses habitations ont déjà été détruites.

« J’ai vu les flammes se propager sur le flanc de la falaise à environ un kilomètre de chez nous et j’ai reçu l’appel me disant de plier bagage et de partir. Alors j’ai mis ce que je pouvais dans le camion avec les deux chiens et nous sommes partis », a confié à l’AFP Frank Lee Smith, habitant du comté de Klamath.

85 %
C’est le pourcentage du territoire californien actuellement en état de «sécheresse extrême», selon un observatoire gouvernemental.

La situation risque d’empirer au cours du week-end, malgré la mobilisation de près de 2000 pompiers. « Nous continuons d’utiliser toutes les ressources, des bulldozers aux bombardiers d’eau, pour intervenir là où c’est possible », a assuré Rob Allen, responsable de la gestion des feux de la zone. Mais il prédit que les « conditions chaudes, sèches et venteuses vont s’aggraver pendant le week-end », rendant leur tâche encore plus ardue.

Très proche de la Californie, l’incendie menace aussi le réseau électrique de cet État et les autorités veulent à tout prix éviter que des millions de personnes soient plongées dans le noir, comme ce fut le cas les années précédentes. Le gouverneur californien, Gavin Newsom, a donc annoncé l’envoi de renforts dans l’Oregon, tout en s’alarmant des multiples incendies auxquels les pompiers de Californie doivent déjà faire face.

Des orages secs en prime

« Le changement climatique favorise le développement d’incendies de plus en plus dangereux et destructeurs à travers l’Ouest américain », déplorent les services californiens de gestion des urgences. Pas moins de 85 % de l’État est en outre en état de « sécheresse extrême », selon un observatoire gouvernemental.

D’autant qu’au cercle vicieux dans lequel l’Ouest américain est plongé cet été — des canicules à répétition et une sécheresse qui transforment la zone en poudrière — devrait s’ajouter un nouvel élément perturbateur ce week-end : la foudre. « Je suis assez inquiet des orages secs qui pourraient tomber dimanche et lundi », a fait savoir Daniel Swain, spécialiste du climat à l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA). Ces orages, non accompagnés de pluie, sont souvent à l’origine de nouveaux départs de feux.

Fumée toxique

La situation n’est pas beaucoup plus clémente dans le Canada voisin. Au menu, chaleur, incendies… et fumée toxique. Des alertes sur la qualité de l’air ont été diffusées dans quatre provinces du pays.

« Tout change si rapidement en fonction du vent. Hier vers 8 h, il faisait clair et ensoleillé et à 10 h, c’était tellement enfumé qu’on pouvait à peine voir », confie à l’AFP Graham Leggett, employé de la Galerie d’Art de l’Alberta, dans l’ouest du Canada. « La fumée des feux de forêt est à l’origine d’une mauvaise qualité de l’air dans plusieurs communautés », confirme l’agence Environnement Canada dans un tweet vendredi.

Rory MacLean, employé d’une bibliothèque municipale en Saskatchewan, en ressentait l’effet jusque dans sa gorge. « J’ai grandi ici, et je ne me souviens pas qu’il y ait eu autant de jours avec de la fumée », déplore-t-il auprès de l’AFP.

Les autorités s’attendent aussi à des températures élevées ces prochains jours, de l’Alberta à l’Ontario — quoique pas aussi extrêmes que les 49,6 °C enregistrés près de Vancouver il y a trois semaines.

Plus de 100 pompiers mexicains doivent arriver samedi à Toronto pour combattre les incendies du nord-ouest de l’Ontario. La province la plus peuplée du Canada comptait plusieurs dizaines de feux de forêt, dont certains s’étendaient sur quelque 20 000 hectares.

 

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