Les décès liés à la COVID-19 auraient été sous-évalués aux États-Unis

Un tiers de la population totale américaine est à présent entièrement vaccinée.
Photo: Ed Jones Agence France-Presse Un tiers de la population totale américaine est à présent entièrement vaccinée.

La COVID-19, qui a officiellement fait 581 000 morts depuis début 2020 aux États-Unis, a sans « aucun doute » tué beaucoup plus de monde dans ce pays, le plus endeuillé au monde par la pandémie, a estimé dimanche le conseiller médical de la Maison-Blanche, le Dr Anthony Fauci. Interrogé sur une nouvelle étude publiée cette semaine par l’Université de Washington, qui évalue à plus de 900 000 morts le bilan américain du coronavirus, le Dr Fauci n’est pas allé jusqu’à valider ces données.

Les autorités sanitaires « ont dit depuis le début qu’une sous-évaluation » de la mortalité « était très probable », a-t-il dit sur la chaîne NBC. « Ce modèle évoque un bilan significatif » de 900 000 morts, « cela place la sous-évaluation à un niveau un peu plus élevé que je l’aurais pensé, mais parfois les modèles sont corrects, parfois un peu moins », a-t-il ajouté. « Mais je pense que cela ne fait aucun doute que nous avons sous-évalué et nous sommes toujours en train de sous-évaluer » la mortalité, a-t-il reconnu.

Depuis janvier, les cas et les décès ont chuté parallèlement à une campagne de vaccination menée au pas de charge. « Nous sommes à un tournant », a d’ailleurs estimé le coordinateur de la lutte contre la COVID-19 à la Maison-Blanche, Jeffrey Zients, sur la chaîne CNN. Il a évoqué les chiffres de la vaccination, avec 58 % des adultes ayant reçu au moins une dose aux États-Unis un tiers de la population totale entièrement vaccinées.

Vent de liberté en Europe

L’Espagne a décrété la fin de l’état d’urgence sanitaire, où les habitants ont pu enfin sortir de leur région ou se rassembler dans la rue le soir. Dans plusieurs villes du pays, cris, applaudissements et musique ont marqué, à minuit, la fin de ce régime d’exception imposé depuis octobre et la levée dans la plupart des régions du couvre-feu. La fin de l’état d’urgence ne signifie toutefois pas la fin des restrictions en Espagne qui reste affectée par la pandémie avec 8186 nouveaux cas et 66 nouveaux décès recensés en 24 heures vendredi, d’après les derniers chiffres du ministère de la Santé.

Plus au nord, le premier ministre britannique, Boris Johnson, va quant à lui confirmer lundi l’assouplissement de restrictions liées à la pandémie, s’appuyant sur l’amélioration de la situation sanitaire, ont annoncé ses services dimanche. Cette nouvelle étape prendra effet le 17 mai, date à laquelle certaines restrictions concernant les voyages à l’étranger seront aussi allégées. À partir de cette date, les Britanniques devraient être autorisés à se rencontrer dans des endroits clos : six personnes au maximum ou deux foyers. Les pubs et les restaurants devraient pouvoir de nouveau servir leurs clients à l’intérieur et les mariages rassembler jusqu’à 30 participants.

Depuis le lancement de la campagne de vaccination début décembre, plus de 35 millions des 68 millions d’habitants du Royaume-Uni ont reçu une première dose de vaccin anti-COVID, et le gouvernement se dit en « bonne voie » de parvenir à son objectif de proposer une première vaccination à tous les adultes d’ici à fin juillet.

Également sur le plan de la vaccination, l’Union européenne (UE) n’a pas renouvelé pour l’instant son contrat de fourniture de vaccins avec AstraZeneca pour après le mois de juin, a indiqué dimanche le commissaire européen Thierry Breton, au lendemain de l’annonce de la signature d’un nouveau contrat de l’UE avec Pfizer. Relancé par ses intervieweurs pour savoir si le non-renouvellement actuel signifiait une fin de non-recevoir définitive pour le vaccin AstraZeneca, M. Breton a laissé planer le doute. « On a commencé avec Pfizer parce qu’on est en train de travailler sur la deuxième phase, les vaccins de deuxième génération », a-t-il indiqué.

Confinement en Tunisie

À l’opposé de la situation en Europe, la Tunisie s’est confinée dimanche. Les autorités tunisiennes ont averti vendredi que le système de santé menaçait de « s’écrouler » en raison de l’afflux grandissant de malades dans les hôpitaux. Elles ont par conséquent instauré un confinement du 9 au 16 mai. Il coïncide avec la fête de l’Aïd el-Fitr marquant la fin du mois de jeûne du ramadan, lorsque les musulmans se réunissent traditionnellement en famille ou entre amis, qui est attendue cette année le 13 mai.

Plus de 500 personnes sont actuellement hospitalisées en soins intensifs, un niveau inédit qui a nécessité de mettre en place des hôpitaux de campagne, et la Tunisie peine à faire face à ses besoins en oxygène. Le pays de près de 12 millions d’habitants a recensé officiellement plus de 300 000 cas de COVID-19, dont 11 350 décès.

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