Vers une explosion des cas après l’Action de grâce aux États-Unis

Des voyageurs revenant de leurs rassemblements pour l’Action de grâce, dimanche à l’aéroport de Seattle
Photo: David Ryder Getty Images via Agence France-Presse Des voyageurs revenant de leurs rassemblements pour l’Action de grâce, dimanche à l’aéroport de Seattle

L’immunologue Anthony Fauci, figure scientifique très respectée aux États-Unis, a mis en garde dimanche contre une forte hausse de la courbe des contaminations à la COVID-19 après la fête de l’Action de grâce américaine, marquée cette année aussi par les déplacements de millions d’Américains à travers le pays.

« Dans deux ou trois semaines, nous pourrions voir une nouvelle flambée s’ajouter à la flambée » actuelle des nouvelles contaminations au coronavirus, a prévenu le directeur de l’Institut américain des maladies infectieuses, Anthony Fauci, sur la chaîne ABC.

Au moins 1,1 million de personnes ont pris l’avion aux États-Unis la veille de la fête familiale de l’Action de grâce, un record depuis le début de la pandémie dans le pays en mars, d’après les données de l’agence TSA, chargée des contrôles de sécurité dans les aéroports.

« Ce week-end avec tous ces déplacements, c’est vraiment inquiétant pour nous », a renchéri le secrétaire adjoint à la Santé, Brett Giroir, sur CNN.

« Les hospitalisations connaissent un pic actuellement à près de 95 000. Environ 20 % des patients des hôpitaux ont la COVID-19, donc c’est une période très dangereuse », a ajouté le responsable.

Les hospitalisations dues à la COVID-19 ont ainsi augmenté dans 46 États américains, comme le Nevada, l’Ohio ou encore la Pennsylvanie, selon les données du Washington Post.

Pays le plus endeuillé au monde par le coronavirus SRAS-CoV-2, avec plus de 266 000 morts, les États-Unis ont franchi vendredi la barre des 13 millions de cas, selon le comptage de l’université Johns Hopkins, qui fait référence.

Dans ce contexte, le Dr Fauci a expliqué ne pas envisager un relâchement des recommandations à ne pas voyager ou des restrictions avant Noël.

En Californie, de nouvelles restrictions ont été mises en place en réaction à la flambée des cas : un couvre-feu a été décrété à San Francisco, et Los Angeles a interdit la plupart des rassemblements publics et privés à partir de lundi. « Fermez les bars et gardez les écoles ouvertes », a conseillé Anthony Fauci.

De l’autre côté du pays, à New York, le maire Bill de Blasio a annoncé dimanche que les écoles publiques rouvriraient le 7 décembre, de même que les établissements scolaires pour les enfants ayant des difficultés d’apprentissage.

De nombreux parents ayant des difficultés à concilier leur emploi et la scolarité de leurs jeunes enfants pendant la pandémie, la municipalité a renoncé à exiger la fermeture des écoles primaires tant que le taux de positivité des tests à la COVID-19 ne resterait pas sous les 3 % pendant une semaine.

Le pourcentage de tests positifs à New York est actuellement de 3,1 %.

 

Les élèves seront testés toutes les semaines, a ajouté le maire démocrate, précisant que l’enseignement en personne cinq jours par semaine était préférable pour les écoles suffisamment spacieuses pour permettre la distanciation physique. Jusqu’ici, l’enseignement en personne n’avait été autorisé que deux ou trois jours par semaine.

Les établissements publics du secondaire resteront fermés, à part ceux destinés aux enfants ayant des difficultés d’apprentissage.

« C’est la voie à emprunter et la meilleure décision », a commenté le gouverneur de l’État de New York, Andrew Cuomo, lors d’une conférence de presse.

« Cela perturbe moins les élèves, moins la famille; les élèves peuvent suivre les cours, et les écoles sont plus sûres que le voisinage », a-t-il ajouté.

Quelque 1,1 million d’élèves sont scolarisés dans les écoles publiques new-yorkaises, plus gros district scolaire du pays.

Mais moins du tiers d’entre eux — environ 300 000 — ont repris l’école en présentiel en septembre, beaucoup de parents choisissant l’option 100 % en ligne par peur du virus.

Vaccin imminent

Malgré la situation alarmante au pays, Anthony Fauci a cherché à rassurer ses concitoyens en rappelant qu’un vaccin serait disponible dès décembre pour les personnes les plus à risque de développer une forme grave de la maladie.

Les premières doses du vaccin contre la COVID-19 des entreprises Pfizer et BioNTech sont arrivées aux États-Unis, importées depuis la Belgique, ont rapporté dimanche plusieurs médias américains.

Dans le monde, la pandémie a fait plus de 1,45 million de morts, selon un bilan établi par l’AFP dimanche. Quelque 62,1 millions de cas ont été officiellement comptabilisés, dont plus de 39,5 millions ont été guéris. Les États-Unis comptent le plus de morts (266 074), devant le Brésil (172 561), l’Inde (136 696), le Mexique (105 459) et le Royaume-Uni (58 030).

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