Obama fait encore courir les foules en Floride

Une policière a demandé à un partisan de Trump à bord d’une camionnette de faire demi-tour, en marge du discours de l’ancien président Barack Obama, mardi, dans un stade d’Orlando, en Floride.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Une policière a demandé à un partisan de Trump à bord d’une camionnette de faire demi-tour, en marge du discours de l’ancien président Barack Obama, mardi, dans un stade d’Orlando, en Floride.

Quatre ans après avoir quitté la Maison-Blanche, la popularité de Barack Obama ne faiblit pas. L’ancien président a été accueilli en véritable héros mardi au Camping World Stadium d’Orlando, en Floride, lors d’une tournée où il a supplié les électeurs de s’assurer de donner le maximum d’appuis à Joe Biden.

« La dernière fois, nous nous sommes reposés sur nos lauriers. Les gens ont été un peu paresseux, ils croyaient que c’était gagné d’avance, mais regardez ce qui s’est passé », a lancé M. Obama à une foule de partisans, qui l’écoutaient avec attention à partir de leur voiture.

L’ancien président a fait le trajet jusqu’à Orlando dans l’espoir de mousser les appuis de la population à son ancien bras droit, le vice-président Joe Biden. « En ce moment, vous avez un président qui réclame tout le crédit pour une économie dont il a hérité, mais il rejette tout blâme pour une pandémie qu’il a ignorée », a lancé M. Obama.

Celui-ci a également fait l’éloge de Joe Biden, le décrivant comme un homme « de principe » et soulignant son empathie. « Il a fait de moi un meilleur président, et il a le caractère et l’expérience nécessaires pour faire de nous un meilleur pays », a-t-il déclaré.

En raison de la pandémie, le rassemblement s’est tenu sous forme de ciné-parc, sur invitation seulement. Des dizaines de rangées d’autos, dont plusieurs affichaient les couleurs du parti démocrate, ont été admises tôt en matinée devant un immense écran où on a pu apercevoir Barack Obama aux alentours de midi.

Une part de moi est craintive parce qu’il y a quatre ans, j’étais convaincue que c’était impossible que Trump puisse être élu président

« C’était vraiment merveilleux. Je suis une grande partisane d’Obama. Il me manque vraiment, alors je ne pouvais pas manquer ça », témoigne Valerie Emerson au volant de son auto à la sortie de l’événement. Accompagnée de sa fille, la maman fait partie des « privilégiées » qui ont pu pénétrer à l’intérieur du site où l’ancien président a prononcé un discours d’une quarantaine de minutes devant un parterre d’automobilistes.

« Il nous a rappelé que c’est possible d’avoir un pays uni », a résumé Mme Emerson. Elle confie en outre être nerveuse en pensant à la soirée électorale du 3 novembre prochain. « Une part de moi est craintive parce qu’il y a quatre ans, j’étais convaincue que c’était impossible que Trump puisse être élu président », explique-t-elle.

L’effet Obama

Rués devant les immenses barrières du stade d’Orlando, d’autres admirateurs ont tenté, tant bien que mal, d’entendre et d’entrevoir l’ancien président. « Je pensais réussir à le voir de près, mais bon, je suis quand même satisfait d’être venu montrer mon appui aux démocrates », témoigne Fernando Sosa, un Mexicain de 37 ans.

L’arrivée du président Trump en 2016 a complètement ruiné les plans de M. Sosa, qui espérait devenir citoyen américain. « Depuis quatre ans, il n’y a pas une journée où je peux apprécier mon déjeuner, parce que chaque matin, lorsque j’allume la télé, je vois une déclaration enflammée du président Trump », raconte-t-il.

Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Des gens se sont massés près des clôtures du stade pour entendre l’ex-président.

Il confie qu’il a hâte de pouvoir apprécier à nouveau ses repas à partir du 4 novembre. « J’espère à nouveau allumer la télé sans me faire insulter par un président comme Trump », dit-il.

Près d’une autre entrée du stade, des admirateurs de Barack Obama avaient même apporté leurs jumelles pour tenter d’avoir une meilleure vue.

Au moment même où l’ancien locataire de la Maison-Blanche terminait son discours, une femme débarquait en toute hâte pour tenter de l’apercevoir. « Vous allez où ? » a-t-elle demandé avec appréhension lorsqu’elle a vu les gens qui se dispersaient. « C’est impossible, je ne peux pas avoir tout manqué », se lamentait la femme, dont la déception était palpable.

Les trumpistes s’invitent

La venue de Barack Obama a également attiré les partisans de l’actuel président. Un cortège de trumpistes l’attendait près d’une des entrées du stade.

« Obama se fout sans doute de notre présence, mais ce qu’on veut, c’est montrer à ses supporters qu’on ne laissera pas le socialisme entrer dans notre pays », mentionne Julie Albachiarl, une partisane du président Trump.

De l’autre côté de la rue, une camionnette avec une dizaine de drapeaux, dont plusieurs portant des slogans trumpistes, défie une policière qui bloque la circulation. « Reculez », pouvait-on entendre, alors que l’automobiliste feignait d’avancer.

Sur Twitter, le président actuel n’a pas tardé à critiquer la diffusion en direct du discours d’Obama par une des chaînes d’informations qu’il affectionne. « @Fox News diffuse maintenant le discours d’Obama sans public, un faux discours pour Biden, un homme qu’il pouvait à peine endosser parce qu’il ne pouvait pas croire qu’il avait gagné. De plus, je PRÉVOIS de payer plusieurs millions de dollars en impôts », a-t-il gazouillé.

Ce reportage a été financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat-Le Devoir.

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