Biden accuse Trump de vouloir éliminer l’Obamacare

Le candidat démocrate à la Maison-Blanche, Joe Biden
Photo: Andrew Harnik Associated Press Le candidat démocrate à la Maison-Blanche, Joe Biden

Le candidat démocrate à la Maison-Blanche, Joe Biden, a accusé dimanche le président américain, Donald Trump, de vouloir installer au pas de charge une juge conservatrice à la Cour suprême uniquement pour pouvoir « éliminer » l’assurance maladie Obamacare en pleine pandémie.

Il a de nouveau réclamé que le Sénat ne se prononce pas sur la juge désignée samedi par le milliardaire républicain, Amy Coney Barrett, avant l’élection présidentielle du 3 novembre. Donald Trump espère, lui, que la nomination de cette magistrate, appelée à remplacer la défunte juge progressiste Ruth Bader Ginsburg, sera validée par le Sénat avant le scrutin.

« Jamais, dans l’histoire de notre nation, un juge à la Cour suprême n’a été désigné et installé alors qu’une élection présidentielle est déjà en cours », a-t-il dit lors d’une brève conférence de presse à Wilmington, sa ville de l’État du Delaware. Le vote a de fait commencé dans plusieurs États.

« Le président Trump tente depuis quatre ans d’éliminer l’Affordable Care Act », a ajouté Joe Biden au sujet de la loi d’assurance maladie adoptée lorsqu’il était vice-président. « Maintenant, ce gouvernement pense avoir soudainement trouvé une faille avec la mort tragique de la juge Ginsburg », a-t-il dit.

« Nous sommes toujours au milieu de la pire crise sanitaire mondiale depuis un siècle », « et pourtant le gouvernement Trump demande à la Cour suprême d’abroger tout l’Affordable Care Act », a encore dénoncé le candidat démocrate, estimant que cela risquerait à l’avenir de priver d’assurance maladie de nombreux malades qui auront eu la COVID-19.

« C’est malheureux que le président soit aussi irrespectueux et se dépêche de faire cela. Néanmoins, c’est comme ça. Votez. Le remède à tout ce qu’il fait est le vote, le vote, le vote », a martelé sur CNN la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi.

Sauf énorme surprise, Amy Coney Barrett, 48 ans, viendra renforcer la majorité conservatrice au sein de cette institution clé qui tranche les grands débats de la société américaine.

Les auditions parlementaires de la juge désignée, qui doivent débuter le 12 octobre, vont donc rythmer la campagne jusqu’au vote sur son nom, que les républicains espèrent tenir quelques jours seulement avant l’élection présidentielle.

C’est malheureux que le président soit aussi irrespectueux et se dépêche de faire cela. Néanmoins, c’est comme ça. Votez. Le remède à tout ce qu’il fait est le vote, le vote, le vote

Les démocrates tentent donc d’agiter le spectre d’une Cour suprême durablement à droite pour mobiliser leur électorat, notamment en défense de l’Obamacare, la loi d’assurance maladie adoptée lorsque Joe Biden était à la Maison-Blanche comme vice-président de Barack Obama.

Selon un sondage publié dimanche par le New York Times, 57 % des Américains soutiennent l’Obamacare, contre seulement 38 % qui y sont opposés.

Pourtant, Donald Trump entend arriver à son premier débat télévisé de la présidentielle, mardi, auréolé, auprès de sa base, du choix d’Amy Coney Barrett, une magistrate connue pour ses convictions religieuses traditionalistes, pour siéger à la Cour suprême à la suite du décès de la juge progressiste Ruth Bader Ginsburg. Il espère qu’elle galvanisera la droite chrétienne, sur laquelle il s’est largement appuyé lors de son élection surprise il y a quatre ans, et au-delà de tout le camp conservateur, afin de refaire son retard dans les sondages.

Il a de nouveau prédit dimanche, sur la chaîne Fox News, une confirmation « rapide » de cette nomination par le Sénat, où son camp républicain dispose de la majorité, malgré les dernières volontés de la juge « RBG » qui avait demandé à ne pas être remplacée avant l’investiture en janvier du vainqueur de la présidentielle.

Trump accuse Biden de dopage

Donald Trump a réclamé dimanche un contrôle antidopage pour son adversaire démocrate à l’élection présidentielle Joe Biden à l’occasion de du débat télévisé très attendu de mardi.

« Je vais fermement exiger un test antidopage pour Joe Biden l’endormi avant ou après le débat mardi soir », a gazouillé le président des États-Unis. « Ses performances lors des débats ont été INÉGALES comme jamais, pour dire les choses gentiment. Seuls des médicaments ont-ils pu provoquer ces écarts ??? » a ajouté le milliardaire républicain, en retard dans les sondages, tout en assurant qu’il accepterait « bien entendu » de se soumettre au même test.

Interrogé en conférence de presse, Joe Biden s’est refusé, en souriant, à tout commentaire sur ce sujet.

Le président sortant de 74 ans ne cesse de railler l’absence de dynamisme présumée de son rival de 77 ans, voire de suggérer une forme de sénilité chez l’ancien vice-président. Mais avec sa publication dominicale, il a aussi semblé vouloir prendre les devants en cas de bonne performance de Joe Biden mardi.

Connu pour ses gaffes et dérapages, parfois rattrapé par son bégaiement de jeunesse, le démocrate a admis samedi que la confrontation télévisée serait « difficile ».

Le vieux routier de la politique qui, au nom des précautions sanitaires liées à la pandémie de COVID-19, mène une campagne plus discrète que celle tambour battant de l’ex-homme d’affaires et ne s’expose que rarement à la contradiction, sera comme rarement sous les projecteurs. Deux autres débats entre eux sont prévus avant la présidentielle du 3 novembre.

 

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