Obama, Harris et Clinton tirent à boulets rouges sur Donald Trump

La colistière de Joe Biden, Kamala Harris, lors de son discours de mercredi soir.
Photo: Carolyn Kaster Associated Press La colistière de Joe Biden, Kamala Harris, lors de son discours de mercredi soir.

En chœur, l’ex-président américain Barack Obama, l’ex-secrétaire d’État Hillary Clinton et la colistière de Joe Biden, Kamala Harris, ont appelé mercredi soir les électeurs américains à se méfier du cynisme et à prendre la pleine mesure de l’importance du scrutin de novembre prochain.

Au troisième jour de la convention nationale démocrate, ces trois ténors du parti ont également insisté sur la menace que fait peser le manque de leadership de Donald Trump sur l’avenir et la stabilité sociale des États-Unis.

« J’espérais, pour le bien de notre pays, que Donald Trump montre un certain intérêt à prendre le travail [de président] au sérieux, qu’il en vienne à sentir le poids du Bureau ovale et découvre une certaine vénération pour la démocratie qui avait été placée sous sa garde, a dit Barack Obama depuis le Musée de la révolution américaine de Philadelphie, un lieu stratégiquement choisi pour sa prestation en vidéoconférence lors de cette convention non conventionnelle. Mais il ne l’a jamais fait. Il n’a manifesté aucun intérêt […] à utiliser le pouvoir impressionnant de son bureau pour aider qui que ce soit d’autre que lui-même et ses amis, aucun intérêt à traiter la présidence comme autre chose qu’une émission de téléréalité de plus qu’il peut utiliser pour attirer l’attention dont il a besoin. »

Et d’ajouter : « Donald Trump n’a pas grandi dans sa fonction, parce qu’il ne le peut pas. Et les conséquences de cet échec sont graves : 170 000 Américains morts [de la COVID-19 à ce jour]. Des millions d’emplois perdus. Notre fière réputation à travers le monde s’est gravement affaiblie et nos institutions démocratiques sont menacées comme jamais auparavant. »

Pour l’aspirante au poste de vice-présidente, Kamala Harris, l’Amérique est arrivée à un « point d’inflexion. Le chaos permanent nous tient à la dérive. L’incompétence nous fait peur. L’insensibilité nous renvoie dans notre solitude. C’est beaucoup. Mais nous pouvons faire mieux. En ce moment, nous avons un président qui transforme nos tragédies en armes politiques », a-t-elle ajouté en assurant que Joe Biden allait être un « président qui [transformera] nos défis en objectifs »

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« Rappelez-vous, en 2016, quand Donald Trump a demandé : “qu’avez-vous à perdre ?” » [en votant pour lui], a dit Hillary Clinton. Maintenant, nous le savons : notre système de santé, nos emplois, les gens que l’on aime, notre leadership dans le monde, et maintenant, notre service postal… »

Photo: Olivier Douliery Agence France-Presse Kamala Harris et Joe Biden

Inciter au vote

Pour cette troisième soirée de convention, les démocrates avaient décidé de mettre l’accent sur leur plan de lutte contre le réchauffement climatique, mais également sur leur programme en matière de lutte contre la prolifération des armes à feu et les drames qu’elles engendrent aux États-Unis.

« Nous sommes à la croisée des chemins. Nous pouvons continuer à vivre avec des tueries ou nous pouvons agir », a lancé l’ex-députée de l’Arizona, Gabrielle Giffords, dans une intervention remarquée. L’ex-femme politique vit avec les séquelles importantes d’une tentative d’assassinat par arme à feu à Tucson en 2011. Elle est devenue depuis une adversaire féroce du lobby des armes à feu.

Donald Trump n’a pas grandi dans sa fonction, parce qu’il ne le peut pas. Et les conséquences de cet échec sont graves: 170 000 Américains morts [de la COVID-19 à ce jour]. Des millions d’emplois perdus.

Entre appels au vote lancés par de simples citoyens et l’appel à l’engagement lancé par de jeunes militants de la question environnementale, cette grand-messe politique, contrainte à un format uniquement vidéo en raison de la pandémie, a été également l’occasion pour les orateurs de la soirée de faire de la pédagogie sur la démocratie et sur la nécessité pour les citoyens mécontents du climat politique et social actuel d’aller aux urnes, y compris en votant par la poste.

« Ce président, et ceux au pouvoir qui profitent [de ce climat], compte sur votre cynisme, a dit Barack Obama. Ils savent qu’ils ne peuvent pas gagner avec leur programme, alors ils s’assurent de rendre compliqué le geste de voter et cherchent à vous convaincre que votre vote ne compte pas. C’est comme ça qu’ils gagnent et qu’ils continuent de prendre des décisions qui affectent vos vies. C’est comme ça aussi que la démocratie fane avant de ne plus être une démocratie. »

« Depuis quatre ans, les gens me disent : “Je n’avais pas compris combien Donald Trump était dangereux” […], ou pire : “J’aurais dû voter”, a dit Hillary Clinton. Écoutez : ça ne peut pas être une autre élection “j’aurais, j’aurais pu ou j’aurais dû”, a-t-elle mis en garde. Comme Michelle Obama et Bernie Sanders nous l’ont dit, si Trump est réélu, les choses vont empirer. Voilà pourquoi nous avons besoin d’unité plus que jamais. Et n’oubliez pas : Joe Biden et Kamala Harris peuvent gagner avec 3 millions de voix et perdre quand même. Croyez-moi sur parole. Nous avons besoin du plus grand nombre de voix, pour éviter que Trump se faufile ou vole sa victoire. »

La cible de la soirée a riposté comme il le fait d’habitude en qualifiant Barack Obama de « président inefficace ». « Quand j’entends cela et que je vois l’horreur qu’il nous a laissée, la stupidité des accords qu’il a conclus… Regardez comme il était mauvais. »

Depuis le début de la semaine, le président américain multiplie les attaques contre les démocrates lors de déplacements au Wisconsin, au Minnesota et en Arizona, d’où il a raillé ses opposants en soulignant qu’ils n’osaient pas sortir sur le terrain, contrairement à lui, et a appelé ses électeurs à se méfier des intentions socialisantes de ses opposants.

La convention nationale démocrate va prendre fin jeudi soir avec le discours d’acceptation de la nomination démocrate de Joe Biden, livré depuis son bastion de Wilmington au Delaware.

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