Trump est loin derrière Biden, selon des «sondages bidon»

Selon un sondage publié dimanche, le président républicain, Donald Trump, arriverait derrière son rival démocrate Joe Biden.
Photo: Patrick Semansky Associated Press Selon un sondage publié dimanche, le président républicain, Donald Trump, arriverait derrière son rival démocrate Joe Biden.

Aux États-Unis, le président républicain, Donald Trump, a de nouveau balayé d’un revers de manche un dernier sondage le montrant en difficulté croissante face à son rival démocrate Joe Biden, dans une entrevue diffusée dimanche sur Fox News.

Dans ce même entretien, le candidat de la droite américaine a refusé de dire qu’il accepterait les résultats sortis des urnes, répétant son inquiétude sur d’éventuelles fraudes favorisées selon lui par le vote par correspondance.

« Non, il faudra que je voie », a-t-il affirmé, répétant la position très controversée qu’il avait adoptée avant le scrutin de 2016 qu’il avait remporté. « Je ne vais pas simplement dire “oui”. Je ne vais pas simplement dire “non”. »

« D’abord et avant tout, je ne suis pas en train de perdre, car ce sont des sondages bidon », a assuré le milliardaire, interrogé par le journaliste Chris Wallace sur une enquête d’opinion montrant M. Biden le devançant de huit points, à 49 % contre 41 %.

« Biden est incapable d’aligner deux phrases à la suite », a ensuite attaqué le président américain qui, invité à préciser s’il considérait son adversaire comme « sénile », n’est cependant pas allé jusque-là.

« Je ne veux pas dire cela, je dirais qu’il n’est pas compétent pour être président. Pour être président, il faut être vif d’esprit, solide, et bien d’autres choses. Il ne sort même pas de son sous-sol », a critiqué M. Trump.

Il faisait référence au fait que Joe Biden, 77 ans, passe l’essentiel de son temps reclus dans sa résidence dans l’État du Delaware, peinant à donner un élan médiatique à sa campagne pour la Maison-Blanche.

M. Trump a également refusé d’apporter tout crédit à une conclusion du sondage de Fox News montrant que les électeurs le considéraient comme moins « compétent » que M. Biden. Il a suggéré que cette question soit tranchée par un test de quotient intellectuel imposé aux deux candidats septuagénaires.

« Faisons un test. Faisons un test maintenant. Posons-nous, Joe et moi, et passons un test », a lancé le dirigeant républicain qui, le 3 novembre, sera opposé dans les urnes à l’ancien vice-président de Barack Obama.

Un autre sondage publié dimanche et réalisé par la chaîne ABC et le journal Washington Post montre une avance de Joe Biden sur Donald Trump encore plus nette dans les intentions de vote, à 55 % contre 40 %.

M. Trump continue de payer cher sa gestion jugée mauvaise de la crise de la COVID-19 aux États-Unis, avec un taux d’approbation de sa politique générale chutant à 39 %, 57 % la réprouvant.

Le virus « va disparaître »

Alors que le nombre d’infections au coronavirus flambe aux États-Unis, Donald Trump a défendu ses propos selon lesquels la maladie finirait par « disparaître », en se disant opposé à l’idée d’imposer le port du masque au niveau national.

« J’aurai raison au final. Vous savez, j’ai dit : “ça va disparaître”. Je le dirai encore », a déclaré le président américain dans la même entrevue diffusée sur Fox News, dimanche. « Ça va disparaître et j’aurai raison », a-t-il répété.

Plus de 60 000 nouveaux cas de COVID-19 ont été enregistrés dans le pays en 24 heures, samedi, selon le comptage de l’université Johns Hopkins, portant à environ 3,7 millions le nombre total de cas depuis le début de la pandémie.

Monsieur le Président, votre ignorance n’est pas une vertu ou un signe de votre force — elle sape notre réponse à cette crise sans précédent et coûte leur emploi et leur vie à des Américains

 

Pour le président américain, « beaucoup de ces cas [les nouveaux] sont des gens jeunes qui guériront en un jour ».

« Ils ont le nez qui coule et on comptabilise ça comme un test […]. Beaucoup de ces cas ne devraient même pas être des cas », a-t-il estimé, expliquant la disparité dans les chiffres avec l’Europe, où le nombre d’infections a fortement baissé, par le nombre de tests. « Ils ne dépistent pas. Ils ne dépistent pas », a-t-il lancé.

Quant au taux de mortalité, le président a affirmé que son pays avait « l’un des taux les plus bas, peut-être le plus bas au monde », ce que contestent certains experts.

Envisagerait-il de demander le port du masque au niveau national pour tenter d’endiguer la pandémie, étant donné que plusieurs villes et États l’ont rendu obligatoire dans les lieux publics ?

« Non, je veux que les gens aient une certaine liberté […] et je ne suis pas d’accord avec l’affirmation selon laquelle si tout le monde met un masque, tout va disparaître », a-t-il répondu.

Le milliardaire républicain est très réticent à porter un masque et n’est apparu qu’une fois en public avec cette protection.

Avant, « tout le monde disait “ne mettez pas de masque”, tout à coup tout le monde doit porter un masque, et, comme vous le savez, les masques causent des problèmes aussi. Cela dit, je crois aux masques. Je pense que les masques, c’est bien », a-t-il dit.

Les États-Unis déplorent jusqu’ici 140 000 morts dues au coronavirus.

Son rival, le candidat démocrate à la Maison-Blanche Joe Biden, s’en est vivement pris à ces nouvelles déclarations de M. Trump.

« Quand on parle de coronavirus, il ne faut pas croire un mot de ce qu’il dit », a dit l’ancien vice-président de Barack Obama dans un communiqué.

« Monsieur le Président, votre ignorance n’est pas une vertu ou un signe de votre force — elle sape notre réponse à cette crise sans précédent et coûte leur emploi et leur vie à des Américains », a-t-il ajouté.

« Il est grand temps pour le président Trump d’écouter quelqu’un d’autre que lui-même sur la manière de lutter contre le virus, parce qu’après six mois d’une mauvaise gestion meurtrière, c’est en train de devenir encore plus incontrôlable », a-t-il conclu.

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