Trump dénonce «la gauche radicale», les médias, la Chine

Le président des États-Unis, Donald Trump, était loin d’un ton traditionnellement rassembleur des allocutions présidentielles du 4 juillet, la fête nationale américaine.
Photo: Patrick Semansky Associated Press Le président des États-Unis, Donald Trump, était loin d’un ton traditionnellement rassembleur des allocutions présidentielles du 4 juillet, la fête nationale américaine.

Le président américain, Donald Trump, a marqué samedi la fête nationale par un discours aux accents d’événement de campagne dans une Amérique divisée, sur fond de regain de la COVID-19 et de manifestations contre le racisme.

Les festivités du 4 juillet, traditionnellement marquées par des parades, fanfares, barbecues et grands feux d’artifice dans une ambiance bon enfant ont été revues à la baisse cette année à travers les États-Unis en raison de la pandémie.

« Nous sommes en train de vaincre la gauche radicale, les marxistes, les anarchistes, les agitateurs et les pilleurs », a lancé Donald Trump lors d’une cérémonie dans les jardins de la Maison-Blanche.

Loin d’un ton traditionnellement rassembleur des allocutions présidentielles du « 4 th of July », le milliardaire républicain s’en est aussi pris, aux médias « qui accusent à tort leurs opposants d’être racistes ».

« Plus vous mentez, plus vous calomniez […] plus nous travaillerons pour dire la vérité, et nous vaincrons », a-t-il asséné, à quatre mois de l’élection présidentielle.

L’occupant de la Maison-Blanche s’en est aussi pris avec virulence à la Chine, d’où est parti le nouveau coronavirus, réaffirmant qu’elle devrait « rendre des comptes ».

Fidèle au message qu’il martèle depuis plusieurs jours, Donald Trump a une nouvelle fois minimisé la signification de la hausse spectaculaire de nombre de cas de COVID-19 qui alarme les autorités sanitaires.


« Nous avons fait beaucoup de progrès. Notre stratégie fonctionne bien », a-t-il lancé, martelant par ailleurs sa conviction qu’un traitement et/ou un vaccin serait probablement disponible « bien avant la fin de l’année ».
 

Quelques heures plus tôt, la Floride avait annoncé un nouveau record de cas de COVID-19, avec 11 458 nouvelles infections au cours des dernières 24 heures.

Devant l’ampleur de la crise sanitaire, le maire du comté de Miami-Wade, le plus peuplé du pays avec près de 2,7 millions d’habitants, a décrété vendredi un couvre-feu à partir de 22 heures.

Il « est destiné à empêcher les gens de s’aventurer et de traîner avec des amis dans des groupes, ce qui s’est révélé être un facteur de propagation rapide du virus », a expliqué Carlos Gimenez.

À Atlanta et à Nashville, les concerts ou feux d’artifice ont été annulés. Dans la ville texane de Houston, foyer de l’épidémie dans le grand État du sud, le 4 juillet est fêté en ligne.

Un goût amer

En dépit de la pandémie de coronavirus, le National Mall, l’immense esplanade où se dressent musées et monuments officiels et ses alentours sont restés ouverts et accessibles au public pour un feu d’artifice annoncé comme « monumental ».

Le virulent discours présidentiel a été suivi d’un défilé aérien d’appareils de la Seconde Guerre mondiale et un spectacle de la patrouille des Blue Angels.

Les célébrations du Jour de l’indépendance, lorsqu’en 1776 treize colonies britanniques proclamèrent leur séparation de la couronne britannique et fondèrent les États-Unis d’Amérique, risquent cette année d’avoir un goût amer.

L’Amérique est animée depuis la mort de l’Afro-Américain George Floyd, par un mouvement historique contre le racisme, comparable à celui des droits civiques des années 60.
 

Partout dans le pays, des rassemblements sont prévus pour la justice, l’égalité raciale et contre le gouvernement Trump.

À Washington, une vingtaine de collectifs ont appelé à manifester, notamment devant le monument en mémoire d’Abraham Lincoln, depuis lequel Martin Luther King avait prononcé son discours « I have a dream », en 1963.

« Nous voulons faire savoir au monde, et pas seulement aux États-Unis, que nous ne valons pas moins que les autres », confie Katima McMillan, Afro-Américaine de 24 ans.

« Notre pays a été fondé sur une idée, celle que nous naissons tous égaux. Nous n’avons jamais été à la hauteur de cette idée », a déclaré samedi Joe Biden, candidat à la présidentielle de novembre. L’ancien vice-président de Barack Obama a appelé à s’unir pour surmonter « plus de 200 ans de racisme systémique ».

En plein débat sur les statues mises à terre par des manifestants antiracistes, M. Trump avait déjà dénoncé vendredi soir, depuis l’imposant monument du Mont Rushmore, « une campagne visant à effacer notre histoire, diffamer nos héros, supprimer nos valeurs et endoctriner nos enfants ».

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