Les terrasses des cafés rouvrent en France

Si le reste du pays voit ses bars et restaurants rouvrir leurs salles, à Paris, en «zone orange», seules les terrasses peuvent accueillir la clientèle. Sur cette photo, un serveur porte le masque en passant entre les tables bondées, une mesure désormais obligatoire.
Photo: Bertrand Guay Agence France-Presse Si le reste du pays voit ses bars et restaurants rouvrir leurs salles, à Paris, en «zone orange», seules les terrasses peuvent accueillir la clientèle. Sur cette photo, un serveur porte le masque en passant entre les tables bondées, une mesure désormais obligatoire.

Les cafés parisiens ont rouvert mardi leurs terrasses, symbole d’un lent retour à la normale en Europe, au moment où la pandémie de COVID-19 ravage l’Amérique du Sud et menace d’effondrement ses systèmes hospitaliers.

C’est un retour à « une vie presque normale » en France, selon les termes du premier ministre, Édouard Philippe, après deux mois et demi de confinement qui coûtera, comme partout, cher à l’économie du pays : une récession d’au moins 11 % est attendue cette année.

Si à Paris et dans sa région, zone la plus touchée, seules les terrasses peuvent accueillir la clientèle, dans le reste du pays les bars et restaurants rouvrent leurs salles, à condition de respecter les consignes de distanciation.

Un peu partout, les restaurateurs s’étaient préparés lundi pour ce moment tant attendu, comme à Strasbourg au célèbre restaurant la Maison Kammerzell.

« On a passé plusieurs heures à tout nettoyer. Lundi, on a eu une seconde désinfection COVID encore plus poussée », affirme Théo Stutzmann, maître d’hôtel.

 

« J’irai voir mes petits-enfants »

Le masque est obligatoire pour les serveurs et pour les clients qui voudront aller aux toilettes. « On a tous demandé une fois la salière à un voisin de table. Là, ce ne sera plus possible », ajoute-t-il.

Les collèges, les lycées et les petites salles de spectacle ont aussi rouvert mardi dans la majeure partie du pays, et l’interdiction de se déplacer à plus de 100 kilomètres de son domicile a été levée.

« Peut-être que le week-end prochain j’irai voir mes petits-enfants, enfin, qui sont à Nantes », a confié à Paris Linda Espallargas. « Mais je prendrai ma voiture pour être bien isolée, parce que j’ai peur encore du virus. J’ai plus de 65 ans, donc je me méfie. »

« Revivre comme avant l’épidémie ? Non, pas encore », affirme toutefois Arnaud Fontanet, épidémiologiste et membre du Conseil scientifique consulté par les autorités françaises. « Je ne parlerai pas d’extinction, car le virus va rester, mais une baisse significative [de sa propagation] est en cours. »

Lundi, de hauts lieux touristiques en Europe ont recommencé à accueillir le public, même si précautions sanitaires et restrictions imposées aux voyages empêchent encore la venue des grandes foules.

À Rome, le Colisée, site touristique le plus fréquenté d’Italie, a accueilli près de 300 personnes qui avaient effectué une réservation en ligne, loin des 20 000 touristes quotidiens habituels.

« Nous profitons de l’absence des touristes étrangers pour venir nous balader », s’est réjoui Pierluigi, un Romain venu visiter pour la première fois le Colisée avec son épouse.

En Espagne, où pour la première fois depuis trois mois le virus n’a pas fait de morts en 24 heures, c’est l’emblématique musée Guggenheim de Bilbao qui a rouvert ses portes.

À Istanbul, le Grand Bazar, inaccessible au public depuis le 23 mars, revit. « La vie continue et on attend les clients », a déclaré Yasar Sabuncu, un des quelque 30 000 commerçants du vaste marché couvert, après avoir rouvert son échoppe aux rayons garnis de souvenirs et de maroquineries.

État critique en Amérique latine

Mais pendant que les pays européens prennent à pas comptés le chemin de la normalisation, la pandémie flambe en Amérique latine.

Quatre pays de cette région (le Brésil, le Pérou, le Chili et le Mexique) figurent parmi les dix pays ayant recensé le plus grand nombre de nouveaux cas de COVID-19 en 24 heures, a indiqué lundi l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

« Manifestement, la situation dans de nombreux pays d’Amérique latine est loin d’être stabilisée », a souligné Michael Ryan, directeur des questions d’urgence sanitaire de l’OMS.

« Il y a eu une augmentation rapide de cas et ces systèmes [de santé] sont sous pression », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse virtuelle à Genève, se montrant très inquiet également pour Haïti.

La pandémie a fait plus de 377 000 morts et contaminé au moins 6,3 millions de personnes dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles mardi en soirée.

À voir en vidéo