Trump promet de stopper les émeutes

Des manifestants se tiennent debout sur une voiture de police vandalisée pour protester contre la violence policière à Los Angeles, samedi.
Photo: Mark Ralston Agence France-Presse Des manifestants se tiennent debout sur une voiture de police vandalisée pour protester contre la violence policière à Los Angeles, samedi.

Le président des États-Unis, Donald Trump, a promis samedi de stopper les manifestations violentes contre les brutalités policières, alors que des milliers de personnes se rassemblaient dans de nombreuses villes américaines pour une cinquième nuit de protestations.

« Nous ne pouvons pas et nous ne devons pas laisser un petit groupe de criminels et de vandales détruire nos villes et saccager nos communautés », a déclaré M. Trump, commentant la précédente nuit d’émeutes, de pillages et d’incendies volontaires à Minneapolis.

« Mon gouvernement va stopper la violence collective. Et nous allons la stopper net », a averti le président.

M. Trump a estimé que les émeutiers déshonoraient la mémoire de George Floyd, l’Afro-Américain de 46 ans mort lundi à Minneapolis, dans le nord des États-Unis, lors de son interpellation par la police et devenu un nouveau symbole des brutalités policières contre cette communauté.

« La violence et le vandalisme sont menés par les Antifa et d’autres groupes de l’extrême gauche radicale », a affirmé Donald Trump.

Au même moment, des foules de manifestants commençaient à se rassembler à Minneapolis, New York, Chicago, Miami, Philadelphie et d’autres villes, tandis que les autorités s’apprêtaient à faire face à une cinquième nuit de protestations violentes.

« Décimer cette force »

Tim Walz, gouverneur du Minnesota, l’État où se trouve Minneapolis, a averti que les manifestants qui seraient toujours dans les rues après l’entrée en vigueur du couvre-feu samedi à 20 h se trouveraient dans « une situation dangereuse ».

Le gouverneur a déclaré que les émeutiers pouvaient être des membres de groupes anarchistes, des suprémacistes blancs et des trafiquants de drogue, souvent venus d’autres villes. « Notre objectif est de décimer cette force aussi vite que possible », a prévenu M. Walz.

« La situation à Minneapolis n’a absolument plus rien à voir avec le meurtre de George Floyd », a estimé le gouverneur. Il s’agit selon lui « d’instiller la peur et de déstabiliser nos grandes villes ».

M. Walz a annoncé la mobilisation générale des 13 000 soldats de la Garde nationale de l’État, une première, et indiqué avoir demandé l’aide du département de la Défense.

Des unités de la police militaire ont été mises en alerte pour pouvoir éventuellement intervenir à Minneapolis dans un délai de quatre heures, a indiqué le Pentagone dans un communiqué.

« Nous pouvons leur envoyer nos soldats très rapidement », a déclaré M. Trump sur la pelouse de la Maison-Blanche, estimant que les responsables locaux avaient jusqu’à présent manqué de fermeté. « Il faut qu’ils soient plus durs », a-t-il ajouté.

Police militaire

La police militaire américaine ne peut légalement intervenir sur le territoire américain qu’en cas d’insurrection.

Le déploiement vendredi soir de 2500 policiers et soldats de la Garde nationale et l’imposition d’un couvre-feu n’ont pas empêché la grande ville du Minnesota de s’embraser, avec plusieurs commerces incendiés, de nouveaux pillages et de nombreuses dégradations.

« Nous avons été confrontés à des dizaines de milliers d’émeutiers », a souligné le responsable des forces de sécurité de l’État, John Harrington.

Plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées, dont 80 % provenaient d’autres régions des États-Unis, selon les autorités locales, qui ont indiqué disposer d’informations montrant que des groupes suprémacistes blancs et des émeutiers avaient utilisé les réseaux sociaux et le « dark web » pour organiser le mouvement.

Le secrétaire à la Justice, William Barr, a attribué les violences à des « groupes d’extrême gauche et anarchistes ».

À Minneapolis, les manifestations prévues dans la journée en mémoire de George Floyd restent autorisées, mais le couvre-feu sera maintenu.

« La démonstration de force de ce soir est destinée à rétablir la sûreté, la sécurité, la paix et l’ordre », a déclaré le maire de Minneapolis, Jacob Frey.

La tension est également montée samedi dans le reste du pays. Des foules de protestataires se sont rassemblées à New York, Dallas, Houston, ville d’origine de la victime, Las Vegas, Des Moines, Memphis et Portland, de même qu’à Washington sous les fenêtres du président Trump.

Des centaines d’arrestations

À New York, plus de 200 personnes ont été arrêtées après de violents incidents ayant fait plusieurs blessés au sein des forces de l’ordre. Un cocktail Molotov a été lancé à l’intérieur d’une voiture de police qui était occupée. « C’est un miracle qu’aucun policier n’a été tué », a déclaré le chef de la police new-yorkaise, Dermot Shea.

À Atlanta, des véhicules de patrouille de la police ont été brûlés.

À Los Angeles, cinq policiers ont été blessés et plusieurs centaines de personnes arrêtées lorsqu’une manifestation pacifique a dégénéré, avec là aussi des commerces incendiés et des pillages.

Partout, les manifestants ont dénoncé les bavures policières et les disparités raciales. Et ils ont exigé que justice soit rendue pour George Floyd, dont l’arrestation mortelle a été filmée dans une vidéo devenue virale.

Le policier blanc Derek Chauvin qui, sur cette vidéo, maintient son genou pendant de longues minutes sur le cou du quadragénaire a été arrêté vendredi et accusé d’« homicide involontaire » et d’« acte cruel et dangereux ayant causé la mort ».

La famille de la victime a salué ce développement comme un premier pas sur « la voie de la justice », mais l’a jugé « tardif » et insuffisant. Elle demande une accusation d’homicide volontaire avec préméditation et l’arrestation des trois autres agents impliqués dans le drame, qui ont immédiatement été congédiés, comme Derek Chauvin, mais ne font encore l’objet d’aucune poursuite.