New York s’enfonce dans la crise

Le virus n’épargne personne, pas même les employés du service de transport en commun dont 41 sont morts dans les derniers jours et près de 6000 sont désormais malades et ont été placés en isolement.
Photo: Angela Weiss Agence France-Presse Le virus n’épargne personne, pas même les employés du service de transport en commun dont 41 sont morts dans les derniers jours et près de 6000 sont désormais malades et ont été placés en isolement.

Le pire a été qualifié d’« épouvantable ». Mercredi, l’État de New York, épicentre de la pandémie de coronavirus aux États-Unis, a enregistré son plus haut volume de décès quotidien depuis le début de la crise avec 779 morts, soit 48 de plus que la veille.

Ce bilan a porté le total des vies perdues dans l’État sous l’effet de la COVID-19 à 6268, ce qui représente plus du double du nombre de victimes des attentats du 11 septembre 2001, a souligné le gouverneur de l’État, Andrew Cuomo, lors de son point de presse quotidien. « J’ai vécu le 11 septembre et je pensais que jamais plus je ne verrais quelque chose d’aussi triste et d’aussi tragique dans ma vie », a-t-il dit tout en insistant sur le fait que les « mauvaises nouvelles » du jour n’étaient « pas juste mauvaises. Les mauvaises nouvelles sont épouvantables ».

Malgré un taux d’hospitalisation qui diminue, New York reste durement touchée par la propagation du coronavirus et les autorités ont annoncé mercredi que le nombre de décès pouvait encore continuer à grimper quotidiennement avant d’atteindre un plateau.

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Dans la principale ville de l’État, le virus n’épargne personne, pas même les employés du service de transport en commun dont 41 sont morts dans les derniers jours et près de 6000 sont désormais malades et ont été placés en isolement. La situation préoccupe d’ailleurs le maire de la ville, Bill de Blasio puisque cela occasionne des retards et des annulations de service sur un réseau crucial qui sert aussi à transporter le personnel médical vers les hôpitaux où la crise sanitaire se concentre.

J’ai vécu le 11 septembre et je pensais que jamais plus je ne verrais quelque chose d’aussi triste et d’aussi tragique dans ma vie

 

Alors que les États-Unis sont entrés dans une de leurs pires semaines de la pandémie, avec presque 14 700 morts enregistrés en début de soirée mercredi, soit autant que l’Espagne, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé sans le nommer le président américain à « mettre en quarantaine » sa politisation de la COVID-19. « C’est la façon dont nous allons remporter la victoire », a dit Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Le grand patron de l’organisme a répondu ainsi aux attaques de Donald Trump qui, mardi, lors de son point de presse quotidien, a fait de l’OMS son nouveau bouc émissaire pour ne pas avoir à assumer l’ampleur de la crise dans son pays, comme il le fait depuis le début de la crise.

« Ils ont mal réagi. Ils ont mal réagi. Ils ont vraiment manqué leur coup », a dit le président américain en accusant l’OMS d’avoir été lente et molle dans la riposte préconisée pour affronter la pandémie. Il a également menacé de mettre fin à la contribution de 400 millions de dollars des États-Unis dans le fonctionnement de l’organisation internationale. « Nous allons retenir cet argent dépensé […] et nous allons voir », a-t-il dit.

Le directeur de l’OMS a appelé à la solidarité internationale et souligné que la recherche de coupables, à des fins politiques, était un jeu dangereux qui pouvait conduire à la production de « beaucoup plus de sacs mortuaires ». « Nous ne devons pas perdre du temps à pointer des coupables du doigt. Nous avons plutôt besoin d’unité, a-t-il dit. Le virus profite des failles qu’il y a autant à l’échelle nationale que mondiale. »