New York ferme à son tour ses écoles publiques

Les quelque 1800 écoles publiques de New York sont fréquentées par plus de 1,1 million d’élèves.
Photo: Dia Dipasupil / Getty Images / Agence France-Presse Les quelque 1800 écoles publiques de New York sont fréquentées par plus de 1,1 million d’élèves.

Il résistait aux pressions depuis des jours, mais s’est finalement résigné : le maire de New York a annoncé dimanche la fermeture dès lundi des écoles publiques new-yorkaises, ajoutant 1,1 million d’élèves au nombre d’enfants déjà privés d’école par l’épidémie de coronavirus.

« J’ai le regret d’annoncer qu’à compter de demain, nos écoles publiques seront fermées », a déclaré Bill de Blasio lors d’un point presse. Les écoles rouvriront « au plus tôt le 20 avril », a-t-il ajouté, en n’excluant pas qu’elles puissent rester fermées jusqu’à la fin de l’année scolaire.

Depuis 48 heures, la pression sur le maire de la première métropole américaine — dont le nombre de cas confirmés du coronavirus augmente rapidement et atteignait dimanche 329 cas — ne cessait de monter, venant de nombreux parents, enseignants et de responsables d’hôpitaux de la ville.

Le principal syndicat d’enseignants, l’UFT, l’avait traité d’« irresponsable », appelant les parents à inonder d’appels un numéro vert de la ville.

Le président de son conseil municipal, Corey Johnson, le suppliait d’annoncer la fermeture du district scolaire, le plus gros des États-Unis avec près de 1800 écoles, à l’image des mesures prises en Italie ou en France.

La pression était d’autant plus forte que de nombreux autres districts scolaires, y compris ceux de Los Angeles, Seattle ou Washington, représentant des millions d’élèves, avaient déjà pris cette mesure, tout comme la quasi-totalité des écoles privées new-yorkaises.

Conséquences négatives

Mais le maire répétait qu’une fermeture aurait des effets en cascade pires encore que le risque d’une contamination via les enfants, redoutant clairement une paralysie de « la ville qui ne dort jamais » et de ses 8,5 millions d’habitants.

« Il y a beaucoup de conséquences négatives », déclarait encore l’édile démocrate dimanche matin, en indiquant avoir reçu beaucoup de messages de parents lui demandant de maintenir les écoles ouvertes.

« J’explique aux New-Yorkais qu’il y a trois piliers qui définissent la civilisation à New York — écoles, transports en commun et hôpitaux — et ces trois choses, à mon avis, il faut qu’elles continuent à fonctionner », expliquait-il.

« Si vous n’avez plus de transports en commun, les professionnels de santé, le personnel de secours, beaucoup d’entre eux ne vont plus pouvoir aller là où elles doivent aller. Si vous n’avez plus d’écoles, beaucoup de gens dont nous avons besoin ne vont plus pouvoir travailler s’ils doivent s’occuper de leurs enfants ».

Ce partisan de Bernie Sanders avait aussi souligné le fait que des milliers d’enfants de familles pauvres dépendaient des écoles pour pouvoir manger le midi, et que beaucoup n’avaient pas accès à Internet.

Mais sa position devenait de plus en plus intenable, surtout après qu’un syndicat d’employés du secteur de la santé, initialement opposé à une fermeture, eut changé d’avis et appelé lui aussi à fermer les écoles.

Le gouverneur de l’État de New York, Andrew Cuomo, après avoir lui aussi longtemps rechigné à cette mesure, ne lui a plus laissé le choix dimanche après-midi : il a donné l’ordre au maire de trouver sous 24 heures une solution pour fournir des repas aux enfants qui en auraient besoin et de permettre aux parents du secteur de la santé de continuer à travailler, pour mettre en place la fermeture des écoles dans la foulée.

Les écoles s’attaqueront dès lundi au « défi » de l’enseignement en ligne, a précisé dimanche M. De Blasio, en soulignant que les choses « s’amélioreraient progressivement ».

Après avoir interdit les rassemblements de plus de 500 personnes, fermé les théâtres de Broadway, appelé les habitants à passer au télétravail, les autorités vont-elles museler plus encore l’activité d’une métropole qui, depuis les attentats du 11 septembre 2001, est un symbole de résilience face aux crises les plus graves ?

Il ne faudrait « laisser ouverts que les commerces essentiels comme les supermarchés, les supérettes, les pharmacies et les banques, et les restaurants qui peuvent livrer à domicile », a déclaré dimanche Corey Johnson, candidat pressenti à la succession de M. De Blasio.