Le gouvernement Trump s'attaque au «tourisme de maternité»

<p>Selon une étude du Center for Immigration Studies, 33 000 naissances ont été le fruit du «tourisme de maternité» entre mi-2016 et mi-2017 aux États-Unis.</p>
Photo: Tim Sloan Agence France-Presse

Selon une étude du Center for Immigration Studies, 33 000 naissances ont été le fruit du «tourisme de maternité» entre mi-2016 et mi-2017 aux États-Unis.

Donald Trump a ouvert jeudi un nouveau front dans son combat contre l’immigration en s’attaquant au « tourisme de maternité », c’est-à-dire à ces femmes enceintes soupçonnées de se rendre aux États-Unis pour que leur enfant y bénéficie automatiquement de la nationalité américaine à la naissance.

Cette pratique controversée, qui vise à tirer profit du droit du sol très extensif en vigueur selon la loi américaine, était déjà dans le viseur des autorités. Et notamment des forces de l’ordre, qui ont démantelé plusieurs réseaux clandestins accusés de monnayer l’accouchement sur le sol américain. Le gouvernement Trump a quant à lui décidé de donner un tour de vis à l’octroi de visas.

À compter de vendredi, « le département d’État ne délivrera plus de visas de visite temporaire aux étrangers qui veulent entrer aux États-Unis pour du “tourisme de maternité” », a annoncé jeudi la Maison-Blanche dans un communiqué.

Les nouvelles règles visent clairement les femmes qui « se rendent aux États-Unis pour que, en donnant naissance sur le sol américain, leur enfant obtienne automatiquement et de manière permanente la nationalité américaine ».

Selon le texte, il revient désormais aux agents des consulats américains à travers le monde de « refuser un visa B » pour affaires ou loisirs s’ils ont « une raison de croire » que la personne qui en fait la demande veut en réalité uniquement donner naissance à son enfant pendant son séjour.

Comment ? Concrètement, cette mesure risque de s’avérer difficile à mettre en oeuvre.

Face aux soupçons de refus arbitraires qui pourraient se multiplier, un responsable du département d’État américain a assuré jeudi que les agents consulaires avaient « reçu la consigne de ne pas demander à toutes les femmes demandant un visa si elles sont enceintes ou entendent tomber enceintes ». De la même manière, ils « ne seront pas autorisés à réclamer un test de grossesse ».

Ce responsable a reconnu que le phénomène était difficile à chiffrer, évoquant « des milliers d’enfants » nés chaque année de femmes venues grâce à un visa B. Mais il a affirmé que la tendance était à la hausse.

Selon une étude du Center for Immigration Studies, 33 000 naissances ont été le résultant de ce « tourisme de maternité » entre mi-2016 et mi-2017 — sur un nombre total de 3,8 millions de naissances annuelles aux États-Unis.

Ce cercle de réflexion, qui plaide pour une réduction du nombre de migrants, ne relève pas d’augmentation au cours des dernières années.

La Maison-Blanche a invoqué la « sécurité nationale » pour justifier le changement réglementaire, qui « va permettre de combattre ces abus endémiques et en fin de compte protéger les États-Unis ». Elle a aussi expliqué que cette « industrie du tourisme de maternité » alimentait « les activités criminelles ».

Certains opérateurs font payer jusqu’à 100 000 $, avance le département d’État.