Greta Thunberg devant la Maison-Blanche

Aucune rencontre entre Greta Thunberg et le président Donald Trump, ou ses collaborateurs, n’aura lieu.
Photo: Nicholas Kamm Agence France-Presse Aucune rencontre entre Greta Thunberg et le président Donald Trump, ou ses collaborateurs, n’aura lieu.

La jeune militante écologiste suédoise Greta Thunberg était attendue devant la Maison-Blanche vendredi, à l’extérieur des grilles, pour une manifestation lançant plusieurs semaines de mobilisation sur le climat aux États-Unis et à l’ONU. Aucune rencontre avec le président Donald Trump, ou ses collaborateurs, n’aura lieu.

La jeune fille de 16 ans n’est pas aussi connue aux États-Unis qu’en Europe, mais sa venue à Washington, pendant six jours, sera néanmoins marquée par plusieurs honneurs, avec un prix remis par Amnesty lundi et une audition au Congrès américain le 18 septembre, à l’invitation d’élus démocrates. Sans compter un honneur plus médiatique : son apparition mercredi sur le plateau de l’émission The Daily Show à New York, lors de laquelle elle a de nouveau appelé les jeunes à se mobiliser pour stopper le réchauffement du climat de la Terre, faute d’action de la part des responsables politiques plus âgés. « Pour nous, la menace est directe, mais on a l’impression que les autres se disent : « je serai mort de toute façon, alors à quoi bon ? »» a expliqué la Suédoise dans cette interview.

Elle est arrivée aux États-Unis le 28 août, à bord d’un voilier zéro-carbone. Greta Thunberg a commencé sa grève de l’école chez elle à Stockholm en août 2018 et donné naissance à un mouvement mondial de jeunes qui sèchent occasionnellement les cours, le vendredi, pour interpeller l’opinion sur l’urgence de l’action climatique.

Pour la prochaine grande « grève de l’école pour le climat », le 20 septembre, la ville de New York a donné sa bénédiction aux élèves de ses 1700 écoles qui voudront participer. « Nous applaudissons nos élèves quand ils prennent la parole de façon respectueuse et pacifique, sur des sujets qui leur tiennent à coeur », a dit l’administration jeudi, indiquant qu’elle encouragerait les discussions à l’école sur le changement climatique et l’importance de participer au débat public.

Les Américains sont 38 % à juger que le changement climatique est une « crise », et 38 % que c’est « un problème majeur mais pas une crise », selon un sondage publié vendredi par le Washington Post. La moitié des Américains estiment qu’il leur faudra faire « des sacrifices mineurs », selon cette enquête.

Le gouvernement Trump est sourd à ces inquiétudes. L’administration a annoncé de multiples déréglementations depuis 2017, sur les normes antipollution des véhicules, sur les centrales au charbon, sur les forages pétroliers en mer ou en Alaska, sur la protection des cours d’eau, voire sur le maintien en vie des ampoules à incandescence, très gourmandes en électricité. Toutes ces déréglementations ne sont pas encore entrées en vigueur, mais la trajectoire correspond à un virage à 180 degrés par rapport aux années Obama.

La position américaine sera sans doute dénoncée au cours des prochaines semaines lors de réunions importantes à l’ONU à New York. Mais ce ne sera pas la seule, les engagements environnementaux d’à peu près tous les pays étant jugés insuffisants par les experts du climat.

Un sommet de la jeunesse pour le climat aura lieu au siège des Nations unies le 21 septembre, suivi par un sommet climat convoqué par le secrétaire général le 23 septembre pour recueillir les engagements renforcés des pays pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, dans le cadre de l’Accord de Paris.

Pendant toute cette période, Greta Thunberg sera omniprésente, dans la rue et sans doute parmi les chefs d’État et de gouvernement, ces leaders plus âgés qui n’ont jamais semblé l’impressionner.