Plus facile d’expulser des clandestins aux États-Unis

Une manifestation en opposition aux politiques migratoires du gouvernement Trump se déroulait mardi à l’extérieur de l’hôtel Marriott Marquis de Chicago, en Illinois, où se déroulait le symposium annuel du service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis.
Photo: Scott Olson Getty Images / AFP Une manifestation en opposition aux politiques migratoires du gouvernement Trump se déroulait mardi à l’extérieur de l’hôtel Marriott Marquis de Chicago, en Illinois, où se déroulait le symposium annuel du service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis.

Le gouvernement américain a assoupli mardi les règles d’expulsion rapide de clandestins, permettant désormais à la police de renvoyer sans passer devant un juge ceux étant entrés illégalement aux États-Unis depuis deux ans.

Cette modification de la Loi sur l’immigration et la nationalité « est un outil supplémentaire » pour « affronter la crise sécuritaire et humanitaire actuelle à la frontière sud-ouest et dans le pays », a expliqué Kevin McAleenan, secrétaire par intérim de la Sécurité intérieure (DHS), dans un communiqué.

Elle « fait bien comprendre que, si vous n’avez pas l’autorisation légale d’être ici, nous vous expulserons », a-t-il ajouté.

Cette mesure, entrée en application après sa parution au Journal officiel, étend de quatorze jours à deux ans la période de séjour illégal pendant laquelle un sans-papiers peut être expulsé sans avoir à comparaître devant un juge de l’immigration.

Jusqu’ici, un immigré clandestin pouvait être expulsé directement s’il était arrêté dans les deux semaines après son arrivée sur le territoire.

Elle étend également les expulsions rapides au pays entier, alors qu’elles étaient auparavant limitées à une zone de 100 miles (161 km) à vol d’oiseau depuis les frontières terrestres américaines.

Selon le site TracImmigration, qui surveille l’activité des tribunaux de l’immigration, un clandestin doit actuellement attendre 713 jours en moyenne, soit près de deux ans, pour comparaître devant un juge, qui décide éventuellement de son expulsion. Près d’un million de dossiers sont en souffrance.

Selon le centre de recherche Pew, 10,5 millions de personnes vivaient illégalement aux États-Unis en 2017. Près des deux tiers y étaient installés depuis plus de dix ans.

 
10,5 millions
C’est le nombre de personnes qui vivaient illégalement aux États-Unis en 2017, selon le centre de recherche Pew

Par ailleurs, les gouvernements mexicain et américain se réuniront dans 45 jours à Washington pour évaluer à nouveau les efforts du Mexique dans la lutte contre l’immigration illégale à la frontière sud des États-Unis, a annoncé lundi le chef de la diplomatie mexicaine, Marcelo Ebrard.

« Nous avons une baisse du flux migratoire [vers les États-Unis] d’environ 36,2 % [au cours des 45 premiers jours] […] Nous avons décidé de nous réunir à Washington dans 45 jours. Nous allons poursuivre notre effort », a déclaré Marcelo Ebrard lors de la conférence de presse quotidienne du président mexicain, Andres Manuel Lopez Obrador.

La première période de 45 jours prévue dans l’accord sur l’immigration conclu le 7 juin entre Washington et Mexico prenait fin lundi.

Le département d’État n’a pas confirmé de rendez-vous pour le 5 septembre, lorsque la période de 90 jours arrivera à échéance.