Rapport Mueller: le bras de fer entre Trump et les démocrates se durcit

La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi
Photo: Mark Wilson Agence France-Presse La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi

Le ministre américain de la Justice, Bill Barr, ne s’est pas rendu jeudi à une audition parlementaire sur sa gestion du rapport d’enquête sur les ingérences russes dans la présidentielle de 2016, indignant les démocrates qui ont promis de poursuivre le bras de fer.

Devant une chaise vide au nom de Bill Barr, le président démocrate de la commission judiciaire de la Chambre des représentants, Jerry Nadler, a accusé le président républicain Donald Trump de vouloir, en ignorant les convocations et injonctions parlementaires, empêcher le Congrès de jouer son rôle de contre-pouvoir.

« C’est le système même de gouvernance, de limitation des pouvoirs, le système permettant de ne pas avoir un dictateur au lieu d’un président, qui est en jeu », a tonné Jerry Nadler.

Les républicains eux ont dénoncé une « mascarade », rappelant que le ministre avait accepté volontairement de témoigner sur sa gestion du rapport d’enquête du procureur spécial Robert Mueller, mais qu’il s’était rétracté lorsque les démocrates ont réclamé qu’il réponde aux questions des juristes de la commission, en plus de ses membres élus.

Bill Barr s’est bien rendu mercredi à une longue audition au Sénat, contrôlé par les républicains, sur ce même sujet.

Dans une nouvelle escalade, la présidente démocrate de la Chambre, Nancy Pelosi, a plus tard accusé le ministre d’avoir « menti au Congrès » sur ses échanges avec Robert Mueller. « Si toute autre personne le faisait, cela serait considéré comme un délit », a-t-elle souligné, tout en laissant à la commission le choix de la marche à suivre.

Une accusation « sans fondements » et « irresponsable », a réagi le ministère de la Justice.

Les démocrates sont également furieux que le ministre refuse de livrer à la commission une version non-expurgée du rapport Mueller, publié avec des passages masqués le 18 avril. Le ministre insiste sur le fait qu’il leur a proposé de consulter une version intermédiaire, ce qu’ils ont refusé.

Jerry Nadler a dit vouloir tenter de parvenir à un accord sur tous ces points d’ici lundi au plus tard, sans quoi la commission pourrait déclencher une rare procédure d’outrage au Congrès contre le ministre, qui risquerait alors des sanctions.

Forts de leur majorité à la Chambre depuis janvier, les démocrates ont multiplié les enquêtes parlementaires visant Donald Trump mais leurs chefs écartent encore la perspective d’une procédure de destitution.

Le milliardaire républicain a promis de se battre contre les multiples injonctions destinées à le « harceler ».