Une discrimination basée sur le sexe?

Le plus haut tribunal américain a retenu trois dossiers de licenciements contestés, concernant deux homosexuels et une femme transgenre, qui seront examinés à l’automne pour une décision en 2020.
Photo: Eric Baradat Agence France-Presse Le plus haut tribunal américain a retenu trois dossiers de licenciements contestés, concernant deux homosexuels et une femme transgenre, qui seront examinés à l’automne pour une décision en 2020.

La Cour suprême des États-Unis s’est saisie lundi du dossier des discriminations contre les homosexuels et les personnes transgenres, à qui le gouvernement de Donald Trump ne souhaite pas élargir les protections applicables aux femmes dans le monde du travail.

Le plus haut tribunal américain a retenu trois dossiers de licenciements contestés, concernant deux homosexuels et une femme transgenre, qui seront examinés à l’automne pour une décision en 2020. La Cour suprême devra répondre à une question simple qui fait l’objet d’un vif débat politique : la loi fédérale de 1964 qui interdit les discriminations « sur la base du sexe », entre autres, s’applique-t-elle à l’orientation et à l’identité sexuelle ?

Le gouvernement démocrate de Barack Obama soutenait une interprétation large du dispositif de 1964, mais le gouvernement de son successeur républicain a pris le contrepied. En l’absence de directive claire, les tribunaux rendent des décisions contradictoires.

Ainsi, Donald Zarda, un moniteur de parachutisme gai de New York a gagné en justice après son renvoi, tandis que le travailleur social Gerald Lynn Bostock a perdu dans une affaire comparable en Géorgie. Leurs dossiers seront examinés lors de la même audience, a décidé la Cour suprême, où les juges conservateurs sont majoritaires depuis l’arrivée de deux magistrats nommés par le président Trump.

La Cour s’est également saisie du dossier d’Aimee Stephens, qui a été mise à la porte d’une société de services funéraire de Détroit après s’être affirmée comme étant une femme. Thomas Rost, propriétaire de Harris Homes, a saisi la Cour suprême pour annuler cette décision. Celui qui se décrit comme un « chrétien fervent » a invoqué dans son recours « sa liberté de conscience », mais aussi la nécessité « d’éviter tout ce qui peut déranger ses clients dans leur travail de deuil ».

« Ce qui m’est arrivé m’a fait beaucoup de mal ainsi qu’à ma famille, a confié Aimee Stephens. J’espère que la Cour suprême va confirmer qu’ils ont eu tort de me licencier parce que je suis transgenre. »