Le nord du Midwest américain pétrifié par un froid extrême

Les rives du lac Michigan sont recouvertes d’une brume provoquée par la différence de température entre l’air et l’eau.
Photo: Joshua Lott Agence France-Presse Les rives du lac Michigan sont recouvertes d’une brume provoquée par la différence de température entre l’air et l’eau.

Des millions d’Américains continuaient jeudi à subir des températures polaires dans le nord des États-Unis, forçant les autorités à fermer les écoles, à suspendre avions ou trains et à ouvrir des centres d’accueil d’urgence pour les plus vulnérables.

Cette brutale vague de froid, provoquée par un vent polaire venu de l’Arctique, a causé la mort d’au moins huit personnes, selon les médias américains. Les températures ressenties ont chuté encore plus bas que -45 dans le Midwest septentrional.

La poste américaine, le US Postal Service, a indiqué continuer à suspendre sa distribution de courrier jeudi dans plusieurs États.

Face à cette « masse d’air arctique sans précédent », affectant quelque 60 millions de personnes, les populations touchées sont encouragées à rester à l’abri chez elles.

Dans la région des Grands Lacs, ces conditions météorologiques inhabituelles ont provoqué des phénomènes naturels surprenants. Des blocs de glace ont envahi les canaux de la ville et les rives du lac Michigan gelées, baignant sous le soleil et recouvertes d’une brume provoquée par la différence de température entre l’air et l’eau. Des parties des chutes du Niagara étaient même gelées.

À Chicago, la troisième ville du pays, surnommée la Ville des vents, il a fait mercredi jusqu’à -30 °C en matinée et -26 °C dans l’après-midi. Les températures les plus basses étaient attendues dans les premières heures de la journée jeudi.

Un froid historique

« Nous avons affaire à un froid historique, de toute évidence », a jugé le maire de Chicago, Rahm Emanuel, lors d’une conférence de presse mercredi soir.

« Les températures mettent les vies en danger et nous devons agir en conséquence », a-t-il souligné.

« Il y a le froid, et il y a LE FROID ! », ont mis en garde les services météorologiques : « Un FROID extrême et dangereux. »

« Je me sens presque comme de la glace, je ne peux plus sentir ma peau », a affirmé à l’AFP Leon Gilbert, 31 ans, qui travaille dans un café du centre-ville déserté par la population.

Pour se protéger du vent glacial, les résidents devant sortir se couvraient les yeux avec des masques de ski.

Sur ordre de la gouverneure du Michigan, Gretchen Whitmer, les bureaux gouvernementaux de l’État sont fermés jusqu’à vendredi et les fonctionnaires considérés comme non essentiels sont restés chez eux. Les écoles ont également fermé, alors que le mercure devait rester entre -30 °C et -40 °C jeudi, selon le NWS.

Les transports perturbés

Les employés des chemins de fer de Chicago ont enflammé les rails pour éviter qu’ils ne gèlent et soient impraticables.

Tous les trains urbains Metra Electric étaient à l’arrêt mercredi et jeudi, selon la société de transport.

« Il y a eu de multiples problèmes avec les câbles [d’alimentation], notamment à cause de la rétractation du métal en raison des conditions climatiques extrêmes », a expliqué la porte-parole de Metra, cité par la presse.

Le trafic aérien est également perturbé. Des milliers de vols intérieurs, en provenance ou à destination des États-Unis, ont été annulés.

« Je reste jusqu’à ce qu’on me laisse partir, car tous mes vols ont été annulés », plaisantait Brandon Robinson, qui a dû passer une journée supplémentaire dans un hôtel du centre de Chicago.

Mesures d’urgence

La mairie a lancé sur Twitter le mot-clic #StayWarmChicago pour décourager la population de sortir.

Plus de 270 « centres de réchauffement » ont été mis en place dans des bâtiments fédéraux, des centres sociaux, des bibliothèques et même des commissariats de police pour ceux ayant besoin d’un endroit chaud, notamment les quelque 16 000 sans-abri de la ville.

Le service de réservation de voitures avec chauffeur Lyft a également offert des courses, jusqu’à hauteur de 15 $, pour les clients souhaitant rejoindre ces centres pour se protéger du froid.

À Minneapolis et dans sa « ville jumelle » Saint-Paul, de nombreux abris devaient rester ouverts 24 heures par jour.

Le redoux est prévu dans ces régions pour la fin de semaine tandis que la vague de froid se dirige vers la côte atlantique. Une chute des températures et des bourrasques de neige étaient ainsi attendues en Pennsylvanie et dans le Maine.