La sénatrice démocrate Kamala Harris se porte candidate à la Maison-Blanche

La sénatrice américaine Kamala Harris a annoncé lundi sa candidature à l’élection présidentielle de 2020.
Photo: Barbara Davidson Archives Getty Images/AFP La sénatrice américaine Kamala Harris a annoncé lundi sa candidature à l’élection présidentielle de 2020.

La sénatrice américaine Kamala Harris a annoncé lundi sa candidature à l’élection présidentielle de 2020, rejoignant le groupe croissant des prétendants démocrates souhaitant empêcher Donald Trump d’accéder à un second mandat.

« Le futur de notre pays dépend de vous et de millions d’autres personnes élevant nos voix pour défendre les valeurs américaines », a-t-elle déclaré dans une vidéo postée sur Twitter. « C’est pourquoi je suis candidate pour devenir présidente des États-Unis. »

   

La sénatrice de 54 ans a choisi un jour férié aux États-Unis, célébrant l’anniversaire de la naissance de Martin Luther King, pour faire cette annonce — tout un symbole pour cette fille d’immigrés dont les parents ont participé au mouvement des droits civiques.

Si elle arrive à ses fins — au terme d’un long chemin semé d’embûches au cours duquel elle devra notamment remporter les primaires démocrates —, elle serait la première femme présidente des États-Unis, mais aussi la première Noire.

Ce ne serait pas la première fois qu’elle décrocherait un titre de pionnière.

Après deux mandats de procureure de San Francisco (2004-2011), elle a été élue deux fois procureure de Californie (2011-2017), devenant alors la première femme, mais aussi la première personne noire, à diriger les services judiciaires de ce grand État.

Elle a ensuite décroché son premier mandat de sénatrice le jour de la victoire de Donald Trump. En prêtant serment à Washington en janvier 2017, elle est la première femme originaire d’Asie du Sud — du fait des origines tamoules de sa mère — et seulement la seconde sénatrice noire dans l’histoire américaine.

Kamala Harris est notamment connue pour ses interrogatoires serrés, au ton parfois dur, lors d’auditions sous haute tension, comme celle du candidat conservateur controversé à la Cour suprême Brett Kavanaugh en 2018.

Un père jamaïcain, une mère indienne

Dans sa nouvelle biographie, The Truths We Hold. An American Journey (Les vérités que nous portons, un voyage américain, sortie le 8 janvier), ses mots rassembleurs donnent le ton à l’heure où l’Amérique est divisée par la présidence de Donald Trump.

Kamala Harris a grandi à Oakland, dans la Californie progressiste des années 1960. Elle parle de son père jamaïcain, Donald, « un économiste respecté », et de sa mère arrivée d’Inde à 19 ans pour étudier, puis devenue « une chercheuse admirée sur le cancer ».

Après la séparation de ses parents lorsqu’elle avait environ cinq ans, Kamala Harris a été élevée par sa mère avec sa soeur cadette, Maya, devenue avocate et conseillère de Hillary Clinton lors de sa campagne présidentielle en 2016.

Une enfance « heureuse », avec l’accent mis sur l’éducation, aime-t-elle à répéter.

La sénatrice est mariée depuis août 2014 à un avocat père de deux enfants.

Des démocrates sur la ligne de départ

À 22 mois des élections présidentielles, plusieurs candidats sont déjà entrés en lice côté démocrate.

La sénatrice Elizabeth Warren, féroce critique de Donald Trump et pourfendeuse de Wall Street, avait donné le coup d’envoi avec le lancement d’un comité exploratoire fin décembre.

Son annonce avait été suivie de celles de l’ancien maire de San Antonio et ex-ministre de Barack Obama, Julian Castro, de Kirsten Gillibrand, pilier du mouvement #MeToo, ou encore d’une jeune élue du Congrès américain et ex-militaire, Tulsi Gabbard.

D’autres candidats sont pressentis, comme Bernie Sanders, candidat malheureux en 2016 face à Hillary Clinton, le quadragénaire charismatique Beto O’Rourke, le sénateur Cory Booker ou encore l’ancien vice-président de Barack Obama, Joe Biden, ainsi que le milliardaire Michael Bloomberg.