L’enquête du FBI sur l’ingérence russe visait initialement quatre Américains

L’ancien directeur du FBI, James Comey
Photo: Alex Edelman Agence France-Presse L’ancien directeur du FBI, James Comey

L’enquête de contre-espionnage menée par le FBI sur des liens potentiels entre la campagne Trump et la Russie visait initialement quatre Américains et leur lien avec les tentatives russes pour s’immiscer dans l’élection présidentielle de 2016, a indiqué l’ancien directeur du FBI, James Comey au comité judiciaire de la Chambre des représentants lors d’une audience à huis clos.

M. Comey n’a pas identifié les personnes visées, mais a déclaré que le président Donald Trump, alors candidat républicain, n’en faisait pas partie.

Le comité judiciaire de la Chambre a publié samedi une transcription du témoignage de M. Comey, 24 heures à peine après l’avoir questionné sur ses décisions relatives aux enquêtes sur l’utilisation de la messagerie de la candidate démocrate Hillary Clinton et les liens potentiels entre l’organisation de Donald Trump et la Russie.

L’enquête sur l’ingérence russe a été confiée au procureur extraordinaire Robert Mueller. Celui-ci a évité de répondre directement aux questions liées à cette investigation, refusant notamment de dire si son congédiement par le président en mai 2017 constituait un obstacle à la justice.

Toujours dominé par les républicains — du moins jusqu’à l’arrivée des nouveaux élus issus des élections de novembre — le comité a posé des questions à M. Comey sur les décisions du FBI en 2016, l’année où le corps policier a recommandé de ne pas engager des poursuites contre Mme Clinton et ouvert une enquête sur l’ingérence de la Russie dans les élections.

L’interrogatoire a porté en grande partie sur des éléments issus du rapport de l’inspecteur général du ministère de la Justice, du livre publié par Robert Comey et d’autres témoignages publics devant le Congrès. L’ancien directeur du FBI en a profité pour dénoncer publiquement les critiques véhémentes du président contre le système judiciaire américain. « Nous sommes devenus insensibles aux mensonges et aux atteintes à la primauté du droit par le président », a-t-il déclaré.

M. Comey a aussi rejeté une suggestion du président voulant que ceux qui retournent leurs vestes et coopèrent avec les enquêteurs soient des criminels.

« C’est une idée choquante émanant de tout haut responsable, du président, par-dessus tout. [Cette collaboration] est un élément essentiel et légitime de l’ensemble du système de justice aux États-Unis. »

L’enquête sur l’ingérence russe a été entreprise en juillet 2016. Le FBI s’est penché sur « quatre Américains qui avaient des liens avec M. Trump au cours de l’été 2016 » pour voir s’ils étaient liés « aux efforts russes ».

Il a réitéré que l’enquête n’avait pas été déclenchée à la suite d’une étude financée par le gouvernement de Barack Obama, mais à la suite des contacts entre un ancien conseiller en politique étrangère de Donald Trump, George Papadopoulos, et un intermédiaire pendant la campagne, ce que contestent les républicains.

Les motifs de l’enquête sont « des renseignements reçus [par le FBI] concernant une conversation entre un conseiller en politique étrangère de M. Trump et un ressortissant londonien au sujet de courriels obtenus par les Russes pouvant nuire à Hillary Clinton », a raconté M. Comey.

Papadopoulos a été libéré vendredi après avoir purgé une courte peine d’emprisonnement pour avoir menti au FBI à ce sujet.

« Le dossier Steele a été porté à notre attention des semaines ou des mois plus tard », a souligné M. Comey.

Il a ajouté que Barack Obama ne lui avait jamais ordonné de surveiller ou d’infiltrer l’organisation de Donald Trump.

L’ancien directeur du FBI a aussi dit qu’au moment de son congédiement, les enquêteurs n’étaient pas encore parvenus à tirer une conclusion sur une possible collusion entre l’organisation Trump et la Russie.

Selon lui, le FBI se remettra des attaques constantes du président.

« Le FBI se portera bien. Il s’en sortira, comme le reste de nos institutions, a soutenu. Il y aura des dommages à court terme, ce qui m’inquiète beaucoup, mais à long terme, aucun politicien, aucun président ne peut, de manière durable, nuire à ces institutions. »