Dernière ligne droite électorale sous tension aux États-Unis

Le président américain, Donald Trump, a poursuivi sa tournée des États-Unis dimanche pour empêcher une victoire démocrate aux élections de mi-mandat mardi. 
Photo: Nicholas Kamm Agence France-Presse Le président américain, Donald Trump, a poursuivi sa tournée des États-Unis dimanche pour empêcher une victoire démocrate aux élections de mi-mandat mardi. 

La tension politique était palpable aux États-Unis dimanche : deux jours avant les élections de mi-mandat, le président, Donald Trump, et son prédécesseur démocrate, Barack Obama, poursuivaient leur marathon électoral à travers le pays, dans l’espoir de mobiliser leurs troupes.

« C’est l’une des élections les plus importantes de notre vie. Pas aussi importante que 2016, mais presque », a martelé le président dimanche, de passage en Géorgie, pour soutenir le candidat républicain au poste de gouverneur.

Il faut dire qu’il y a beaucoup en jeu pour Donald Trump, alors que les élections de mi-mandat — une série de scrutins nationaux et locaux organisés deux ans après la présidentielle — font traditionnellement office de référendum sur l’occupant du Bureau ovale. Les citoyens américains devront ainsi élire mardi 435 représentants et 35 sénateurs au Congrès des États-Unis.

Si les républicains croient pouvoir garder la majorité des sièges au Sénat, où les scrutins ont surtout lieu dans des États conservateurs, ils craignent par contre de perdre le contrôle de la Chambre des représentants, au profit des démocrates. Les derniers sondages nationaux donnent en effet l’avantage aux démocrates, avec 50 % des intentions de vote contre 43 %, selon une enquête publiée dimanche par le Washington Post. Le dernier sondage CBS prévoit une courte majorité démocrate. Mais impossible de prédire l’issue du vote dans la soixantaine de circonscriptions réellement disputées.

Projets de loi

Or, perdre le contrôle du Congrès mettrait des bâtons dans les roues du gouvernement Trump. « Ça pourrait bloquer des projets de loi qui doivent être approuvés par les deux chambres. Les démocrates pourraient aussi déclencher des enquêtes sur les finances du président et de sa famille, ou donner un coup de pouce à l’enquête de Robert Mueller sur l’ingérence russe », explique Philippe Fournier, chercheur au Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CERIUM). Sans parler de la possibilité qu’une procédure de destitution contre Donald Trump soit lancée.

Conscient du danger, l’actuel président est monté au créneau pour mobiliser ses électeurs, organisant des rassemblements militants dans pas moins de huit États en seulement quatre jours (Floride, Ohio, Géorgie, Indiana, Missouri, Montana, Tennessee et Virginie occidentale).

D’une ville à l’autre, le milliardaire républicain a vanté les excellents chiffres de l’emploi et les baisses d’impôts adoptées en décembre 2017 par son gouvernement, avant de se lancer dans une description apocalyptique de la politique migratoire de ses adversaires.

Il a averti les Américains samedi qu’une victoire démocrate précipiterait l’arrivée de hordes de criminels venus d’Amérique centrale. « [Ils veulent] effacer les frontières et faire passer les clandestins avant les citoyens américains. »

Le départ de caravanes de quelques milliers de migrants d’Amérique centrale en direction des États-Unis — contre qui Donald Trump a envoyé des milliers de soldats à la frontière mexicaine — a été une « occasion inespérée » pour le président, lui permettant de renforcer son message. M. Trump a affirmé avoir eu des informations du Mexique indiquant que 300 d’entre eux sont « très mauvais ».

« Il a instrumentalisé cette crise humanitaire pour faire des gains politiques. Mais il n’a jamais dit un mot sur les changements climatiques, ou la violence et la pauvreté qui poussent ces personnes à quitter leur pays. Il n’a aucune compassion, aucune compréhension du réel problème », déplore Philippe Fournier du CERIUM.

Le chercheur fait remarquer que Donald Trump use ici de la même stratégie que lors de la présidentielle de 2016. « Il mise sur la division et la haine, en attisant la peur de l’autre, des immigrants, et blâme les démocrates de mettre en danger le pays en laissant les frontières ouvertes. »

Un pari risqué, puisqu’il court la possibilité « d’aliéner les républicains modérés au sein de son parti », mais surtout dangereux, car un tel discours mène à « un climat de violences et de tensions » aux États-Unis.

Les démocrates contre-attaquent

Face aux attaques incessantes de Donald Trump, les démocrates ont sorti la carte Barack Obama durant la campagne. Le retraité est sorti de sa réserve pour appuyer la campagne de sa famille politique. « Ces républicains mentent de façon flagrante, répétée, audacieuse, éhontée. Ils inventent n’importe quoi », a lancé l’ancien président dimanche devant des militants venus soutenir le candidat démocrate au Sénat dans l’Indiana.

« Nous, les démocrates, […] nous choisissons l’espoir plutôt que la peur, nous choisissions l’unité plutôt que la division, nous choisissions nos alliés plus que nos ennemis et nous choisissons la vérité plutôt que des mensonges », lançait la veille, dans un rassemblement de l’Ohio, l’ancien vice-président démocrate Joe Biden, également venu à la rescousse du parti durant la campagne.

L’opposition démocrate sait que les élections de mi-mandat sont souvent fatales au parti au pouvoir et compte sur un vote-sanction contre le président pour prendre le contrôle du Congrès — ou du moins d’une des chambres.

Encore faut-il convaincre les électeurs d’aller voter, car les statistiques montrent que les élections de mi-mandat peinent toujours à attirer les foules. Selon les services du recensement, seulement 41,9 % des électeurs avaient rempli leur devoir civique en 2014, contre 61,4 % en 2016, lorsque les élections au Congrès étaient couplées au scrutin présidentiel. Cette année, la participation pourrait toutefois battre des records en raison d’une forte mobilisation des opposants à Donald Trump, notamment les jeunes.

Lundi, ce sera donc la dernière ligne droite pour les deux camps. Donald Trump se rendra en Ohio, en Indiana et au Missouri. Le jour des élections, le président sera de retour à la Maison-Blanche, où il compte accorder des entrevues aux médias locaux tout en attendant patiemment les résultats du vote en soirée.

Avec l'Agence France-Presse

2 commentaires
  • Serge Ménard - Abonné 5 novembre 2018 10 h 07

    Vous y croyez vraiment, vous ?

    Après deux ans de mandat, le président Trump, dument et légalement élu, a redressé l’économie de son pays et supervisé une explosion des emplois et des salaires qui défie leurs normes historiques. La Corée du Nord, la Russie, la Chine et l'Iran sont sous contrôle et l’EI a perdu 99,7% de son territoire. Les accords commerciaux avec presque tous les principaux partenaires commerciaux ont été renégociés et rendus plus favorables pour le travailleur américain.

    Ce président livre ses promesses électorales avec un acharnement jamais vu ! Non, je ne vous croie pas ! Ma prédiction est que les américains vont voter selon leur portefeuille et leur sécurité.

  • Denis Paquette - Abonné 5 novembre 2018 15 h 46

    la paix dans le monde a-t-il déjà existée

    sommes nous en train d'oublier que le pouvoir est irrésistible et qu'a l'origine nous étions tous des bêtes féroce, , tres tôt et tres jeune n.'en avons nous pas pris conscience