Trump et Macron plaident pour un «nouvel» accord avec l’Iran

Le président français, Emmanuel Macron, et son homologue américain, Donald Trump, ont multiplié les embrassades et les poignées de main depuis lundi. 
Photo: Andrew Harnik Associated Press Le président français, Emmanuel Macron, et son homologue américain, Donald Trump, ont multiplié les embrassades et les poignées de main depuis lundi. 

Donald Trump et Emmanuel Macron ont évoqué mardi leur volonté d’aboutir à un « nouvel » accord avec l’Iran, constatant leur désaccord sur le texte existant sur le nucléaire, qui semble plus fragilisé que jamais.

Le président américain et son homologue français, qui a longuement insisté sur leur complicité, sont restés évasifs sur les contours et la portée de ces nouvelles négociations qu’ils appellent de leurs voeux mais qui devraient se heurter à la vive opposition de Téhéran.

« Nous souhaitons pouvoir désormais travailler sur un nouvel accord avec l’Iran », a lancé M. Macron, évoquant la possibilité que son homologue américain mette à exécution sa promesse de campagne de jeter aux orties ce texte visant à empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique.

« On ne déchire pas un accord pour aller vers nulle part, on construit un nouvel accord qui est plus large », a-t-il poursuivi, soulignant sa volonté d’aborder « tous les sujets de la région », dont la Syrie et les activités balistiques de Téhéran.

Le locataire de la Maison-Blanche, qui a réclamé un nouveau texte aux fondations « solides », a une nouvelle fois stigmatisé, lors d’une conférence de presse commune, l’accord « ridicule » conclu par son prédécesseur démocrate, Barack Obama.

« Nous verrons ce qui se passera après le 12 mai », a-t-il lâché, évoquant l’échéance à laquelle il prendra une décision sur le devenir de cet accord conclu en 2015 après des années d’âpres négociations entre l’Iran et le groupe 5+1 (Allemagne, Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie).

Surprenante complicité

Premier dirigeant étranger à effectuer une visite d’État aux États-Unis sous la présidence Trump, M. Macron a tout fait pour nouer une relation étroite avec un homologue dont la vision du monde est pourtant, à de nombreux égards, diamétralement opposée à la sienne.

Multipliant les embrassades et les poignées de main, les deux dirigeants, que plus de 30 ans séparent, ont multiplié les signes d’amitié depuis l’arrivée de M. Macron lundi à Washington.

« Ce sera un grand président pour la France, c’est ce que je prédis », a lancé M. Trump avant d’entrer dans le Bureau ovale.

En présence de son homologue français, le président américain a ouvertement regretté d’avoir l’Union européenne comme interlocuteur sur les questions économiques.

« La question des échanges avec la France est compliquée parce qu’il y a l’Union européenne. Je préférerais négocier seulement avec la France, a-t-il lancé. L’Union est très dure avec nous. Ils ont des barrières douanières qui sont inacceptables. »

Des pellicules

Mardi soir, un fastueux dîner d’État en l’honneur des Macron réunissait de nombreux invités à la Maison-Blanche, décorée pour l’occasion d’une forêt de branches de cerisier en fleurs. Le menu gastronomique, la somptueuse vaisselle, tout a été largement médiatisé.

Cette deuxième journée de la visite présidentielle française a donné lieu à une surprenante scène lorsque Donald Trump a entrepris, face aux caméras du monde entier, de… balayer des pellicules du costume de son invité. « Nous avons une relation très privilégiée, d’ailleurs je vais retirer ces quelques pellicules », a déclaré M. Trump en faisant mine d’essuyer l’épaule d’Emmanuel Macron, habillé d’un costume noir. « Nous devons le rendre impeccable, il est impeccable », a-t-il ajouté dans un sourire, au côté de M. Macron, quelque peu gêné d’une telle sollicitude.