Donald Trump clôt le Forum de Davos

Premier président américain à se rendre au Forum économique mondial depuis Bill Clinton, Donald Trump est attendu avec des sentiments partagés.
Photo: Fabrice Coffrini Agence France-Presse Premier président américain à se rendre au Forum économique mondial depuis Bill Clinton, Donald Trump est attendu avec des sentiments partagés.

Il veut se faire le VRP de « L’Amérique d’abord » et séduire une audience pourtant allergique à son programme protectionniste : Donald Trump clôt vendredi le Forum de Davos par un discours très attendu.
 

Toute la station de ski huppée spécule depuis mardi sur le message que va délivrer l’imprévisible président américain, lui qui souffle le chaud et le froid en permanence.


Par exemple sur l’immigration. La Maison-Blanche a par exemple annoncé jeudi, alors que la nuit était tombée depuis longtemps sur Davos, que son locataire ouvrait la voie à la naturalisation de 1,8 million de sans papiers.
 

Et, dans le même élan, qu’il allait demander un financement de 25 milliards de dollars au Congrès pour la construction d’un mur frontalier avec le Mexique.
 

« Si vous ne vous faites pas le VRP de votre entreprise ou de votre pays, ça ne marche pas », a dit Donald Trump, 71 ans, aux chefs d’entreprises européens avec lesquels il a dîné jeudi soir en marge du Forum économique mondial.
 

En 2017, ce grand rendez-vous des maîtres de la finance mondiale et des dirigeants politiques avait été frappé d’effroi par le discours très agressif de Donald Trump lors de sa cérémonie d’investiture.
 

Un an plus tard, le milliardaire républicain aura bien du mal à dissiper cette impression auprès d’une audience acquise au libre-échange et au multilatéralisme, des principes qu’il pourfend régulièrement.
 

« Le vrai message, c’est que nous voulons une grande prospérité et une grande paix » a dit Donald Trump jeudi. « Beaucoup reviennent aux États-Unis. Nous constatons d’énormes investissements ».
 

Face à lui, des p.-d.g. tels que Joe Kaeser (Siemens), Mark Tucker (HSBC) ou Patrick Pouyanné (Total), qui n’ont certainement rien à redire à la forte baisse des impôts sur les sociétés décidée aux États-Unis. Ni aux niveaux records de Wall Street.
 

Tous ont mis en avant lors du dîner leurs emplois et investissements aux États-Unis, tandis que le président américain, tout sourire, louait leurs succès économiques.
 

Hors de leur vue, l’ONG Greenpeace a elle accueilli Donald Trump à sa façon, projetant sur les montagnes enneigées des slogans l’apostrophant sur sa politique climatique ou ses diatribes contre les migrants.
 

Signaux contrastés
Le président américain et ses lieutenants ont donné des signaux contrastés depuis mardi, alors que Davos applaudissait des discours favorables au libre-échange, et débattait des pandémies, des droits des femmes, de l’intelligence artificielle.
 

Les États-Unis ont par exemple décidé de taxer certaines importations asiatiques tandis que le secrétaire au Commerce Wilbur Ross a déclaré que les « troupes américaines montaient au front » dans un contexte de « guerre commerciale ».
 

Dans ce contexte, Donald Trump a donc surpris beaucoup en monde en confiant à la chaîne CNBC être prêt à adhérer au partenariat transpacifique global et progressiste (CPTPP pour son acronyme en anglais) dont il avait pourtant claqué la porte il y a tout juste un an.
 

Le président américain a aussi éteint l’incendie allumé par son administration sur le marché des changes.
 

« Je veux voir un dollar fort », a affirmé M. Trump à CNBC, estimant que les récentes déclarations de son secrétaire d’État au Trésor Steven Mnuchin sur les bénéfices d’un dollar faible avaient été « prises hors contexte ».
 

Le billet vert, qui s’était fortement affaibli, est immédiatement remonté, de quoi rassurer les partenaires commerciaux des États-Unis, déjà prêts à crier à la guerre des changes.


Les participants qui l’écouteront vendredi « attendent si peu de lui qu’ils lui seront reconnaissants du moindre propos conciliant », prévoit Robert Kaplan, du Center for a New American Security.
 

Selon lui, Davos a de toute façon déjà jeté son dévolu sur le président français Emmanuel Macron et sur la chancelière allemande Angela Merkel. Ils auraient « raflé la mise » mercredi en opposant leur modèle de mondialisation vertueuse à « L’Amérique d’abord » de Donald Trump.

4 commentaires
  • Charles-Étienne Gill - Abonné 25 janvier 2018 12 h 02

    confusion

    C'est un texte d'opinion ou une nouvelle?
    Encore une fois, le recours aux agences de presse , l'AFP qui est à mon sens la pire, entretient la confusion. Le titre est déplacé et le premier paragraphe de l'article est super tendancieux : l'élite se demande si elle va être mangée à une sauce particulière.

    À la rigueur, une véritable analyse serait bienvenue, pourquoi Davos préfère Macron? Et Macron, qui est le candidat de qui au fait? Macron est-il une des stratégies que les mondialiste ont opérées pour compenser les effets de Trump et de Farage? Les véritables rouages seraient intéressant à connaitre, mais citer l'opinion du NYT, ce n'est pas faire de la nouvelle, c'est faire de la relation publique.

  • Christian Méthot - Inscrit 25 janvier 2018 13 h 05

    Trump est tremendous

    Il faut donner ça à Trump, c'est le champion du mensonge, des fabulations et des demi-vérités, le grand manitou de la frime et de la fraude, un arnaqueur d'une géniale stabilité, le dieu des vendeurs de voitures usagées et des vaniteux, l'empereur des trolls, l'incarnation en chair et en os du rodomont.

    Il aura beau fanfaronner comme bon lui semble, l'état de l'économie réelle a peu avoir avec lui pour l'instant. On pourra en mesurer les conséquences dans quelques années!

  • Gilles Bonin - Inscrit 25 janvier 2018 13 h 28

    Qui

    sera le mouton?

  • Marie-Claire Plourde - Abonnée 25 janvier 2018 14 h 36

    Stop "Trump bashing"

    Du matin au soir, on nous casse les oreilles avec le lynchage sur les faits et gestes du président américain. Trump a été élu par le peuple et la presse "mainstream" ne lui a donné aucune chance en l'attaquant au-dessus et en bas de la ceinture. Les "merdias" élitistes antisionistes {AFP} ne donneront jamais de répit à Trump.
    Je ne me suis pas abonné au Devoir pour lire des journalistes avec d'étranges allégeances: qui fonde la liberté d'expression sans décryptage du territoire occupé par la pensée unique.

    De faire la une avec ces nouvelles préformatées de l'AFP, nous déprime...