Trump s’immisce dans l’élection française

L’intervention de Donald Trump intervient à deux jours du premier tour d’une élection présidentielle française incertaine et survient aussi 24 heures après celle de son prédécesseur Barack Obama.
Photo: Susan Walsh Associated Press L’intervention de Donald Trump intervient à deux jours du premier tour d’une élection présidentielle française incertaine et survient aussi 24 heures après celle de son prédécesseur Barack Obama.

Donald Trump, qui s’enorgueillit d’avoir bousculé les codes traditionnels en accédant à la surprise générale à la Maison-Blanche, aime agiter l’idée que d’autres secousses politiques sont à venir à travers le monde.

À deux jours de la présidentielle française, il a prédit vendredi que l’attentat perpétré au cœur de Paris et revendiqué par l’organisation djihadiste État islamique (EI) aurait des répercussions de taille sur le scrutin, laissant entendre qu’il fallait s’attendre à des surprises.

« Une autre attaque terroriste à Paris. Le peuple français n’acceptera pas cela très longtemps. Cela aura un gros effet sur l’élection présidentielle », a-t-il tweeté dès l’aube, reprenant la politisation des attaques terroristes dont il avait fait l’une des signatures de sa campagne.

Quelques heures plus tard, il affirmait à l’agence américaine Associated Press qu’il pensait que l’attaque « aiderait probablement » la candidate de l’extrême droite Marine Le Pen, car « c’est la plus ferme sur les frontières et la plus ferme sur les événements récents en France ».

Cette dernière, qui incarne une partie de la vague populiste en France, a estimé après l’attaque que, « depuis dix ans, sous les gouvernements de droite et de gauche, tout avait été fait » pour que la France perde la « guerre » contre le terrorisme.

Marine Le Pen avait été l’une des premières à féliciter Donald Trump pour son élection en novembre. Et si elle a parfois pris ses distances de ce dernier, sur la Syrie par exemple, elle a loué son « volontarisme » en matière de protectionnisme.

Donald Trump avait, jusqu’ici, pris soin de ne pas s’exprimer directement à son sujet. En janvier, alors qu’elle s’était ostensiblement affichée dans le hall de la Trump Tower à New York, l’équipe du milliardaire avait clairement signifié qu’aucun rendez-vous n’était prévu.

Mais, au-delà du cas particulier de la France, il entretient l’idée que son accession au pouvoir marque le début d’une nouvelle ère et qu’elle sera suivie d’autres surprises électorales majeures ; il y a quelques semaines, il pronostiquait que d’autres pays quitteraient l’Union européenne.

« J’ai prédit beaucoup de choses […] J’ai dit : “Le Brexit va avoir lieu”, et tout le monde a ri, et le Brexit a eu lieu », affirmait-il fin mars, même si ses déclarations à la veille du scrutin étaient pour le moins évasives.

Obama et Macron
Son intervention, à deux jours du premier tour d’une élection présidentielle française extraordinairement incertaine, survient aussi 24 heures après celle de… son prédécesseur Barack Obama.

Ce dernier s’est entretenu par téléphone avec le candidat centriste Emmanuel Macron, placé en tête des sondages de ce premier tour avec Marine Le Pen.

Sans apporter officiellement son soutien à Emmanuel Macron, l’ex-président démocrate a clairement décidé de lui donner un coup de pouce, savamment mis en scène par le candidat du mouvement En marche ! qui a diffusé un extrait vidéo de l’appel sur Twitter.
D’autres présidents américains se sont impliqués, de manière plus ou moins directe, dans les élections de dirigeants étrangers.

Un exemple resté célèbre est celui de Bill Clinton qui, en 1996, lors de l’élection en Israël, n’avait pas fait mystère de sa préférence pour le candidat travailliste Shimon Peres, face au candidat du Likoud, Benjamin Nétanyahou. L’intervention du locataire de la Maison-Blanche n’eut pas l’effet escompté : Bibi l’avait emporté.

Fin de campagne sous tension

Paris — L’attaque qui a coûté la vie à un policier et fait trois blessés jeudi soir sur les Champs-Élysées à Paris a fait monter la tension à deux jours du premier tour de l’élection présidentielle. Dans ce climat tendu, le président François Hollande a assuré que tout serait fait pour sécuriser le vote : 50 000 policiers et gendarmes et 7000 militaires seront mobilisés dimanche pour le premier tour du scrutin. « Rien ne doit entraver » ce « rendez-vous démocratique », a souligné le premier ministre, Bernard Cazeneuve. Vendredi matin, les candidats François Fillon et Marine Le Pen se sont saisis du sujet, appelant le gouvernement à durcir radicalement une lutte antiterroriste qu’ils jugent insuffisante. Le premier ministre les a en retour accusés d’« instrumentaliser » l’événement, reprochant notamment à Mme Le Pen d’« exploiter sans vergogne la peur et l’émotion à des fins exclusivement politiciennes ».
4 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 21 avril 2017 13 h 48

    un tres bon survol du monde

    quel émaguogue qui ne connait que les positions du pire et qui est admiré par beaucoup d'américains, un phénomene qui n'est pas unique,un phénomene que l'on pourrait qualifier de maladie de civilisation, allez donc lire le texte publié par le ''G20-Finances'' il n'est pas mal fait,et fait un tres bon survol du monde

  • Gilles Bonin - Abonné 21 avril 2017 15 h 15

    Pas croyant, mais...

    Je ne suis pas croyant..., mais Dieu que cette grande gueule à la pensée insignifiante ait tort et que le bon sens prévale dans cette élection française.

  • André Côté - Abonné 21 avril 2017 15 h 48

    Prédire quoi?

    «J’ai prédit beaucoup de choses […]» Ce n'est pas très difficile de prédire quand une journée on affirme une chose et le lendemain on dit le contraire. Ce monsieur, n'en finit plus d'affirmer et de réaffirmer sa supériorité présumée et de s'attribuer tous les mérite de ce qui arrive dans le monde. Plus narcissique que cela, est-ce possible? Quant à nous, penser que demain il va affirmer le contraire de ce qu'il a déclaré aujourd'hui, ça ne tient même plus de la prédiction...

  • Claude Gélinas - Abonné 21 avril 2017 17 h 23

    Les États se mêlent des campagnes électorales des autres pays.

    Rappelons-nous de Bill Clinton qui lors du dernier référendum avait donné un coup de pouce à Jean Chrétien.

    Et de Kissinguer qui a contribué au renversement de Allende.

    Les États-Unis se mêlent de tout tout le temps !