Taiwan dénonce les intrusions aériennes croissantes de la Chine

Depuis l’arrivée en 2012 de Xi Jinping à la tête de son pays, des avions de guerre chinois ont presque quotidiennement pénétré dans la zone d’identification de défense aérienne.
Photo: STR via Agence France-Presse Depuis l’arrivée en 2012 de Xi Jinping à la tête de son pays, des avions de guerre chinois ont presque quotidiennement pénétré dans la zone d’identification de défense aérienne.

Taiwan a vivement dénoncé l’incursion record lundi de 56 avions de l’armée chinoise dans sa zone de défense aérienne, au lendemain des déclarations des États-Unis sur les « provocations militaires » de Pékin dans cette région.

Le ministère taiwanais de la Défense a d’abord souligné qu’il avait fait décoller des appareils pour envoyer des avertissements après que 36 chasseurs, 12 bombardiers H-6 ayant une capacité nucléaire et d’autres avions étaient entrés dans sa zone d’identification de défense aérienne (ADIZ) du sud-ouest.

Quatre autres avions chinois ont plus tard, dans la nuit, pénétré dans cette zone qui est un espace aérien dans lequel un État souhaite identifier et localiser les aéronefs pour des raisons de sécurité nationale, portant leur nombre total à 56, selon le ministère.

De son côté, le Conseil des Affaires du Continent, le principal organe de décision de Taiwan en matière de politique à l’égard de la Chine, a accusé cette dernière de « porter gravement atteinte au statu quo » dans le détroit de Taiwan. « Nous exigeons des autorités à Pékin qu’elles cessent immédiatement leurs actions provocatrices non pacifiques et irresponsables », a déclaré dans un communiqué son porte-parole, Chiu Chui-cheng, affirmant que Taiwan « ne cédera jamais » aux menaces.

Le porte-parole du département d’État américain, Ned Price, a affirmé que les États-Unis étaient « très inquiets » de la « provocation » de Pékin. Ces actions sont « déstabilisantes » et elles « sapent la paix et la sécurité régionale », a-t-il expliqué. « Nous exhortons Pékin à cesser ses pressions militaires, diplomatiques et économiques et sa coercition contre Taiwan », a ajouté le porte-parole, réaffirmant l’« engagement indéfectible » de Washington aux côtés de son allié.

La Chine considère cette île peuplée de 23 millions d’habitants comme une province rebelle appelée à retourner dans son giron, si nécessaire, par la force.

« Une seule Chine »

Depuis l’arrivée en 2012 de Xi Jinping à la tête de son pays, des avions de guerre chinois ont presque quotidiennement pénétré dans la zone d’identification de défense aérienne.

Vendredi, le jour anniversaire de la Chine communiste, 38 avions des forces aériennes chinoises étaient entrés dans cette zone. Samedi, un nouveau record avait été établi avec l’incursion de 39 appareils, selon le ministère taiwanais de la Défense.

Le département d’État américain avait une première fois dénoncé dimanche les « provocations militaires » de la Chine près de Taiwan.

Le ministère chinois des Affaires étrangères avait en retour accusé Washington d’envoyer « un signal extrêmement erroné et irresponsable » de par ses actions « provocatrices » telles que la vente d’armes à Taipei et l’envoi de navires de guerre dans le détroit de Taiwan.

Pékin a accentué la pression sur Taiwan depuis l’élection en 2016 de la présidente Tsai Ing-wen, qui rejette le « principe d’une seule Chine ». En 2020, 380 avions des forces aériennes chinoises ont été détectés dans l’ADIZ de Taiwan et, depuis le début de cette année, ils sont plus de 600.

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