Un processus de réconciliation en vue pour le Myanmar

Des membres de la communauté musulmane Rohingya ont été déplacés au camp de Thet Kay Pyin à Sittwe, dans l'État de Rakhine.
Photo: Agence France-Presse Des membres de la communauté musulmane Rohingya ont été déplacés au camp de Thet Kay Pyin à Sittwe, dans l'État de Rakhine.

Le Conseil des droits de l’homme (CDH) de l’ONU a adopté lundi une résolution condamnant les violations des droits humains par l’armée myanmaraise contre les Rohingyas et d’autres minorités, et demandé l’ouverture d’un processus de réconciliation.

Ce texte, qui était présenté par le Pakistan au nom des États membres de l’Organisation de la coopération islamique, a été approuvé sans vote. Toutefois, la Chine, qui est l’un des 47 États membres du CDH, a indiqué avant l’adoption de la résolution qu’elle n’adhérait pas au consensus.

« Malheureusement, la situation humanitaire et des droits humains des musulmans Rohingyas reste désastreuse, et nécessite donc un appel collectif du Conseil demandant au Myanmar de mettre immédiatement fin aux violations des droits humains », a déclaré le représentant pakistanais, Khalil Hashmi, lors de la présentation du texte.

La résolution demande aussi « l’ouverture d’un dialogue et d’un processus de réconciliation constructifs et pacifiques, conformes à la volonté et aux intérêts de la population » du Myanmar, « y compris les musulmans rohingya et les autres minorités ethniques ».

Elle exprime également « son appui sans équivoque à la population et ses aspirations démocratiques et à la transition démocratique du pays ».

Le Myanmar est dans la tourmente depuis qu’un coup d’État militaire en février a renversé la dirigeante civile Aung San Suu Kyi et son gouvernement, avec des centaines de morts lors d’une répression brutale.

La junte a justifié sa prise de pouvoir comme un moyen de protéger la démocratie, alléguant des fraudes électorales lors des élections législatives de novembre, remportée par le parti de Aung San Suu Kyi.

La résolution « demande l’arrêt immédiat des combats et des hostilités, des attaques contre des civils ».

Elle se déclare également « profondément préoccupée par l’escalade de la violence ainsi que par les violations des droits de l’homme et les atteintes à ces droits dont les musulmans rohingya sont victimes et par la poursuite des déplacements forcés de civils, y compris de musulmans rohingya et d’autres minorités ethniques, qui rendent les conditions impropres au retour volontaire, sûr, digne et durable de tous les réfugiés et personnes déplacées de force » au Myanmar.

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