L’Indonésie serre la vis face à une nouvelle flambée de la COVID-19

Des centaines de postes de contrôle ont été mis en place, tandis que les mosquées, les parcs, les centres commerciaux et les restaurants ont été fermés dans la capitale, Jakarta.
Photo: Tantan Syuflana Associated Press Des centaines de postes de contrôle ont été mis en place, tandis que les mosquées, les parcs, les centres commerciaux et les restaurants ont été fermés dans la capitale, Jakarta.

Des milliers de soldats et de policiers ont été déployés samedi en Indonésie dans les rues de l’île de Java et de Bali pour faire respecter les nouvelles restrictions mises en place face à la vague sans précédent d’infections au virus responsable de la COVID-19 que connaît ce pays d’Asie du Sud-Est.

Le système de santé du pays, débordé, est au bord de l’asphyxie. Les hôpitaux bondés refusent des patients, obligeant les familles désespérées à chercher de l’oxygène pour soigner les malades et les mourants à domicile.

Des centaines de postes de contrôle ont été mis en place, tandis que les mosquées, les parcs, les centres commerciaux et les restaurants ont été fermés dans la capitale, Jakarta, et dans la région de Java, durement touchée.

Plus de 50 000 policiers et soldats ont été déployés pour faire respecter les restrictions.

Les règles s’appliquent également à Bali, où la police a patrouillé dans les restaurants de bord de mer fermés, après que l’île touristique a renoncé à s’ouvrir à nouveau aux touristes étrangers.

Le quatrième pays le plus peuplé du monde a vu son nombre de cas quotidiens plus que quadrupler en moins d’un mois, avec un nouveau record samedi de 27 913 cas de contaminations recensés au cours des 24 dernières heures. Les décès se sont élevés à 493, moins que le record de 539 enregistré vendredi.

 

L’Indonésie compte à ce jour 2,25 millions de cas et 60 027 décès, ce qui en fait l’une des nations les plus touchées d’Asie, un chiffre considéré comme largement sous-estimé.

« Les restrictions plus strictes sont arrivées trop tard », déplore Maya Puspita Sari, habitante de Jakarta. « Le virus se rapproche tellement. C’est terrifiant. »

Variant Delta

Le variant Delta, très contagieux, est à l’origine de la récente flambée du virus dans le pays, a déclaré le ministère de la Santé.

Les rues de Jakarta étaient largement désertes samedi, mais rester chez soi n’était pas une option pour tous, beaucoup vivant au jour le jour dans ce pays de près de 270 millions d’habitants.

« Les mesures doivent être plus strictes, mais s’il vous plaît, pensez aux petites gens comme moi », a déclaré Paijo, 35 ans, alors qu’il s’efforçait de trouver des acheteurs pour les paquets de café instantané accrochés à son vélo. « C’est mon seul moyen de subsistance, et je fais vivre ma femme et mes deux enfants ».

Le président indonésien, Joko Widodo, a annoncé jeudi que le pays allait imposer des « restrictions d’urgence » à partir de samedi et jusqu’au 20 juillet face à la vague montante de COVID-19.

Les employés des secteurs non essentiels doivent travailler à domicile et l’enseignement se fait désormais exclusivement en ligne.



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