L’épidémie de COVID-19 continue sa mondialisation

Un homme désinfectait les bancs de la cathédrale de Myeongdong, à Séoul, mercredi. La Corée du Sud reste le premier foyer de contamination après la Chine, avec près de 1600 cas répertoriés.
Photo: Yonhap / Agence France-Presse Un homme désinfectait les bancs de la cathédrale de Myeongdong, à Séoul, mercredi. La Corée du Sud reste le premier foyer de contamination après la Chine, avec près de 1600 cas répertoriés.

Si la situation s’améliore en Chine, le nouveau coronavirus continue sa progression rapide à travers le monde. De nombreux pays en Asie et en Europe ont signalé de nouveaux cas de contamination mercredi. Le virus a également fait son entrée en Amérique du Sud.

Mis à part la Chine, plus de 40 nations sont maintenant touchées par le COVID-19, qui y a fait une cinquantaine de morts et près de 2900 contaminations. En fait, le nombre quotidien de nouveaux cas dans le monde est désormais supérieur à celui qui est enregistré en Chine, a annoncé mercredi l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En Chine, les autorités ont annoncé 29 nouveaux décès en 24 heures, soit le chiffre le plus bas depuis trois semaines.

Au total, le coronavirus a engendré quelque 81 000 contaminations et plus de 2700 morts dans le monde, selon le dernier bilan officiel de l’OMS.

En Europe, le nombre de cas est monté en flèche mercredi. L’Italie compte maintenant plus de 400 cas et 12 morts. La France a annoncé un deuxième décès, un Français de 60 ans, et compte au total 18 cas d’infection.

Les pays voisins n’ont pas échappé à l’épidémie. Norvège, Autriche, Suisse, Croatie, Grèce, Géorgie, Macédoine du Nord et Roumanie ont déclaré leur premier cas de contamination mercredi. Dans la plupart des cas, les malades avaient séjourné en Italie. Le COVID-19 était déjà présent en Allemagne, Espagne, Finlande, Suède et Grande-Bretagne.

 

Prévention

Devant cette progression rapide, les pays européens ont renforcé leur dispositif de prévention et de confinement. Plusieurs capitales ont déconseillé à leurs ressortissants de se rendre en Italie et encadrent le retour des personnes y ayant séjourné. Il leur est conseillé de s’isoler à domicile et d’informer les autorités de leur état de santé.

De son côté, l’Italie a pris des mesures draconiennes, y compris la mise en quarantaine de 11 villes du Nord.

Plusieurs événements sportifs et culturels ont aussi pâti de la situation. Le match de rugby du Tournoi des six nations entre l’Irlande et l’Italie, prévu le 7 mars à Dublin, a été reporté à une date inconnue. Deux matchs de basket féminin prévus en Italie ont été délocalisés en Slovénie. Et le dernier jour du carnaval de Nice en France, qui devait s’achever samedi, a été annulé.

Ailleurs dans le monde

L’Italie est considérée comme une plateforme de diffusion du virus, non seulement pour les pays voisins, mais aussi ailleurs dans le monde. Le premier cas enregistré en Amérique latine est un sexagénaire de São Paulo, au Brésil, qui avait séjourné en Italie. Il a été placé en isolement à domicile et « va bien ».

En Afrique, un Italien arrivé le 17 février en Algérie est devenu la deuxième personne infectée du continent après un premier cas en Égypte.

En Corée du Sud, premier foyer de contamination après la Chine, le nombre de contaminations a encore bondi, atteignant 1595 cas et 12 décès.

En Iran, le bilan est monté à 19 morts et 139 cas. Les autorités ont annoncé des restrictions à la libre circulation à l’intérieur du pays pour les personnes infectées ou soupçonnées de l’être. Signe de tension, 24 personnes accusées d’avoir répandu en ligne des « rumeurs alarmistes » sur la propagation du coronavirus ont été arrêtées.

Le Pakistan, pays frontalier à la fois de la Chine et de l’Iran, a également annoncé mercredi ses deux premiers cas.

Aux États-Unis, où l’on dénombre 57 cas, le risque de propagation reste « très faible » de l’avis du président américain, Donald Trump. Il a confié mercredi à son vice-président, Mike Pence, la coordination de la lutte contre le coronavirus.


Ottawa encourage les précautions

La ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, encourage les Canadiens à stocker aliments et médicaments chez eux au cas où ils tomberaient malades après avoir été infectés par le coronavirus. Un conseil approprié pour toute crise potentielle, que ce soit une épidémie virale ou une panne de courant prolongée, a-t-elle précisé mercredi. «C’est bon d’être préparé parce que les choses peuvent changer rapidement». Mme Hajdu a également conseillé aux Canadiens de rester à la maison s’ils sont malades, qu’ils se lavent les mains régulièrement et se fassent vacciner contre la grippe. Le vaccin contre la grippe ne protège pas contre le COVID-19, mais avec moins de personnes malades, la pression sera moins forte sur le système de santé. Le Canada compte présentement 12 cas, dont le dernier a été annoncé mercredi matin par les responsables de la santé de l’Ontario.

La Presse canadienne