Le Pakistan craint une guerre nucléaire avec l’Inde

Le premier ministre pakistanais, Imran Khan
Photo: Richard Drew Associated Press Le premier ministre pakistanais, Imran Khan

Le premier ministre pakistanais, Imran Khan, a averti l’ONU vendredi du risque que la crise au Cachemire ne conduise à une guerre nucléaire avec l’Inde, avec des conséquences pour le monde entier.

« Quand le couvre-feu sera levé, ce sera un bain de sang », a-t-il lancé devant l’Assemblée générale des Nations unies. L’Inde maintient la région himalayenne disputée sous une chape de plomb depuis qu’elle a révoqué début août l’autonomie constitutionnelle de la partie du Cachemire qu’elle contrôle.

Quand le couvre-feu sera levé, ce sera un bain de sang

Alors qu’il n’était autorisé à parler que 15 minutes, son discours enflammé s’est prolongé pendant près d’une heure. Dans le même temps, aux abords de l’ONU, plusieurs milliers de manifestants s’étaient réunis, les uns soutenant la politique indienne, les autres la dénonçant.

New Delhi a imposé au Cachemire un intense déploiement sécuritaire, coupé les communications et restreint les déplacements, tout en arrêtant ou en plaçant en résidence surveillée de nombreuses personnes.

Le chef du gouvernement pakistanais a dit redouter de nouveaux affrontements entre les deux puissances nucléaires rivales si l’Inde met en cause le Pakistan pour d’éventuelles attaques de groupes locaux, en réponse à la répression dans ce territoire à majorité musulmane.

« Si une guerre conventionnelle commence entre nos deux pays, tout peut arriver », a-t-il prévenu, tout en soulignant que le Pakistan, « sept fois plus petit que son voisin », aurait un choix difficile à faire : « soit la reddition, soit la lutte pour la liberté jusqu’à la mort ».

« Que ferons-nous ? Je me pose ces questions. Nous nous battrons », « et quand un pays nucléaire se bat jusqu’au bout, cela peut avoir des conséquences bien au-delà de ses frontières », a-t-il ajouté. « Cela peut avoir des conséquences pour le monde entier, et c’est pour cela, je vous le répète, que je suis venu vous alerter, pas pour proférer des menaces. »

Son homologue indien, Narendra Modi, avait pris la parole peu avant lui à la même tribune, sans évoquer la question explosive du Cachemire. Il a toutefois assuré que son pays, porteur d’un « message de paix », voulait « mettre en garde le monde contre des réseaux terroristes », dans une apparente allusion à Islamabad qu’il accuse régulièrement de soutenir des groupes extrémistes.