Plus de 20 000 Hongkongais postulent pour dire leur colère à Carrie Lam

La chef de l’exécutif hongkongais Carrie Lam
Photo: Nicolas Asfouri Agence France-Presse La chef de l’exécutif hongkongais Carrie Lam

La chef de l’exécutif hongkongais Carrie Lam a annoncé mardi que plus de 20 000 Hongkongais avaient demandé à participer à un dialogue qu’elle propose pour « exprimer leur colère », plus de trois mois après le début de la mobilisation pro-démocratie.

L’ex-colonie britannique traverse sa pire crise politique depuis sa rétrocession en 1997 à Pékin, avec des manifestations et actions quasi quotidiennes pour dénoncer un recul des libertés ou demander des réformes démocratiques.

Mme Lam, qui concentre la colère des manifestants pour son intransigeance, a récemment proposé pour la première fois un dialogue avec la population.

Elle a affirmé mardi que la rencontre prévue jeudi soir serait une occasion pour la population de faire entendre sa voix. Mais nombre de manifestants ont refusé cette offre de dialogue, en y voyant un piège et en expliquant que leurs revendications étaient déjà connues.

« Nous avons promis que des participants avec des origines et des antécédents différents, avec des positions politiques différentes, pourraient librement exprimer leurs opinions, et même exprimer leur colère », a-t-elle dit lors d’une conférence de presse.

Si des milliers de personnes ont demandé à participer à ce dialogue, seules 150 personnes seront choisies au hasard pour prendre part à une session de deux heures avec Mme Lam. Ils devront venir sans aucun des objets emblématiques de la contestation, que ce soient les parapluies, les casques ou les masques à gaz.

« J’espère que le dialogue avec la population se tiendra dans un climat pacifique, rationnel et calme. »

Les manifestations hongkongaises ont souvent dégénéré en affrontements violents entre radicaux et forces de l’ordre. Plus de 1500 manifestants ont été arrêtés, dont le plus jeune âgé de 12 ans.

Mme Lam a déclaré lors de son point presse hebdomadaire que la vue d’enfants arrêtés lui brisait le coeur.

« Qu’est-ce que des enfants comprennent aux débats politiques actuels ? », a-t-elle demandé. « J’exhorte les parents, les enseignants et les proviseurs à faire savoir aux enfants que les problèmes politiques ne sont pas aussi simples que ça. »

Ses propos ont été critiqués par des élus de l’opposition.

« Il ne faut pas sous-estimer la jeunesse », a déclaré Claudia Mo, élue pro-démocratie du Conseil législatif, le Parlement local. « Beaucoup de jeunes sont aujourd’hui très mûrs et savent ce qu’ils pensent et ce qu’une société civilisée devrait être. »

La mobilisation était née du rejet d’un projet de loi hongkongais qui devait autoriser les extraditions vers la Chine, et qui est actuellement suspendu. Et les revendications se sont considérablement élargies, pour demander notamment une enquête indépendante sur ce qui est présenté comme des actes de brutalité policière.

La police a maintes fois démenti tout usage excessif de la force. Et elle a encore reçu mardi le soutien de Mme Lam.

« Le fait est qu’en trois mois, il n’y a eu aucun décès à Hong Kong, ce qui, au vu des standards internationaux […] est relativement remarquable », a-t-elle dit.