Des émeutes font une trentaine de morts en Papouasie

Dans la ville de Wamena, au centre de la Papouasie, 26 personnes sont mortes après une manifestation lundi.
Photo: Vina Rumbewas Agence France-Presse Dans la ville de Wamena, au centre de la Papouasie, 26 personnes sont mortes après une manifestation lundi.

Au moins une trentaine de personnes sont mortes lundi dans des émeutes sanglantes en Papouasie, une province d’Indonésie en ébullition depuis la mi-août à la suite des tensions entre la population autochtone et les forces indonésiennes.

Des milliers d’habitants ont fui les affrontements et les incendies volontaires dans cette région pauvre où les émeutes se succèdent depuis plus d’un mois en réaction à des attaques racistes contre des étudiants papous.

« Il s’agit de l’une des journées les plus sanglantes de ces vingt dernières années en Papouasie », a souligné Usman Hamid, directeur d’Amnesty International en Indonésie. L’organisation a demandé une enquête et a condamné la coupure des réseaux Internet par les autorités indonésiennes.

Dans la ville de Wamena, au centre de la Papouasie, 26 personnes sont mortes après une manifestation lundi de centaines de jeunes au cours de laquelle des bâtiments, notamment publics, ont été incendiés, selon un dernier bilan mardi de la police.

« Certaines victimes sont mortes brûlées, d’autres par arme blanche […] d’autres sont restées prisonnières des flammes », a expliqué le commandant militaire Chandra Dianto, avertissant que le bilan pourrait encore s’aggraver.

Certaines victimes sont mortes brûlées, d’autres par arme blanche […] d’autres sont restées prisonnières des flammes

Les autorités ont confirmé que la plupart des victimes n’étaient pas d’origine papoue, ce qui laisse craindre une escalade des violences contre les habitants de Papouasie venus d’autres îles de l’archipel indonésien.

Les troubles de Wamena ont commencé quand des centaines d’étudiants se sont rassemblés pour protester contre des propos racistes attribués à un enseignant sur les réseaux sociaux. Le Mouvement de la Papouasie libre a pour sa part dénoncé un « massacre » à Wamena.

Les bilans avancés par l’armée ou les séparatistes divergent. Dans la capitale provinciale, Jayapura, un soldat et trois civils sont morts lundi dans un affrontement entre manifestants qui lançaient des pierres et les forces de l’ordre.

La population autochtone de Papouasie est mélanésienne et en majorité chrétienne, avec une culture tribale différente du reste de l’Indonésie où 90 % de la population est musulmane.