Guerre des mots entre Londres et Pékin sur Hong Kong

Un manifestant cache l'emblème de Hong Kong avec le drapeau colonial anglais durant l'occupation du parlement, le 1er juillet 2019.
Photo: Kin Cheung Associated Press Un manifestant cache l'emblème de Hong Kong avec le drapeau colonial anglais durant l'occupation du parlement, le 1er juillet 2019.

Les tensions diplomatiques entre Londres et Pékin nées du soutien apporté par le Royaume-Uni, l’ancienne puissance coloniale, aux manifestants à Hong Kong ont culminé mercredi avec la convocation de l’ambassadeur chinois, qui avait appelé à éviter toute « ingérence ».

Convoqué au ministère britannique des Affaires étrangères, l’ambassadeur chinois s’est vu signifier que les propos du porte-parole de la diplomatie chinoise sur le Royaume-Uni étaient « inacceptables et inexacts », a déclaré un porte-parole du Foreign Office.

Pour Pékin, Londres « semble être encore plongé dans les fantasmes des anciens colons britanniques », avait déclaré au cours d’un point de presse Geng Shuang, un porte-parole de la diplomatie chinoise, soulignant que « le Royaume-Uni n’a plus la moindre souveraineté » sur le territoire semi-autonome.

L’attachement affirmé par le gouvernement britannique aux droits et libertés à Hong Kong, territoire traversé par de vastes manifestations depuis juin, avait provoqué la colère de Pékin.

« Je pense que la relation [entre Londres et Pékin] a souffert de l’ingérence du gouvernement britannique au sujet de Hong Kong », a déclaré l’ambassadeur chinois, Liu Xiaoming, au cours d’une conférence de presse mercredi. Il avait appelé le gouvernement britannique à « s’abstenir de nouvelles ingérences pouvant nuire encore plus à la relation » entre la Chine et le Royaume-Uni.

Liu Xiaming s’était dit « très déçu » que le chef de la diplomatie britannique, Jeremy Hunt, montre son « soutien envers des gens qui contreviennent à la loi ». Jeremy Hunt avait exprimé le « soutien indéfectible » de son pays à Hong Kong.

La première ministre Theresa May a aussi fait part de « ses inquiétudes aux autorités chinoises » au sujet de Hong Kong, a-t-elle expliqué mercredi midi aux députés. Elle s’est dite « choquée par les scènes à Hong Kong lundi et l’usage de la violence au parlement local » et a souligné que « la vaste majorité des centaines de milliers de personnes qui ont défilé l’ont fait de manière pacifique et légale ».

Boris Johnson, le favori pour la remplacer à la tête du gouvernement le 23 juillet, a de son côté affirmé qu’il « se ferait un plaisir de parler au nom [des manifestants hongkongais] et de les soutenir à chaque étape ».

Pékin accuse Londres d’être « plongé dans les fantasmes des anciens colons britanniques ».