L’héritier de l’empire Samsung reconnu coupable de corruption

Lee Jae-yong, le vice-président de Samsung Electronics, a été reconnu coupable de corruption et parjure vendredi.
Photo: Chung Sung-jun Agence France-Presse Lee Jae-yong, le vice-président de Samsung Electronics, a été reconnu coupable de corruption et parjure vendredi.

L’héritier de l’empire Samsung a été condamné vendredi à cinq ans de prison pour corruption et parjure.

Lee Jae-yong, le vice-président de Samsung Electronics et l’héritier du géant créé par son grand-père, a été reconnu coupable d’avoir offert des pots-de-vin à l’ancienne présidente Park Geun-hye et à une de ses proches pour que le gouvernement appuie ses efforts pour cimenter son emprise sur Samsung.

L’arrestation de Lee en février avait alimenté la colère du public, menant éventuellement à la chute de Mme Park.

Un comité de trois juges a reconnu Lee coupable d’avoir détourné les fonds de Samsung, d’avoir caché des actifs à l’étranger, d’avoir camouflé les profits provenant d’activités criminelles, et de parjure. Les procureurs réclamaient une peine de 12 ans de prison.

Les analystes n’anticipent aucun impact immédiat sur les activités de Samsung, dont les opérations sont supervisées par un triumvirat et qui n’en est pas à sa première crise. Les conséquences à long terme — comme l’identification de nouveaux marchés ou d’acquisitions potentielles — sont plus incertaines puisque les grands conglomérats sud-coréens « sont gérés comme une monarchie, et dans une monarchie on a besoin d’un roi », a dit le professeur Park Sang-in.

On pourrait aussi assister à une querelle familiale pour le partage de l’héritage du patriarche Lee au moment de son décès.

« Samsung était en plein changement et ça s’est arrêté, a expliqué Park Ju-gun, le patron d’une firme qui épie les grandes entreprises privées. C’est un risque énorme. »

Samsung génère environ 20 % des exportations sud-coréennes et devrait afficher les profits les plus riches de son histoire cette année.

Lee était accusé d’avoir offert des pots-de-vin totalisant 38 millions de dollars américains à quatre entités contrôlées par Choi Soon-il, une amie de longue date de Mme Park, pour que le gouvernement endosse un regroupement qui renforcerait le contrôle de Lee sur Samsung, après que son père eut été terrassé par une crise cardiaque en 2014.

Samsung n’a pas nié que des fonds corporatifs aient été transférés, mais Lee a proclamé son innocence devant le tribunal. Il prétend que toutes les transactions ont été supervisées par d’autres employés.

Un avocat de Samsung a rapidement annoncé que la condamnation sera portée en appel.

Mmes Park et Choi sont actuellement devant la justice.