Une nouvelle loi pour mieux surveiller Internet

Une jeune femme consulte le site Weibo. La loi adoptée lundi donne un cadre légal à la surveillance du Web par les autorités.
Photo: Mark Ralston Agence France-Presse Une jeune femme consulte le site Weibo. La loi adoptée lundi donne un cadre légal à la surveillance du Web par les autorités.

Le Parlement chinois a adopté lundi une loi controversée sur la cybersécurité, resserrant le contrôle de la liberté d’expression sur Internet et imposant aux entreprises, y compris étrangères, de coopérer pour « protéger la sécurité nationale ».

Le Parti communiste chinois (PCC) au pouvoir bloque l’accès depuis la Chine à de nombreux sites Internet étrangers (dont Google, Facebook, Twitter, YouTube, Instagram ou Dailymotion) grâce à un système très perfectionné de blocage, surnommé la « grande muraille électronique ». Des articles, blogues, forums Internet ou commentaires sur les réseaux sociaux chinois peuvent également être effacés ou censurés.

La loi adoptée lundi par le comité permanent de l’Assemblée nationale populaire (ANP, parlement chinois) donne un cadre légal à cette surveillance. Elle est centrée sur la protection des réseaux nationaux et des données personnelles des 710 millions d’internautes chinois.

Mais le texte interdit également aux utilisateurs d’Internet la publication de contenus portant atteinte à « l’honneur national », « troublant l’ordre économique ou social » ou destinés à « renverser le système socialiste », c’est-à-dire le PCC.

La loi, qui entrera en vigueur le 1er juin 2017, exige par ailleurs des entreprises de l’Internet opérant en Chine, y compris les firmes étrangères, qu’elles vérifient l’identité de leurs utilisateurs, lesquels ne pourront plus rester anonymes sur la toile.

Les entreprises devront également fournir « un soutien technique et une aide » aux autorités lors d’enquêtes pour des crimes et délits.

Des acteurs du monde économique et des ONG ont dénoncé les formulations jugées vagues du texte. Des compagnies étrangères s’inquiètent notamment de devoir coopérer avec les autorités pour « protéger la sécurité nationale ».

La Chambre de commerce de l’Union européenne en Chine s’est dite « préoccupée » par la nouvelle loi, qui entraîne « beaucoup d’incertitudes et de réactions négatives dans les milieux d’affaires » et pourrait « entraver les investissements et les entreprises étrangères opérant en ou avec la Chine ».

1 commentaire
  • Tristan Roy - Inscrit 9 novembre 2016 21 h 49

    La Grande muraille électronique...

    Cette technologie pourrait être utile au Canada; on pourrait enfin taxer les géants américains Facebook, Google et cie en leur demandant des frais "d'entrée", comme le CRTC demande aux cablo distributeurs, télés et radios. Les recettes pourraient servir à soutenir la presse d'information..!

    Et si Google et autres Youtube refusent: ils restent derrière la "Grande muraille électronique Canadienne!

    Il faudrait demander aux Chinois de venir nous installer ça :D