Guaidó appelle à « la plus grande manifestation de l’histoire » du Venezuela le 1er mai

<p>Le chef de l’opposition Juan Guaidó a appelé à « la plus grande manifestation de l’histoire » de son pays le 1er mai, pour que cesse « l’usurpation » du pouvoir dont est coupable, selon lui, le président Nicolas Maduro.</p>
Photo: Matias Delacroix Agence France-Presse

Le chef de l’opposition Juan Guaidó a appelé à « la plus grande manifestation de l’histoire » de son pays le 1er mai, pour que cesse « l’usurpation » du pouvoir dont est coupable, selon lui, le président Nicolas Maduro.

Le chef de file de l’opposition vénézuélienne Juan Guaidó a appelé vendredi à « la plus grande manifestation de l’histoire » de son pays le 1er mai, pour que cesse « l’usurpation » du pouvoir dont est coupable, selon lui, le président Nicolas Maduro.

« Nous appelons tout le peuple du Venezuela à participer à la plus grande manifestation de l’histoire de ce pays le 1er mai, pour exiger que cesse définitivement l’usurpation », a déclaré Juan Guaidó lors d’un discours face à des centaines de partisans réunis sur une place de Caracas.

« Miraflores ! Miraflores ! », ont alors lancé des sympathisants, en référence au palais où se trouve la présidence vénézuélienne qu’il dispute à Nicolas Maduro.

Car en lançant en mars l’« Opération Liberté », la feuille de route qui doit, selon lui, lui permettre de déloger M. Maduro du pouvoir, Juan Guaidó avait assuré que le point d’orgue de la mobilisation populaire aurait lieu précisément à Miraflores.

Or dans son discours, l’opposant s’est gardé d’évoquer le palais situé en plein coeur de Caracas. « Le point d’arrivée de cette manifestation sera celui d’où nous exigerons que cesse définitivement l’usurpation », a-t-il dit.

La date retenue pour cette nouvelle manifestation est hautement symbolique puisque chaque 1er mai le gouvernement vénézuélien, qui se réclame de l’héritage de l’ex-président Hugo Chavez (1999-2013), organise de grands défilés à l’occasion de la Fête du travail.

Depuis qu’il s’est autoproclamé président par intérim le 23 janvier, et qu’il a été reconnu comme tel par une cinquantaine de pays, le jeune président du Parlement appelle régulièrement à manifester contre Nicolas Maduro, dont il juge le deuxième mandat illégitime car reposant sur les résultats d’élections frauduleuses l’an passé.

Le pouvoir vénézuélien accuse, lui, Juan Guaidó de vouloir fomenter un coup d’État avec l’appui des États-Unis.

« L’usurpateur ne va pas céder le pouvoir. Seule la pression des citoyens, seule la force de la rue va nous permettre d’aller de l’avant », a encore lancé M. Guaidó pendant son discours vendredi.

Cet appel à manifester le 1er mai est le signe que Juan Guaidó tente de se « régénérer » et de contrer l’idée que sa stratégie est en train de stagner, estime le politologue Carlos Romero.

L’opposant de 35 ans « mise sur la lutte politique. En faisant appel au soutien populaire, il définit une ligne politique » destinée à se distinguer de ceux de ses partisans qui souhaitent une intervention militaire venue de l’étranger pour renverser Nicolas Maduro, dit-il à l’AFP.

Une ligne politique qui trouve un écho favorable chez Loris Oliveros, une avocate et militante rencontrée vendredi par l’AFP dans la foule qui soutient Juan Guaidó. « Nous devons continuer à occuper la rue », affirme-t-elle.

L’opposition vénézuélienne accuse non seulement le gouvernement chaviste d’« usurper » le pouvoir, mais elle le rend aussi responsable d’avoir provoqué la pire crise économique et sociale de l’histoire récente du pays par son « incurie » et la « corruption » qui le ronge.

L’hyperinflation pourrait atteindre 10 000 000 % cette année, selon le Fonds monétaire international (FMI), les pannes d’électricité sont devenues récurrentes et les médicaments manquent cruellement dans les hôpitaux.

Nicolas Maduro met, lui, ces pénuries sur le compte des nombreuses sanctions prises par Washington.

Et dans ce bras de fer qui dure depuis près de trois mois, le pouvoir a déployé toute la force de son arsenal juridique. Juan Guaidó a été déclaré inéligible pour 15 ans et son immunité parlementaire levée, ce qui permet la poursuite de la procédure pénale lancée à son encontre pour usurpation de la fonction présidentielle.