Démonstration de force de la présidente argentine face aux agriculteurs en grève

La viande est maintenant rare dans les boucheries de Buenos Aires.
Photo: Agence Reuters La viande est maintenant rare dans les boucheries de Buenos Aires.

Buenos Aires — Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées hier à Buenos Aires pour apporter leur soutien à la présidente argentine Cristina Kirchner, confrontée à une grève des agriculteurs qui dure depuis trois semaines.

«Laissez passer les aliments pour le peuple», a lancé d'une voix forte la présidente argentine à l'endroit des agriculteurs, qui bloquent des dizaines de routes à travers le pays.

«Allez, Cristina, ne cède pas!», a lancé de son côté la foule de ses partisans, brandissant des banderoles soutenant sa politique à l'égard du monde agricole, en colère contre une hausse de 25 % des taxes à l'exportation de soja, principale richesse agricole du pays.

Ce rassemblement, premier du genre depuis l'arrivée au pouvoir de Mme Kirchner le 10 décembre 2007, est l'un des plus importants de ces dernières années en Argentine. Il a été décidé en réponse aux manifestations de soutien aux agriculteurs en grève, quand des milliers de personnes étaient descendues mardi dernier dans les rues en frappant sur des casseroles, avant de se retrouver place de Mai. Un tel «cacerolazo» ne s'était pas entendu depuis décembre 2001, alors que l'Argentine était plongée dans la plus grande crise économique de son histoire.

Les agriculteurs argentins se sont mis en grève le 13 mars, refusant de commercialiser leurs produits et bloquant des dizaines de routes. Ils réclament la levée pendant 90 jours des mesures décidées par le gouvernement et ont décidé de continuer leur mouvement en dépit de mesures de compensation en faveur des petits producteurs annoncées lundi par le pouvoir.

Cette colère du «campo» a aussi ravivé les vieilles divisions de la société argentine entre «peuple» et «oligarchie», ou péronistes et anti-péronistes, à coups d'invectives et de démonstrations de force dans la rue.