Les Algériens manifestent malgré la répression

À Alger, des slogans ont visé les policiers, traités notamment «d’oppresseurs des étudiants».
Photo: Ryad Kramdi Agence France-Presse À Alger, des slogans ont visé les policiers, traités notamment «d’oppresseurs des étudiants».

À deux mois d’une présidentielle contestée, les Algériens ont à nouveau défilé massivement vendredi contre le pouvoir, défiant un climat de « répression croissante » dénoncé par des ONG, au lendemain d’une nouvelle arrestation d’une figure du mouvement de contestation.

Avant d’être rejoints par le flot des manifestants, de petits groupes étaient sortis dans la rue dans le centre d’Alger avant même la fin de la prière musulmane hebdomadaire, qui a marqué comme d’habitude le coup d’envoi du 34e vendredi consécutif de manifestation du « Hirak », mouvement inédit de contestation né le 22 février en Algérie.

Le déploiement policier massif et la multiplication récente des arrestations n’ont pas dissuadé les protestataires, qui étaient au moins aussi nombreux que les semaines précédentes. En fin de journée, la police a commencé à disperser les manifestants dans le calme.

Médias en ligne et réseaux sociaux ont également signalé des cortèges importants dans plusieurs autres villes du pays.

Répression

À Alger, des slogans ont visé les policiers, traités notamment « d’oppresseurs des étudiants », pour avoir empêché pour la première fois mardi les étudiants de manifester dans la capitale, comme ils le font chaque semaine depuis février.

« Oh, Gaïd Salah, pas de vote cette année ! », ont aussi scandé les manifestants algérois, fustigeant une nouvelle fois la présidentielle que le pouvoir, de facto aux mains du haut commandement militaire incarné par le chef d’état-major, le général Ahmed Gaïd Salah, entend organiser à tout prix le 12 décembre.

À deux mois du scrutin destiné à élire un successeur à Abdelaziz Bouteflika, que la rue a contraint à quitter le pouvoir en avril après 20 ans au pouvoir, les positions des deux camps sont plus que jamais irréconciliables.

Président du Rassemblement actions jeunesse (RAJ), association citoyenne très active au sein du « Hirak », Abdelouahab Fersaoui a été arrêté jeudi lors d’un rassemblement de soutien aux détenus.

Amnesty International a dénoncé le « climat de répression qui s’instaure en Algérie » avec la « recrudescence du nombre d’arrestations arbitraires de militants, journalistes, avocats, étudiants ou simples citoyens, en violation flagrante des droits garantis par la Constitution » — liberté d’expression, d’association ou droit de se réunir pacifiquement.