Le président du Conseil constitutionnel démissionne

À l’instar de plusieurs contestataires, un manifestant à Alger exige le départ de trois hauts dirigeants de l’ex-régime Bouteflika.
Photo: Toufik Doudou Associated Press À l’instar de plusieurs contestataires, un manifestant à Alger exige le départ de trois hauts dirigeants de l’ex-régime Bouteflika.

Incarnation d’un « système » dont la contestation algérienne réclame la fin, le président du Conseil constitutionnel algérien Tayeb Belaiz a à son tour démissionné mardi, deux semaines après le chef de l’État Abdelaziz Bouteflika, dont il était un très proche.

M. Belaiz, 70 ans, faisait partie, avec le chef de l’État par intérim Abdelkader Bensalah et le chef du gouvernement Noureddine Bedoui, des « 3 B » dont les contestataires réclament le départ depuis la démission le 2 avril, sous la pression conjuguée de la rue et de l’armée, de M. Bouteflika après 20 ans de pouvoir. Son poste en faisait un des plus importants personnages de l’État algérien et lui conférait un rôle-clé dans la présidentielle prévue le 4 juillet pour élire un remplaçant à M. Bouteflika.

Le Conseil constitutionnel est notamment chargé de valider les dossiers de candidature aux présidentielles et de contrôler la régularité des opérations de vote en Algérie.

La nomination de son successeur, qui incombe à M. Bensalah, sera scrutée de près par la rue. D’autant que le président du Conseil constitutionnel est chargé de l’intérim si M. Bensalah devait à son tour démissionner… Un scénario dont certains se mettent à rêver, notamment après le discours mardi du chef d’état-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah, qui a réitéré l’importance d’une transition dans le cadre institutionnel actuel — rejeté par les manifestants — tout en faisant savoir que « toutes les options restent ouvertes ».

« Au tour de Bensalah ! », ont d’ailleurs clamé des milliers d’étudiants rassemblés à Alger à l’annonce de la démission de M. Belaiz.

Pour les contestataires algériens, le maintien à la tête de l’État des structures et personnalités telles que MM. Belaiz et Bensalah, héritées du « système » mis en place par M. Bouteflika, ne permettent pas de garantir un scrutin libre et équitable pour élire son successeur.

« Nous allons marcher jusqu’à la mise en place d’une période de transition dirigée par des personnalités propres », c’est-à-dire n’ayant pas participé au régime Bouteflika, a expliqué Mira Laifa, 20 ans, étudiante en médecine.

Mardi, le général Gaïd Salah a assuré que l’armée ne tournerait pas ses armes contre le peuple et qu’avaient été données « des instructions claires et sans équivoque pour la protection des citoyens, notamment lors des marches » de protestation. Une allusion possible à une demande que cessent les récentes tentatives de répression policière qui ont fait monter la tension, alors que l’éventuel rôle de l’armée dans la transition post-Bouteflika continue de susciter de nombreuses questions.