À Hong Kong, une école cherche des volontaires pour se confiner avant la possible visite de Xi Jinping

Les Jeux olympiques d’hiver à Pékin en février ont été la seule occasion pour le président chinois depuis plus de deux ans de rencontrer des dirigeants étrangers en face-à-face.
Photo: Anthony Wallace / Associated Press

Les Jeux olympiques d’hiver à Pékin en février ont été la seule occasion pour le président chinois depuis plus de deux ans de rencontrer des dirigeants étrangers en face-à-face.

Une école primaire de Hong Kong cherche des élèves volontaires pour passer une semaine de quarantaine en hôtel avant l’anniversaire de la rétrocession de la ville à la Chine, alimentant les spéculations sur la mise en place d’une « bulle » pour permettre une visite du président chinois Xi Jinping.

Le 1er juillet marquera les 25 ans de la rétrocession de Hong Kong par l’empire britannique à la Chine et l’intronisation du nouveau chef de l’exécutif local John Lee.

Les présidents chinois assistent ordinairement à la prestation de serment du chef de l’exécutif. M. Xi était venu ainsi en 2017 mais il n’a pas quitté la Chine continentale depuis le début de la pandémie.

À moins de deux semaines de l’événement, sa venue à Hong Kong est toujours incertaine.

Les médias locaux remplissent cependant leurs colonnes d’articles sur des mesures extraordinaires qui seraient mises en place pour protéger du coronavirus les hauts responsables attendus, notamment en plaçant des centaines de personnes en quarantaine.

Parmi les mesures citées dans ces articles, aux sources généralement anonymes, l’une a toutefois été confirmée.

Les parents d’élèves de l’école Wong Cho Bao, dirigée par la Fédération hongkongaise des professionnels de l’éducation (HKFEW), pro-Pékin, ont été invités à inscrire leurs enfants pour qu’ils puissent accueillir des dignitaires en visite.

Les élèves devront passer sept jours en quarantaine à l’hôtel, loin de leur famille, et le gouvernement prendra la facture en charge, indique une note montrée à l’AFP par le directeur de l’école, Wong Kam-leung.

Le document encourage les parents à inscrire leurs enfants de sixième (environ 12 ans) pour une « rare mission honorable » consistant à accueillir des visiteurs non spécifiés à l’aéroport le 30 juin et à les saluer à leur départ un jour plus tard.

Les élèves volontaires commenceront une quarantaine en hôtel le 23 juin sous la supervision d’un enseignant et participeront aux classes par visioconférence, explique le document, ajoutant qu’ils doivent avoir reçu deux doses de vaccin.

M. Wong a expliqué à l’AFP que le document était une « procédure administrative interne » visant à jauger l’intérêt des parents et que le gouvernement devait encore finaliser le projet.

M. Wong, également président de la HKFEW, a refusé de dire combien de familles s’étaient portées volontaires.

Zéro COVID

 

La Chine reste fidèle à sa stratégie draconienne de zéro COVID-19, qui vise à éteindre tout foyer par des campagnes de dépistages de masse, des confinements et un contrôle stricte aux frontières.

Hong Kong suit sa propre variante de la stratégie zéro COVID et ce carrefour financier et commercial s’est coupé du monde pendant une grande partie de la pandémie.

Les restrictions y sont cependant moins sévères qu’en Chine continentale et se sont assouplies ces derniers mois, même si quelques centaines de cas sont déclarés chaque jour.

À cause de cette différence de politique, les Hongkongais appelés à entrer en contact avec les dirigeants chinois devront certainement observer une quarantaine, selon les médias locaux.

Les autorités ont prévu un « système en circuit fermé » pour isoler près de 1000 personnes, dont l’actuelle cheffe de l’exécutif Carrie Lam, son successeur John Lee et d’autres hauts responsables, avant la visite d’officiels de Pékin, a écrit le South China Morning Post.

Les membres du Conseil législatif pourraient aussi avoir à se mettre en quarantaine, avec un dispositif pour qu’ils puissent participer aux réunions de la chambre, selon certains médias.

Xi Jinping n’est pas sorti de Chine continentale depuis janvier 2020, lorsque le coronavirus a touché la ville de Wuhan avant de se répandre dans le monde.

Le président s’est isolé du reste du monde, et la Chine avec lui, en maintenant les frontières quasiment fermées et en évitant les voyages internationaux.

Les Jeux olympiques d’hiver à Pékin en février ont été la seule occasion pour lui depuis plus de deux ans de rencontrer des dirigeants étrangers en face-à-face.

Un énorme système en vase clos avait été mis en place autour de ces JO.

 

En 2017, M. Xi était resté trois jours à Hong Kong pour le 20e anniversaire de la rétrocession et la prestation de serment de Mme Lam.

Il a annoncé en mai un « nouveau chapitre » pour la ville après la répression des importantes manifestations pro-démocratie de 2019 et la mise en place d’une loi sur la sécurité nationale visant à étouffer toute dissidence.

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