Que retenir de ce 62e jour de guerre en Ukraine?

Des soldats ukrainiens dans la région de Sloviansk, dans l'est de l'Ukraine, le 26 avril 2022
Photo: Yasuyoshi Chiba Agence France-Presse Des soldats ukrainiens dans la région de Sloviansk, dans l'est de l'Ukraine, le 26 avril 2022

L’est morcelé comme sur un échiquier

L’armée russe progresse dans l’est de l’Ukraine, anéantissant une par une les poches de résistance.

Des localités comme Izioum et Kreminna sont tombées ces deux dernières semaines et d’autres pourraient bientôt suivre, comme les villes de Sloviansk et de Kramatorsk, selon le ministère britannique de la Défense.

Dans la région du Donbass, « l’ennemi effectue des frappes sur les positions des troupes ukrainiennes sur toute la longueur de la ligne de front avec mortiers, artilleries et lance-roquettes multiples, a détaillé mardi un porte-parole du ministère ukrainien de la Défense sur Telegram. On a une ligne de front très morcelée, qui ne suit pas une rivière, une route ou une autoroute. Maintenant, c’est un village à nous, un à eux, un à nous, comme sur un échiquier. »

La Russie coupe le gaz

 

Le groupe russe Gazprom suspend à partir de mercredi ses livraisons de gaz vers la Bulgarie et la Pologne parce qu’elles refusent de régler la facture en roubles, ont annoncé mardi les deux pays. Ces deux pays de l’OTAN et de l’Union européenne se disent toutefois préparés à obtenir le gaz manquant par d’autres sources.

« Il n’y aura pas de pénurie de gaz dans les foyers polonais », a écrit sur Twitter la ministre polonaise du Climat, Anna Moskwa. « Depuis le premier jour de la guerre, nous avons déclaré que nous étions prêts à une indépendance totale vis-à-vis des matières premières russes », a-t-elle ajouté.

Le gouvernement bulgare assure ne prévoir « à l’heure actuelle » aucune mesure de restriction de la consommation.

Tensions en Moldavie

 

Une série d’explosions a secoué mardi la région prorusse de Transnistrie, laissant craindre un débordement du conflit actuel en Ukraine.

Cette petite région de 500 000 habitants, coincée entre la Moldavie et l’Ukraine, n’est pas reconnue comme indépendante par la communauté internationale, ni même par la Russie. Moscou la considère néanmoins comme un vassal non loin des frontières de l’Union européenne.

Des déflagrations d’origines inconnues ont endommagé une tour radio relayant les fréquences russes. « Il s’agit d’une tentative pour accroître les tensions, a dénoncé la présidente moldave, Maia Sandu, au sortir d’une réunion du Conseil de sécurité nationale. Nous condamnons fermement de telles actions. Les autorités moldaves veilleront à empêcher la république d’être entraînée dans un conflit. »

Des millions de réfugiés

 

Pas moins de 8,3 millions de personnes pourraient fuir l’Ukraine cette année, a estimé l’ONU mardi.

« Il s’agit d’un chiffre de planification », fondé sur un examen des mouvements de population et des divers scénarios possibles en Ukraine, a déclaré une porte-parole du Haut-Commissariat aux réfugiés, Shabia Mantoo, lors d’un point de presse à Genève. « Il est important de se rappeler que la situation est très dynamique », a-t-elle précisé, avant d’ajouter que la facture pour soulager cette crise humanitaire s’élèvera à 1,85 milliard de dollars.

L’ONU prévoyait au début de la guerre quatre millions de réfugiés. Un peu plus de 5,2 millions d’Ukrainiens ont fui leur pays jusqu’à présent, selon l’organisation internationale.

À voir en vidéo