L’OMS redoute un «tsunami» Omicron et Delta

Le Danemark est le pays qui, actuellement, enregistre le plus de nouveaux cas par rapport à sa population.
Photo: John Randeris Hansen Ritzau Scanpix / Agence France-Presse / Le Danemark est le pays qui, actuellement, enregistre le plus de nouveaux cas par rapport à sa population.

La direction de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré mercredi craindre que les variants Delta et Omicron provoquent un « tsunami » d’infections. Elle croit tout de même que le monde pourra mettre le pire de la pandémie derrière lui en 2022.

Deux ans après l’apparition du premier cas d’infection au nouveau coronavirus, les dirigeants de l’agence de la santé des Nations unies indiquent qu’il est encore trop tôt pour qu’ils se disent rassurés par les données préliminaires selon lesquelles Omicron entraînerait une maladie moins grave que les autres variants. Détecté pour la première fois le mois dernier, en Afrique du Sud, Omicron est déjà la souche dominante parmi les nouveaux cas aux États-Unis et dans plusieurs parties de l’Europe.

Et comme 92 des 194 États membres de l’OMS ont raté leur cible de vacciner 40 % de leur population avant la fin de l’année, le directeur général de l’organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a exhorté tous les pays à prendre comme résolution du Nouvel An de vacciner 70 % de leur population d’ici juillet.

Des cas qui se multiplient

 

Selon les données de l’OMS, le nombre de nouveaux cas rapportés à travers le monde a bondi de 11 % la semaine dernière par rapport à la semaine précédente.

L’Europe a enregistré plus de la moitié des nouvelles infections avec 4,99 millions de cas, une hausse de 3 %. L’Amérique, du nord au sud, a connu une explosion des cas de 39 %. En Afrique, c’est une augmentation de 7 % qui a été observée.

« Je suis très inquiet à l’idée qu’Omicron, qui est plus contagieux et qui circule en même temps que Delta, mène à un tsunami de cas », a affirmé le directeur général lors d’une conférence de presse virtuelle. Cela ajouterait « une immense pression sur les travailleurs de la santé, déjà épuisés, et sur les systèmes de santé, qui sont au bord de l’effondrement », a-t-il poursuivi.

Cette pression est due non seulement aux nouveaux patients, mais aussi au grand nombre de membres du personnel de santé qui tombent malades, a ajouté Tedros Adhanom Ghebreyesus. « Les personnes non vaccinées courent beaucoup plus de risques de mourir de l’un ou l’autre de ces variants », a-t-il aussi souligné.

Dans son plus récent rapport épidémiologique hebdomadaire, l’OMS maintient que le « risque général » lié à Omicron « demeure très élevé ». Elle cite des « preuves sérieuses » selon lesquelles ce nouveau variant se répand beaucoup plus vite que son prédécesseur, le Delta.

L’OMS note également un ralentissement de la propagation du virus en Afrique du Sud ainsi que la possible réduction du risque d’hospitalisation que semblent montrer des données préliminaires en provenance du Royaume-Uni et du Danemark. Toutefois, il faudra plus de données avant de pouvoir tirer des conclusions.

La France recensait 208 000 cas mercredi pour les dernières 24 heures. Des chiffres qui « donnent le vertige », a relevé le ministre de la Santé, Olivier Véran. Selon lui, ce n’est plus une « vague », ni même une « lame de fond », mais bien un « raz-de-marée ». Les non-vaccinés ont « peu de chances de passer entre les gouttes, le virus circule trop », a-t-il averti.

En Angleterre, plus de 10 000 personnes étaient hospitalisées pour cause de COVID-19, une première depuis début mars, tandis que le Royaume-Uni a enregistré plus de 183 000 contaminations supplémentaires. La situation sanitaire y est observée avec beaucoup d’attention par la communauté internationale, le pays ayant deux ou trois semaines « d’avance » sur les autres pays européens.

Le Danemark, actuellement le pays au monde qui enregistre le plus de nouveaux cas par rapport à sa population, a pareillement pulvérisé son record, avec 23 228 cas supplémentaires en 24 heures. Même chose en Espagne, pourtant un des champions de la vaccination, avec 100 760 nouveaux cas recensés en 24 heures.

L’explosion de la pandémie ne s’est toutefois pas traduite par une augmentation globale du nombre des morts, jusqu’à présent, en baisse depuis trois semaines dans le monde. Le nombre des décès liées à la COVID-19 pourrait tout de même être deux à trois fois plus élevé, si l’on tient compte de la surmortalité directement et indirectement liée à ce coronavirus, selon l’OMS.

La prudence reste de mise

 

Le directeur général chargé de la gestion des situations d’urgence sanitaire à l’OMS, Michael Ryan, insiste sur l’importance de demeurer prudent en lien avec les observations préliminaires. Il soutient qu’il est important de « limiter le plus possible la transmission des deux variants » au cours des prochaines semaines.

L’expert explique qu’Omicron a circulé chez les jeunes d’abord et qu’on ne sait pas vraiment comment il peut se comporter dans la population générale. Il admet ne pas être à l’aise de faire des prédictions optimistes avant de voir l’efficacité de la protection vaccinale chez les personnes âgées ou vulnérables.

L’OMS n’a pas voulu commenter les décisions des États-Unis et d’autres États qui ont réduit la période d’isolement obligatoire. Aux dires de Michael Ryan, les pays font des choix basés sur plusieurs facteurs, et la période moyenne d’incubation se situe entre cinq et six jours.

« Il faut être prudent dans les changements de stratégie à ce moment-ci en raison de ce qu’on observe », a-t-il soutenu en parlant évidemment de la montée en force du variant Omicron.

Par ailleurs, Tedros Adhanom Ghebreyesus a réitéré que le principal moyen de mettre fin à la pandémie était de mettre fin à l’iniquité mondiale. Il a déclaré que la cible ratée de vacciner 40 % des populations cette année « n’était pas seulement une honte morale, mais avait aussi coûté des vies et donné toute la liberté au virus de circuler et de muter ».

De nombreux États ont raté la cible en raison du faible approvisionnement en doses des plus défavorisés, et ensuite parce que les doses expiraient par manque de seringues, a relaté le patron de l’OMS.

Malgré tout, celui-ci assure qu’il « demeure optimiste que cette année puisse être celle où l’on pourra non seulement sortir de la phase aiguë de la pandémie, mais aussi paver la voie à une sécurité sanitaire renforcée ».

Avec l’Agence France-Presse

Je suis très inquiet qu’Omicron, étant plus contagieux (et) circulant en même temps que Delta, mène à un tsunami de cas.



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