Cessez-le-feu immédiat en Libye

<p>La signature de l’accord, organisée dans la salle du Palais des Nations unies de Genève qui est utilisée pour les réunions régulières de la Conférence du désarmement, a duré une dizaine de minutes, suivie d’une salve d’applaudissements.</p>
Photo: Violaine Martin ONU / Agence France-Presse

La signature de l’accord, organisée dans la salle du Palais des Nations unies de Genève qui est utilisée pour les réunions régulières de la Conférence du désarmement, a duré une dizaine de minutes, suivie d’une salve d’applaudissements.

Les parties en conflit en Libye ont signé vendredi un cessez-le-feu national et permanent avec « effet immédiat », après cinq jours de discussions à Genève organisées sous l’égide de l’ONU qui a salué un « tournant » pour la paix.

« Les parties libyennes sont parvenues à un accord de cessez-le-feu permanent dans toute la Libye. Cet accomplissement représente un tournant important vers la paix et la stabilité en Libye », a indiqué la Mission d’appui de l’ONU en Libye (MANUL), qui a retransmis la signature de l’accord.

La signature de l’accord, organisée dans la salle du Palais des Nations unies de Genève qui est utilisée pour les réunions régulières de la Conférence du désarmement, a duré une dizaine de minutes, suivie d’une salve d’applaudissements.

Les parties libyennes ainsi que Stephanie Williams, cheffe par intérim de la MANUL, étaient tous masquées en raison des règles sanitaires liées à la COVID-19.

« Je suis honorée d’être parmi vous aujourd’hui pour assister à un moment qui restera dans l’histoire », a affirmé Mme Williams, après la signature à laquelle a assisté également la directrice générale de l’ONU à Genève, Tatiana Valovaya.

« Je tiens à vous féliciter pour ce que vous avez accompli ici. Il a fallu beaucoup de courage. Vous vous êtes réunis pour le bien de la Libye, pour votre peuple afin de prendre des mesures concrètes pour mettre fin à ses souffrances », a-t-elle poursuivi, en arabe.

« Route longue et difficile »

Plongée dans le chaos depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, la Libye est déchirée aujourd’hui entre deux pouvoirs rivaux : le Gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par l’ONU et basé à Tripoli, et les autorités de l’Est alliées du maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’Est soutenu par une partie du Parlement élu et son président, Aguila Saleh. Chacun est soutenu par des parrains internationaux.

Ces dernières semaines, les négociations interlibyennes se sont accélérées en vue de définir à Genève les conditions d’un cessez-le-feu durable.

« La route a été longue et difficile par moments. Votre patriotisme vous a permis d’avancer et de parvenir à un accord de cessez-le-feu », a pointé l’envoyée de l’ONU pour la Libye.

« J’espère que cet accord contribuera à mettre un terme aux souffrances du peuple libyen et nous espérons qu’il permettra aux personnes déplacées et aux réfugiés, à l’intérieur et à l’extérieur du pays, de retourner chez eux et de vivre en paix et en sécurité », a-t-elle dit.

Les combats en Libye ont fait des centaines de morts et poussé à la fuite des dizaines de milliers de personnes.

« Encore beaucoup de travail »

Les combats en Libye ont fait des centaines de morts et poussé à la fuite des dizaines de milliers de personnes.

Pour la population, épuisée par les combats et les divisions, ce cessez-le-feu permanent est une lueur d’espoir.

« J’espère que les générations futures de Libyens considéreront l’accord d’aujourd’hui comme une première étape courageuse et essentielle pour parvenir à un règlement global de la crise libyenne, qui a trop duré », a souligné Mme Williams.

« Nous avons beaucoup, beaucoup de travail dans les jours et les semaines à venir pour mettre en œuvre les engagements de l’accord », a-t-elle également indiqué.

Mercredi, elle avait annoncé devant la presse des accords sur plusieurs mesures concrètes décidées par les belligérants, comme « l’ouverture des voies terrestres reliant toutes les régions et villes de Libye », avec des « dispositifs de sécurité conjoints ».

La haute responsable onusienne avait également indiqué que les deux parties ont aussi convenu d’accroître la production de pétrole, en demandant à leurs commandants « de travailler avec le représentant de la National Oil Corporation (NOC, la compagnie publique) pour proposer une restructuration des gardes des installations pétrolières ».

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