Trump promet un vaccin d’ici avril tandis que plusieurs pays durcissent les mesures sanitaires

Alors que plusieurs pays d’Europe durcissent leurs mesures pour contenir la propagation de la COVID-19, Donald Trump annonce que les États-Unis auront produit suffisamment de doses de vaccins contre le virus pour tous ses citoyens d’ici avril prochain.
Photo: Daniel Leal-Olivas Agence France-Presse Alors que plusieurs pays d’Europe durcissent leurs mesures pour contenir la propagation de la COVID-19, Donald Trump annonce que les États-Unis auront produit suffisamment de doses de vaccins contre le virus pour tous ses citoyens d’ici avril prochain.

Alors que plusieurs pays d’Europe durcissent leurs mesures pour contenir la propagation de la COVID-19, Donald Trump annonce que les États-Unis auront produit suffisamment de doses de vaccins contre le virus pour tous ses citoyens d’ici avril prochain.

Selon le président américain, deux essais cliniques américains avancent bien et pourraient donner des résultats dès octobre, auquel cas des doses commenceraient immédiatement à être distribuées à des populations prioritaires. Le locataire de la Maison-Blanche fait de cet enjeu l’un de ses arguments de campagne pour l’élection présidentielle du 3 novembre face au démocrate Joe Biden.

Or, cet optimisme affiché fait craindre des pressions politiques pour bâcler le processus scientifique de validation de l’efficacité et de la sécurité des vaccins expérimentaux. Selon un sondage Pew, la moitié des Américains refuseraient d’être vaccinés si un vaccin était disponible aujourd’hui, le double par rapport à mai.

La pandémie n’est jamais retombée à une faible incidence aux États-Unis, où la vie quotidienne continue d’être perturbée d’une côte à l’autre, avec des bars fermés ou des entreprises en télétravail forcé. Avec 197 655 décès jusqu’à présent, le pays est le plus endeuillé au monde, devant le Brésil (134 935 morts) et l’Inde (84 372 morts). Ces trois États regroupent plus de la moitié des malades comptabilisés sur la planète.

Plus de 30 millions de cas de COVID-19 et près d’un million de morts liés à la maladie ont été officiellement recensés à l’échelle du globe, selon un comptage réalisé vendredi par l’AFP.

En Europe, à l’inverse, après plusieurs mois de circulation faible ou modérée du virus, l’épidémie s’est accélérée et force les pouvoirs publics à imposer des mesures similaires à celles déployées au printemps.

Nouvelles mesures

En Espagne, la région de Madrid a imposé des restrictions draconiennes. Plus de 850 000 personnes habitant dans les quartiers sud défavorisés, soit 13 % de la population de la capitale, peuvent sortir de leur quartier seulement pour des raisons de première nécessité, comme aller travailler, consulter un médecin ou amener leurs enfants à l’école.

Ils peuvent, en revanche, se déplacer librement au sein de ce quartier. De la même manière, l’entrée dans ces zones, sauf pour ces raisons de première nécessité, est interdite. « Il faut éviter l’état d’alerte » imposé au printemps ainsi que « le confinement et le désastre économique », a insisté la présidente de la région, Isabel Diaz Ayuso.

De son côté, Israël s’est reconfiné vendredi pour les trois prochaines semaines, au premier jour de la saison des fêtes juives de Rosh Ha-Shana (Nouvel An), Yom Kippour (jour du pardon) et Souccot (fêtes des cabanes). « Le système de santé a levé le drapeau rouge », a justifié le premier ministre Benjamin Nétanyahou.

La mesure est davantage contestée que lors de la première vague au printemps. « Le confinement est injustifié », a lancé Tamir Hefetz, organisateur d’une manifestation qui a rassemblé 400 personnes à Tel-Aviv jeudi soir. « Il nuit à la population et à l’économie, engendre du chômage et des suicides »

Pays de neuf millions d’habitants, Israël a enregistré 1163 décès dus au coronavirus. Entre jeudi soir et vendredi midi, 5238 nouveaux cas de contamination ont été enregistrés, un record.

En Europe, où le nombre de nouveaux cas est désormais supérieur à ceux enregistrés en mars et en avril, ce qui est en partie dû à la hausse du nombre de tests, le niveau de transmission est jugé « alarmant » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Dans le nord-est de l’Angleterre, depuis vendredi, deux millions d’habitants ne pourront plus rencontrer des personnes de différents foyers, et un couvre-feu est appliqué de 22 h à 5 h du matin dans les lieux de divertissement.

Le gouvernement britannique n’exclut pas de recourir à un nouveau confinement général pour toute l’Angleterre, si les mesures locales ne suffisent pas. Les cas quotidiens ont dépassé les 3000 depuis plusieurs jours au Royaume-Uni, pays le plus endeuillé d’Europe avec près de 41 700 morts.

La République tchèque a quant à elle imposé vendredi le port du masque en classe aux étudiants et aux élèves de plus de onze ans. Avec un nombre record de 3130 nouveaux cas jeudi, elle a atteint en 24 heures un chiffre comparable à l’ensemble du mois de mars.

En Islande, les bars et discothèques de la capitale Reykjavik, confrontée à une recrudescence de nouveaux cas, garderont porte close pendant quatre jours à compter de vendredi.

Un ministre français infecté

En France, la ville de Nice a décidé d’interdire les rassemblements extérieurs à plus de dix personnes. En région parisienne, les réunions privées à l’intérieur ne pourront non plus rassembler plus de dix personnes. À la tête de l’État français, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a contracté la COVID-19, mais n’éprouve aucun symptôme jusqu’à maintenant. Il s’est placé en isolement.

Pour la première fois depuis la fin du confinement, le nombre de morts a augmenté en France, passant à 265 morts en une semaine, contre 129 la semaine précédente.

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