Les États-Unis et le Brésil accumulent les cas et les décès

Ces sept derniers jours, pratiquement un décès sur deux dans le monde est survenu en Amérique latine.
Photo: Ariana Cubillos Associated Press Ces sept derniers jours, pratiquement un décès sur deux dans le monde est survenu en Amérique latine.

Le cap des cinq millions de cas de COVID-19 a été franchi aux États-Unis, maintenant la première puissance mondiale en tête des pays les plus touchés, suivie du Brésil, qui dépasse les 100 000 morts.

La pandémie provoquée par le coronavirus a tué plus de 162 000 personnes sur le territoire américain, où la courbe des contaminations est en hausse vertigineuse depuis fin juin. Le nombre de nouveaux cas enregistrés y a atteint 70 000 par jour mi-juillet.

Le cap des quatre millions de cas avait été atteint il y a un peu plus de deux semaines.

Pour venir en aide aux millions d’Américains menacés d’expulsion et frappés par le chômage à cause de la pandémie et des mesures de confinement, le président, Donald Trump, a dévoilé samedi un nouveau plan d’aide à l’économie américaine. Il a promulgué celui-ci par décret, faute d’un accord au Congrès.

« Nous n’aurions jamais dû en arriver là. Aucun autre pays au monde n’a été frappé aussi durement que nous », a dénoncé le démocrate Joe Biden, fustigeant l’inaction de Donald Trump, qu’il défie à la présidentielle de novembre. « Il ne voulait pas avoir à faire face à cette pandémie, alors il a arrêté d’essayer. Il n’a pas fait son travail. »

Bolsonaro s’indigne

À la deuxième place des pays les plus durement frappés, le Brésil compte officiellement plus de trois millions de personnes contaminées. Et ce chiffre, ainsi que celui des morts, est sans doute sous-évalué selon les experts, en raison du nombre insuffisant de tests.

Le président brésilien Jair Bolsonaro s’est indigné dimanche de la « lâcheté » avec laquelle la chaîne TV Globo l’a, selon lui, jugé « coupable » des plus de 100 000 morts causées par le coronavirus dans le pays.

Samedi soir, peu après la diffusion du bilan officiel montrant le dépassement du seuil symbolique des 100 000 morts, TV Globo, chaîne de plus grande audience du pays, a commencé son journal télévisé avec un long éditorial critiquant la façon dont le président Bolsonaro a géré la crise sanitaire.

Les présentateurs ont notamment rappelé un article de la Constitution brésilienne stipulant que « la santé est un droit de tous et un devoir de l’État », avant de poser la question : « Le président de la République a-t-il fait son devoir ? »

Sur Twitter, dimanche, M. Bolsonaro a estimé que « la désinformation tue plus que le virus ». « Le temps et la science nous montreront que l’utilisation politique de la COVID-19 par cette télévision a causé des morts qui auraient pu être évitées », a-t-il conclu.

La veille, il s’était contenté de partager une publication sur Twitter du Secrétariat à la Communication de la Présidence mettant en valeur le nombre de personnes guéries du virus, sans mentionner les chiffres des décès.

Dans le plus grand pays d’Amérique latine, qui compte 212 millions d’habitants, la pandémie a jeté une lumière crue sur les inégalités, le virus ayant fait des ravages dans les favelas et particulièrement atteint les populations noires.

Ces sept derniers jours, pratiquement un décès sur deux dans le monde est survenu en Amérique latine.

Les conséquences économiques sont terribles partout sur ce sous-continent. En Équateur, près de 700 000 personnes ont ainsi perdu leur travail depuis le début de l’épidémie.

Le président du Venezuela, Nicolas Maduro, a prorogé dimanche pour 30 jours l’« état d’alerte », qui l’autorise à prolonger la quarantaine qui est en vigueur depuis mars. C’est la cinquième fois que le président socialiste renouvelle cet « état d’alerte ».

Dans le monde, le virus a tué près de 730 000 personnes et en a contaminé plus de 19 millions au total depuis fin décembre, selon un comptage réalisé dimanche par l’AFP à partir de sources officielles.

Chaleur en Europe

En Europe, où les températures ont dépassé les 35 °C dimanche dans le nord, les autorités tentent tant bien que mal de faire respecter le port du masque et de dissuader la population de s’agglutiner sur les pelouses et les plages.

La COVID-19 a fait plus de 213 000 morts sur ce continent et donne d’inquiétants signes de recrudescence.

En Belgique, l’un des pays qui comptent le plus grand nombre de décès par rapport à sa population, plusieurs villes et stations balnéaires flamandes ont annoncé dimanche qu’ils interdisaient les « touristes d’une journée », après des incidents causés par le non-respect des mesures sanitaires. À Blankenberge, un groupe de jeunes a refusé de quitter la plage samedi soir. Une bagarre a éclaté entre vacanciers avant de tourner à l’émeute, rendant nécessaire l’intervention de la police.

Au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Allemagne aussi, des foules en quête de fraîcheur se sont massées sur les bords de mer, ignorant souvent les distances de séparation recommandées. Les autorités locales ont fait la mise en garde que certaines plages du nord de l’Allemagne ainsi que de plusieurs lacs devraient fermer.

« Les parcs, les lacs, les plages et les piscines sont pleins à craquer. Gardez la tête froide, maintenez vos distances et portez votre masque lorsque vous ne pouvez pas éviter la proximité », a exhorté la police de Berlin sur Twitter.

Depuis la fin du mois de juillet, le port du masque de protection quasi généralisé dans les lieux publics clos gagne les espaces en plein air sur la planète.

En France, il sera obligatoire en extérieur dès lundi dans certaines zones très fréquentées à Paris, comme les quartiers touristiques et les grandes rues commerçantes.

Le succès néo-zélandais

La Nouvelle-Zélande a atteint dimanche la barre des 100 jours sans aucune nouvelle contamination au coronavirus, même si les autorités sanitaires ont indiqué qu’il était hors de question de baisser la garde. Il y a actuellement 23 personnes porteuses de la COVID-19 dans l’archipel océanien, mais elles ont toutes été déclarées positives à la frontière, en entrant dans le pays, et se trouvent en quarantaine.

 

« Atteindre les 100 jours sans transmission dans la population est une étape importante, cependant, comme nous le savons tous, nous ne pouvons pas nous permettre la moindre négligence », a dit le directeur de la santé, Ashley Bloomfield. « Nous avons vu à l’étranger à quelle vitesse le virus peut réapparaître et se propager dans des endroits où il était auparavant maîtrisé, et nous devons être prêts à juguler rapidement tout nouveau cas à l’avenir en Nouvelle-Zélande », a-t-il ajouté.

 

La Nouvelle-Zélande, qui compte 5 millions d’habitants, a compté 1219 cas confirmés de coronavirus depuis février, le dernier diagnostiqué datant du 1er mai. Elle déplore 22 décès.

 

L’Organisation mondiale de la santé a jugé le pays exemplaire pour avoir « éliminé avec succès la transmission dans la population ».

 

La Nouvelle-Zélande a fermé ses frontières le 19 mars. Elles sont désormais strictement contrôlées : toute personne arrivant dans le pays doit observer une quarantaine de 14 jours. Les Néo-Zélandais ont retrouvé un mode de vie presque normal, sans distanciation sociale et avec public autorisé lors d’événements sportifs et culturels.

 

Dans l’éventualité d’une deuxième vague, le gouvernement a demandé que tous les ménages conservent une trousse d’approvisionnement d’urgence comprenant des masques.


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