La pandémie continue à s’aggraver, prévient l’OMS

Depuis une semaine — la pire en termes d’infections depuis le début de l’épidémie — le nombre de contaminations dépasse les 160 000 par jour, selon l’OMS.
Photo: William West Agence France-Presse Depuis une semaine — la pire en termes d’infections depuis le début de l’épidémie — le nombre de contaminations dépasse les 160 000 par jour, selon l’OMS.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a prévenu que la pandémie continuait à s’aggraver dans le monde, notamment aux États-Unis où un niveau record de nouveaux cas a été atteint mercredi avec plus de 50 000 nouvelles contaminations en 24 heures.

Ces nouvelles infections portent à près de 2,7 millions le nombre total de cas détectés sur le sol américain, sur un total d’environ 10,6 millions dans le monde à ce jour.

Depuis son apparition il y a six mois en Chine, le COVID-19 a fait au moins 514 803 morts sur la planète, selon un comptage de l’AFP.

Depuis une semaine — la pire en termes d’infections depuis le début de l’épidémie — le nombre de contaminations dépasse les 160 000 par jour, selon l’OMS. Et « 60 % de tous les cas de COVID-19 recensés jusqu’à présent ont été signalés au cours du mois dernier », a souligné mercredi le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

« La meilleure façon de sortir de cette pandémie est d’adopter une approche globale », a-t-il déclaré, appelant une fois encore à respecter les règles de distanciation, détecter et isoler les cas, placer en quarantaine leurs contacts et porter un masque autant que nécessaire.

Mais alors que démarre la saison touristique estivale, de nombreux pays essaient, malgré cette évolution inquiétante, de limiter un manque à gagner déjà considérable pour le tourisme et les secteurs qui en dépendent : il pourrait atteindre entre 1200 à 3300 milliards de dollars, selon l’ONU.

L’UE, où l’épidémie marque le pas même s’il subsiste des foyers de contamination, notamment à Lisbonne, a ainsi rouvert mercredi de façon ciblée ses frontières.

Elle a autorisé les vols en provenance de 14 pays de tous les continents, ainsi que de Chine sous réserve de réciprocité, ce qui n’est actuellement pas le cas.

L’île grecque de Corfou a ainsi vu atterrir mercredi ses premiers touristes.

« C’est fantastique, on est très heureux d’être ici et de profiter du soleil », s’est enthousiasmé Molnar Istvan, touriste hongrois débarquant du premier vol de la journée.

D’autres pays tentent de sauver la saison touristique, comme l’Égypte qui, malgré plus de 1000 nouvelles infections quotidiennes depuis fin mai, a rouvert mercredi les célèbres pyramides du plateau de Guizeh. Ou encore Cuba, qui a rouvert mercredi une partie de son territoire aux touristes étrangers — les îles paradisiaques des Cayos — même si aucun vol touristique n’y a encore atterri.

Retour des restrictions aux États-Unis

Parmi les grands exclus de la réouverture européenne figurent les États-Unis : la première puissance mondiale, pays le plus endeuillé au monde par la pandémie avec plus de 128 000 décès, où la contagion a repris de plus belle dans de nombreuses régions ces dernières semaines.

À l’approche du long week-end de la fête nationale du 4 juillet, traditionnellement marqué par des réunions familiales et des rassemblements pour assister aux feux d’artifice, les autorités locales ont souvent décidé d’agir pour tenter de reprendre le contrôle de l’épidémie.

La flambée est particulièrement frappante en Californie, longtemps un modèle de prévention, où certaines des restrictions levées fin mai sont de retour.

Le gouverneur de cet État de 40 millions d’habitants a ainsi décidé mercredi de fermer pour « au moins trois semaines » les salles de restaurants à Los Angeles et dans 18 autres comtés représentant plus de 70 % de la population californienne. L’interdiction concerne également les bars, les cinémas et les musées.

Comme dans le sud de la Californie, certaines plages de Floride ont également été fermées pour la fête nationale.

Le maire de New York a lui annoncé que les salles de restaurants ne rouvriraient pas le 6 juillet, comme le prévoyait le prudent plan de déconfinement de la capitale économique américaine qui a recensé plus de 22 000 morts de l’épidémie.

Une étude publiée mercredi indique que la pandémie a causé au moins 18 % de morts de plus qu’une année normale aux États-Unis, et jusqu’à trois fois plus à New York, très durement touchée.

À trois mois d’une présidentielle américaine d’ores et déjà chamboulée par la pandémie, Donald Trump, très critiqué pour sa gestion de la crise, s’est néanmoins dit mercredi convaincu que le coronavirus allait « simplement disparaître » à « un certain moment ».

Mais au Canada voisin, le premier ministre Justin Trudeau, a dit craindre une « deuxième vague » épidémique « qui pourrait frapper très fort ».

Le pays a prolongé jusqu’au 31 juillet l’interdiction d’entrée des étrangers, sauf — paradoxalement — des Américains, et jusqu’au 31 août la quarantaine obligatoire à l’arrivée dans le pays.

60 000 morts au Brésil

En Amérique latine et aux Caraïbes, la situation reste également inquiétante, notamment au Brésil : le pays a franchi mercredi le cap des 60 000 morts du coronavirus, après avoir enregistré 1038 décès supplémentaires au cours des dernières 24 heures, a annoncé le ministère de la Santé.

La Colombie, 4e économie d’Amérique latine, a quant à elle dépassé la barre des 100 000 cas, avec 4163 nouvelles contaminations en un jour.

Le bilan sur cette partie du continent pourrait dépasser 400 000 morts dans les trois mois si des mesures sanitaires plus strictes ne sont pas prises, selon l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS).

Le Conseil de sécurité de l’ONU a fini par adopter mercredi, à l’unanimité, sa première résolution directement liée à la pandémie : il appelle à « une cessation immédiate et générale » des conflits à travers le monde, à l’exception des combats contre les groupes jihadistes, pour faciliter la lutte contre le coronavirus.